Décret du 14 décembre 1789, art
ment l'orateur de la Commune, le tribun du peuple de Paris.
Mais le procureur Manuel, qui était très actif et prenait ses fonctions à cœur, ne se laissa guère sup pléer, et, quand cela lui arriva, c'est le premier substitut Desmousseaux qui le remplaça. En fonctions depuis le 30 décembre 1790, le modéré Desmousseaux s'appliquait à ne laisser à Danton, qu'il considérait sans doute comme un démagogue, aucune occasion de se mettre en avant 1 .
Si ce fut là, pour Danton, une sinécure de fait, c'était une sinécure très honorifique, et cette élection fit du bruit. Brissot félicita chaudement le nouvel élu : « M. d'Anton (sic) est nommé substitut adjoint du procureur de la Commune. Ce choix fait le plus grand honneur au bon esprit des citoyens de Paris. 11 prouve qu'ils ne se laissent pas égarer par les calomnies, quelque nombreuses, quelque soutenues qu'elles soient. Il prouvera au parti ministériel que, s'il est possible de corrompre ou de tromper la majorité d'une assemblée électorale, il est impossible de corrompre les assemblées primaires et de les tromper longtemps*. » Mais Gorsas, avant de connaître le résultat du scrutin, s'indigna de la candidature de Danton : « D'autres suffrages, dit-il, sont destinés à M. Danton ; mais la tranquillité publique demande impérieusement qu'il soit écarté. L'homme qui. dans
1. Cependant Desmousseaux prit un congé de trois semaines à la fin d'avril 1792 (Moniteur du 13 mai 1792).