CHAPITRE XI
RAPPROCHEMENT DE TOUS LES PHÉNOMÈNES DONT LE SIÈGE EST DANS LA PROPONDEUR.
FamUies Si Ics souTces thermales sont des agents du métamorphisme,
source, thermales, il ^^ f^ut pas s^étouner qu^mi même mode de métamorphisme
s'étende sur des régions considérahles, puisque nous voyons encore aujourd'hui les eaux minérales se grouper par familles de composition analogue, dans des régions d'assez grande étendue; ainsi elles sont généralement carhonatées dans l'Auvergne et dans l'Eifel, sulfureuses dans les Pyrénées \ etc. FamUies On reucoutre ces analogies plus caractérisées encore dans les
dépôts métaiiifcrcs. gitcs métallifëros, qui paraissent être aussi un produit d'origine
semblable, et, bien que la plupart d'entre eux présentent de nombreuses espèces minérales, souvent même distribuées d'une manière très-inégale dans les diverses parties d'un même filon, la nature des gangues, aussi bien que celle des métaux, qu'il est possible d'y exploiter utilement, montre que générale ihent ils se groupent par systèmes. Ces systèmes embrassent quelquefois des régions considérables, surtout dans les continents dont la structure géologique n'est pas morcelée comme celle de l'Europe occidentale. (Exemples : les groupes argentifères du Mexique, les grandes bandes aurifères des AUeghanys et du Brésil, la zone stannifère de la Malaisie.) Fanûiies de voicaus Le mémc fait cst bien connu pour les volcans; s'il en est d'isolés, leurs tr^iements 1^ plupart coustitucut dcs séiies, comme M. de Buch l'a depuis c terre. longtemps sigualé quand il les compai*e à des soupiraux ayant pris naissance sur une même grande faille. Quant aux tremble-
* M. Longchamp a remarqué depuis longtemps que, sur loute la longueur de cette chaîne de montagnes, qui dépasse 36o kilomètres , il y a plus de cent cinquante sources, toutes de m^e nature, et ne différant que dans des limites fort étroites, par la proportion de leurs éléments. ( Mémoire lu à TAcadémie des sciences , i a août i833.)
ments de terre, nous ne les mentionnerons que pour les rattacher aux volcans, auxquels ils semblent si intimement liés.
Les familles de sources thermales, de filons métallifères, de volcans, avec leurs tremblements de terre, occupent des étendues tout à fait comparables à celles que nous avons reconnues au métamorphisme régional, et dont le siège occupe des contrées entières.
De même que toutes ces familles, les terrains métamorphiques^ sont confinés exclusivement, comme on Ta déjà fait remarquer, dans les régions disloquées. D'une part, en effet, les terrains stratifiés les plus anciens de la Russie et de la Suède méridionale, comme ceux de FAmérique du Nord, qui ont conserve leur horizontalité première, ne sont pas sensiblement modifiés. D'autre part, des terrains récents, mais fortement accidentés dans leur stratification , tels que les couches jiu*assiques et crétacées des Alpes, des montagnes Apuennes et de la Toscane, se montrent, au contraire, complètement transformés, lors même qu on ny rencontre que peu de masses éruptives. Les phyllades qui ne sont que le premier terme de transformations plus profondes, ne se trouvent jamais en dehors de zones autrefois plus ou moins disloquées.
n est donc difficile de ne pas voir, dans les diverses espèces de phénomènes dont je viens de parler, les manifestations d'un même agent, dont le siège s'étend sous des pays entiers. Cet agent essentiel, c'est l'eau aidée de la chaleur à divers degrés, et à laquelle se joignent, comme causes secondaires, les émanations qui l'accompagnent.
Pour les volcans la chose est évidente; pour les filons métallifères il ne peut plus guère exister de doute, surtout après le travail de M. Ëlie de Beaumont et les expériences de M. de Sénarmont, et, pour ce qui est du métamorphisme, nous croyons notre assertion devenue extrêmement probable.
Lear étendue
comparée
àcdleoessones
métamorphiqaes .
Rdatiofi
des phénomèmes
méUmorphiqiies
avec les dislocations.
Unité de cause.
' Au moins ceun qui sont postérieurs an terrain silanen.
Ainsi nous pensons que Teau agit sans cesse dans les r^ons profondes, après y avoir acquis des températures plus ou moins élevées, sous Tinfluence de la chaleur du globe. Son action est, sur certains points, patente, accusée qu elle est par des volcans, des tremblements de terre, des soflBonis, des sources thermales qui débouchent à la surface; sur d^autres points, latente, quand ces sources thermales, animées d'un mouvement ascensionnel, se perdent dans Tépaisseur des couches, ou quand Feau de constitution seule des roches vient réagir sur elles et en produire le métamorphisme. Telle est la pensée qui ma dicté Tépigraphe inscrite en tète de ce mémoire.