‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiques (volume 3)Chapitre 47 sur 49 · LA CHALEUR CENTRALE DE U TERRE · texte numérisé non relu

LA CHALEUR CENTRALE DE U TERRE

Passer six mois de TanDée à la campagne, quatre mois à Paris et deux mois en voyage, voilà le souhait d'une vie heureuse. Quand on observe jusqu'à quel point la société parisienne met en pratique ce qu'elle a reconnu désirable en spéculation, on voit que les familles qui sont allées aux champs chercher le grand air et la santé pendant la saison chaude ne rentrant guère avant le milieu de janvier pour reprendre le joug social et les avantages qui y sont attachés, car, Thomme étant de sa nature un animal éminemment sociable, la fréquentation des salons et de tous les lieux de réunion est pour lui un besoin et un bonheur. Vers le milieu de mai, on commence à parler de départ, de voyages, de visites aux eaux minérales, de séjour dans ses terres. Les fonctionnaires retenus à Paris se {Hrocùrent des habitations d*été dans le voisinage pour eux et pour leurs familles. Slls peuvent avoir quelques semaines de libres, ils couren4 aux eamc et aux bains de mer fréquentés par la foule des baigneurs de bonne société ; ils y retrouvent à la fois et les salons

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de Paris et leB charmes de la mer et des montagnes. Ds remplissent à peu près le même cadre annuel que les heureux qui ont à la fois Taisance et Tindépendance absolue. On peut regarder cette distribution de temps comme un type indiqué par lliygiène autant que par les agréments qui en sont l'accessoire. A la vérité, on reproche ajuste titre aux Français d'être trop sédentaires, de ne pas voyager assez, même dans leur propre pays, et surtout depuis que le transport rapide sur les voies ferrées a réduit à peu d'heures le parcours des plus grandes distances du territoire, en môme temps qu'il a diminué dans une notable proportion et la fatigue du chemin et les dépenses de confortable nécessaires. C'est à l'attrait des eaux minérales, des plages maritimes commodes pour les bains, que sont dus à peu près tous les voyages qu'entreprennent lès familles des grandes villes françaises, lorsqu'elles consentent à sortir de leur villégiature et de leur vie de château.

D'année en année cependant, on voit s'établir de plus en plus la conviction que pour former l'esprit des jeunes gens des deux sexes rien n'est plus utile que des excursions un peu étendues, telles que le parcours des sites qui bordent le Rhin, une visite aux vallées et aux montagnes de la Suisse, avec le Rhéne depuis le lac de Genève jusqu'à son embouchure. On peut encore explorer le littoral de Marseille et celui de la côte maritime de France jusqu'à Perpignan et à l'Espagne, aborder sur plusieurs points des Pyrénées et de tout le littoral de l'Atlantique, qui baigne la France occidentale. Les paysages des Vosges, riches d'une si grande variété d'arbres et de sites gracieux, seraient, étant mieux connus,

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des promenades qui ne le céderaient en rien aux excursions les plus pittçresques, surtout à une époque où le goi^t des arts du dessin a fait de si notables progrès dans toutes les classes de la société et a contribué à faire mieux apprécier les beautés de la nature. Je ne dis rien des montagnes d'Auvergne, chantées en vers par Féneion, et de la chaîne centrale de la France, qui offre au touriste comme au'naturaliste un résumé de tout ce que l'amateur le plus exigeant peut souhaiter ou même imaginer de plus varié et de plus grandiose.

Sans doute, me dira-t-on, Tépoque de Tannée est bien choisie pour parler de voyages de santé, de bains, d'eaux minérales, d'établissements thermaux, au moment même où chacun fait ses plans de saison d'eaux pour les mois de juillet, d'août et de septembre, lesquels possèdent exclusivement le privilège des voyages commandés soit par l'hygiène qui prévient les maladies, soit par la thérapeutique qui y porte remède-; mais, encore une fois, qu'y a-t-il de scientifique dans une excursion aux sources minérales des Pyrénées, du mont Dore, des bords du Rhin, de rÀllemagne, de la Suisse et de la Savoie, ou enfin à ce vaste dépôt d'eaux vrainAent minérales qu'on appelle l'Océan, et qui occupe les trois quarts de la surface du ^lobe terrestre?

Tout au contraire est scientifique, et, comme diraient les Anglais, hautement scientifique (highly scientific), dans la nature, l'origine, la composition, la situation géographique, enfin le mode d'action des eaux minérales. J'ai déjà montré dans ces Études comment la physique et la chimie de l'intérieur de notre terre se trouvent liées à ces sources miraculeuses, suivant l'expression

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