‹ Études et lectures sur les sciences d'observation et leurs applications pratiquesChapitre 5 sur 10 · STÉRÉOSCOPE · texte numérisé non relu

STÉRÉOSCOPE

ET

DE LA YISION BINOCULAIRE.

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J'ai des yeux deux yeux,

El une sensation intérieure qui en- résulte sans rien d'étrange.

HoMÈr.E, Odyssée.

Le Stéréoscope , l'un des instruments magiques de la science et de l'industrie moderne , se présente sous la forme d'une boîte de grandeur moyenne armée de deux tuyaux de lorgnette qui appellent l'application des deux yeux. Une double peinture, un double dessin , une double miniature , une double figure géométrique , un double daguerréotype, sont placés au fond de la boîte et sont regardés par les deux yeux à la fois , au moyen des deux tuyaux implantés sur la boîte. Alors , par un effet vraiment magique, par une irrésistible illusion, avec une ccnviclion complète de sensation,

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le dessin prend du relief, la peinture devient de la sculpture.

Ce curieux instrument , le plus nouveau et peut-être le plus répandu déjà de tous les instruments de l'optique appliquée à l'industrie, serait assez difficile à faire connaître au lecteur, même avec le secours de la gravure. Il en est de même, au reste, de tous les objets dont il faut représenter les trois dimensions , et non pas seulement le plan ou l'élévation ; mais le grand nombre de stéréoscopes qui se construisent maintenant par milliers en France , en Angleterre , en Amérique , le bas prix de leur construction, dont on peut dire que les fabricants et les acheteurs ont abusé (nous reviendrons sur cette idée tout à l'heure) , enfin les étonnants effets de cet appareil optique m'autorisent à parler du stéréoscope comme s'il était connu ou même sous les yeux de tous ceux qui liront ces pages.

Défini étymologiquement d'après son nom tiré de cette belle langue grecque qu'aucune autre n'a pu égaler dans l'expression de la pensée , le stéréoscope signifie « instrument qui montre tous les objets en relief; » un dessin, ainsi que nous venons de le dire, devient une statue. La première partie du mot signifie un corps solide, un coj-ps saillant ^ un objet réel, et non pas seulement une représentation sur le papier ou sur la toile. La seconde partie du mot signifie vision. Le nom de stéréoscope indique donc la vision en reliefs et jamais instrument n'a été plus fidèle à son nom.

Défini par énumération , le stéréoscope a pour objet le représentation naturelle et pour ainsi dire statuaire de tous les objets de la nature que peuvent reproduire le

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crayon, le pinceau, la chambre noire, le daguerréotype, le talbotype, enfin tout ce que peut contenir l'album le plus riche et le plus varié.

Théoriquement, la portée de ce modeste instrument n'est pas moindre. Pour faire naître ses magiques illusions, il introduit dans chaque œil, au moyen d'un double dessin ou d'une double peinture , la même sensation que les yeux auraient reçue de la vision naturelle , et la conséquence est que la sensation qui en résulte est parfaitement celle que nos yeux reçoivent des objets eux-mêmes , en sorte que s'il reste encore aux physiciens ou même aux métaphysiciens des incertitudes sur les causes morales ou physiques qui nous font percevoir si bien le relief des corps par la vision naturelle , le stéréoscope n'a rien à voir dans ces discussions. Il suffit de dire qu'il peint au fond de nos yeux les objets de la nature , comme ils s'y peignent quand nous les regardons eux-mêmes , et qu'ainsi nous les voyons à l'aide du stéréoscope exactement comme s'ils existaient devant nous.

Il va sans dire que déjà la construction du stéréoscope a éprouvé bien des modifications. Partons du stéréoscope à boîte armée de deux tuyaux oculaires, et mettons-y d'abord un double daguerréotype de paysage ou d'architecture monumentale. Le daguerréotype de droite sera vu par l'œil droit seulement, le daguerréotype de gauche sera vu de même exclusivement par l'œil gauche, et si l'artiste a pris les deux points de vue comme les aurait vus le spectateur, en fermant alternativement l'œil droit et l'œil gauche, le contemplateur stéréoscopique recevra par l'instrument la même impression qu'il

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eût reçue de la nature elle-même; le paysage, le monument, renaîtront devant lui. Il se promènera par la vue entre les arbres fuyant les uns derrière les autres, comme dans une forêt, et les colonnes, les arcs-boutants , les statues du monument , laisseront la vue tourner tout à l'entour et pénétrer entre les parties saillantes et la masse centrale de la fabrique.

Si , au moyen d'une double représentation , on a dessiné une figure entière, un buste, un portrait, une machine d'industrie même très-compliquée , un échantillon d'histoire naturelle, un solide géométrique, le stéréoscope rendra ces objets présents. Le sculpteur, lo modeleur pourra les reproduire comme d'après nature; le peintre ou le dessinateur pourra les repeindre ou les redessiner en prenant d'autres points de vue que ceux qui ont été primitivement choisis. Il n'est point de paroles qui puissent rendre les exclamations de surprise qui éclatent de tous côtés, lorsque l'introduction des stéréoscopes a lieu dans une société ou une soirée un peu nombreuse , et que chacun de ceux qui ont trouvé un effet étonnant de stéréoscope veut le faire admirer au point de vue qui le frappe lui-même le plus incroyablement. Au reste, la reproduction par la sculpture d'un double dessin stéréoscopique n'est point seulement une possibilité, l'épreuve en a été faite avec le plus grand succès. Ainsi un habitant des îles Sandwich , ou du Japon, ou des antipodes (à la Nouvelle-Zélande) peut désormais envoyer à un sculpteur de Paris une double plaque daguerrienne (où n'y a-t-il pas maintenant un daguerréotype?), et il recevra son buste aussi bien modelé que s'il eût fait lui-même le voyage de Paris. Stricte-

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ment parlant, avecle stéréoscope, une plaque, un dessin pesant un petit nombre de grammes , deviennent l'équivalent d'un buste difficile à transporter, à placer, à éclairer convenablement.

Un mot sur l'histoire du stéréoscope.

Le nom et une première esquisse de l'instrument appartiennent à un Anglais, M. Wheatstone, physicien de premier ordre et célèbre pour sa mesure de la vitesse de l'électricité , qu'il a trouvée être du même ordre que la vitesse de la lumière , laquelle ferait en une seconde sept ou huit fois le tour de la terre. M. Wheatstone a été aussi l'un des premiers et des plus habiles établisseurs des télégraphes électriques. Avant i838, M. Wheastone eut l'idée de prendre deux miroirs, de les assembler comme le sont deux couvertures d'un livre relié que l'on ouvre à moitié, et, mettant tout près du nez la ligne de jonction des deux miroirs, de regarder avec chaque œil dans chaque miroir deux dessins placés l'un à droite, l'autre à gauche de l'observateur. Lorsque celui-ci était parvenu à saisir la superposition des deux reflets des miroirs, alors l'effet du relief apparaissait ; mais, comme l'a très-bien dit M. Brewster, l'auteur du vrai stéréoscope populaire, c'était plutôt un appareil qu'un instrument, et cette belle invention fut oubliée pendant dix à douze ans. Sir David Brew^ster, tout en réclamant sa part comme auteur du stéréoscope usuel à tuyaux oculaires avec verres grossissants, etc., rend pleine justice à son célèbre et habile compatriote. L'érudition, toujours un peu jalouse du mérite contemporain , n'a pas manqué de remonter à Léonard de Vinci et même à Galien pour trouver des observations rela-

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tives à la vision par les deux yeux , d'où , avec un peu de complaisance, on conclurait que ni M. Wheatstone ni M. Brewster ne sont les premiers inventeurs du stéréoscope, ni M. Jules Duboscq, de Paris, le premier grand constructeur dont les stéréoscopes à l'exposition de Londres aient fixé l'attention de la grande reine d'Angleterre. On irait jusqu'à trouver le nom du constructeur babylonien qui , sur les bords de l'Euphrate ou du Tigre, a présenté un stéréoscope à la fameuse Sémiramis, à l'exposition de l'an i85i avant notre ère; mais laissons parler sir David Brewster lui-même, qui, ayant été élu associé étranger de F Institut de France (la plus haute marque de considération que puisse recevoir un savant sur cette planète), visita la France en i85o, et vint prendre place aux fauteuils académiques dû palais des Beaux-Arts. L'article dont nous citons un extrait est de M. Brewster, bien que le savant anglais n'y prenne pas la parole en son nom :

« Après avoir essayé, mais en vain, d'engager quelques-uns des opticiens ou des photographes de Londres à construire son stéréoscope et des doubles daguerréotypes pour cet instrument , M. Brewster apporta à Paris, au printemps de i85o, un très-bel instrument exécuté par Loudon, opticien à Dundee, et un portrait binoculaire fait par lui-même. Il montra cet instrument à M. l'abbé Moigno, l'auteur distingué de l'ouvrage intitulé VOptique moderne, à M. Soleil et à M. Duboscq- Soleil, éminents opticiens de Paris, ainsi qu'à quelquesuns des membres de l'Institut de France ( et notamment à l'auteur du présent article). Ces messieurs comprirent tout de suite la valeur de l'instrument, non-seulement

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comme un joujou amusant par ses effets magiques, mais encore comme un important auxiliaire pour les arts du dessin et pour la sculpture. M. Duboscq se mit immédiatement à confectionner le nouveau stéréoscope, et exécuta en même temps une immense variété de beaux doubles daguerréotypes binoculaires sur des objets vivants ou inanimés, des hommes, des statues, des monuments d'architecture, des ornements, des arbres, des bouquets de fleurs , des échantillons d'histoire naturelle, des solides et des figures de géométrie, etc., etc., que des milliers de personnes s'empressèrent de venir contempler avec le nouvel instrument....

» Dans la belle collection d'instruments de phy&ique et d'optique que M. Duboscq-Soleil présenta à la grande exposition de Londres en i85o, et pour laquelle il reçut la grande médaille du conseil, il plaça un des stéréoscopes à lentilles de sir David Brewster avec une belle série de daguerréotypes binoculaires. Cet instrument attira particulièrement l'attention de la reine, et M. Duboscq exécuta un beau stéréoscope qui fut offert en son nom à Sa Majesté par sir David Brewster. Par suite de cette exposition, M. Duboscq reçut une immense commande de stéréoscopes-Brewster qui furent introduits en ce pays (l'Angleterre). La demande devint néanmoins telle, que des opticiens anglais se consacrèrent exclusivement à la manufacture des stéréoscopes, et en débitèrent en quelques mois plusieurs centaines, sinon plusieurs mille. Des sculpteurs entrevirent l'application du stéréoscope à leur art, et nous avons récemment appris de Paris qu'un artiste distingué de cette capitale a modelé une statue d'après le relief produit par le stéréoscope. »

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Après s'être plaint de quelques journalistes qui ont parlé du stéréoscope-Brewster sans en nommer l'auteur l'illustre patriarche des savants anglais procède à la théorie de l'instrument, qui nous semble fort simple, quand on veut bien la rapporter à la vision naturelle , 'comme nous l'avons dit plus haut. L'article du savant associé étranger de l'Institut de France contient sur la formation des images photographiques par des lentilles d'une ouverture plus ou moins grande un incroyable contre- sens scientifique, développé avec une complaisance non moins étonnante, et qui ne peut être attribué qu'à une inadvertance favorisée par l'éfoignement des Académies et des contradicteurs empressés qu'elles fournissent complaisamment et en abondance.

Voici donc pour tout le monde et en peu de mots la théorie , ou , pour parler moins superbement , le secret des effets magiques du stéréoscope. Quand nous regardons un objet ordinaire avec les deux yeux , nous le voyons tel qu'il est, saillant, solide, en relief. Nous faisons du relief, comme M. Jourdain faisait de la prose , sans le savoir, et la preuve , c'est que quand on veut approfondir pourquoi la vision par les deux yeux nous donne la sensation, la perception du relief, on rencontre plusieurs opinions fondées les unes sur la physique des sens , les autres sur les notions que l'intelligence, aidée du tact, aurait introduites dans l'habitude des jugements de l'organe ; heureusement la théorie du stéréoscope n'a pas besoin de remonter si haut.

Tout le monde conçoit en effet que, puisque la vision par les deux yeux nous donne le sentiment du relief, on produirait ce même résultat en introduisant immédiate-

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ment dans chaque œil , au moyen de deux peintures différentes, et prises de deux points de vue convenables, les mêmes images que reçoit l'œil de l'objet lui-même. Si donc les peintures qui se forment au fond de l'œil sur le tableau nerveux qu'on appelle la rétine, en venant directement de l'objet , sont remplacées par de fidèles peintures daguerriennes ou autres que l'instrument introduit au fond de chaque œil, cet organe se trouvera exactement dans le même cas que s'il eût reçu ces peintures de l'objet réel lui-même, et les impressions reçues étant les mêmes , les sensations et perceptions du relief et de toutes les autres propriétés de l'objet, comme ses couleurs, ses dégradations de teinte, ses détails de forme, etc., seront les mêmes aussi. En un seul mot, ce que fait la nature pour l'œil, le stéréoscope le fait pareillement.

Il serait trop long et trop f&stidieux de faire connaître tous les détails du stéréoscope ou plutôt des stéréoscopes. Nous avons déjà dit que dans l'ancien appareil de M. Wheatstone, les deux dessins étaient ramenés à la superposition dans l'œil au moyen de deux miroirs. M. Brewster a remplacé les miroirs par des prismes réflecteurs qui opèrent de face. On peut même supprimer les miroirs en regardant les deux dessins chacun avec un œil , ce que l'on fait en disposant une espèce de cloison en avant du nez, de manière à forcer la vision de chaque œil à s'attacher à un seul dessin. Je crois que ces tours de force seraient fort dangereux pour les enfants et pour les personnes qui ont de la tendance à loucher. Pour ceux qui voudront s'exercer à produire simplement ces belles illusions, je recommanderai de

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placer sur une table le double dessin qu'ils veulent voir stéréoscopiquement, ensuite de placer la main ou une feuille de carton devant la figure, de manière que chaque œil ne voie qu'un des dessins, puis de fixer le regard, tantôt sur les dessins, tantôt sur l'extrémité de la feuille de carton ou des doigts de la main, en remuant la tête d'avant en arrière jusqu'à ce qu'on voie naître entre les deux dessins, qui paraissent écartés l'un de l'autre, un troisième dessin intermédiaire. Une fois cette apparition produite, il faut y diriger son attention; alors sans miroirs , sans loupes , sans boîte , sans appareil aucun, on reproduit l'effet du stéréoscope. Pour surcroît de bonheur, on est louche pour toute sa vie !

J'ai dit plus haut que les constructeurs et les acheteurs avaient abusé du stéréoscope. En effet, la grande facilité d'assembler les côtés d'une boîte de quelques décimètres de dimension , d'y implanter deux tuyaux garnis de loupes et de réflecteurs (chacun de ces objets, suivant M. Brewster, revenant en gros à 5 francs la douzaine! ), et enfin d'y adapter des daguerréotypes éclairés eu dessus ou par transparence, ont fait de cet instrument un article de pacotille que M. Duboscq a débité à près de dix mille, et les opticiens de Londres et de New-York avec autant de succès. Mais admettez qu'un double daguerréotype, une double photographie sur papier, enfin une double miniature exécutée avec tous les raffinements de l'art, soient mis dans un stéréoscope de choix , et voyez l'admirable effet artistique qui en résultera : on rendrait impérissables les formes statuaires des plus beaux modèles, les poses artistiques des premiers artistes dramatiques, les traits chéris des parents, des amis et des bienfai-

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teurs, et l'on produirait l'immortalisalion physique des grandes renommées qui font la gloire des peuples. « Ne serions-nous pas heureux, s'écrie M- Brewster, de voir s'animer des tableaux photographiques, de voir Démosthènes lançant la foudre de son éloquence contre le roi de Macédoine, Brutus immolant César au pied de la statue de Pompée, saint Paul prêchant à Athènes, ou celui dont le nom n'a pas besoin cFêtre prononcé, dans l'attitude de la bonté et de la beauté céleste , proclamant la rédemption du genre humain? Avec quel ravissement nous contemplerions ces vivifications si sympathiques et si divines ! Les héros et les sages des anciens temps, tout mortels qu'ils étaient, auraient pu être embaumés et seraient devenus plus impérissables que par les procédés de l'art égyptien , conservant les formes de la vie , des affections et de la puissance intellectuelle, et s'incarnant dans l'immortalité stéréoscopique bien mieux que dans les hideuses-momies qui sauvent à grand'peine et bien incomplètement les dépouilles des rois de la corruption universelle. » S'il est une intelligence, un corps, une illustration qui ait mérité cette préservation pour l'éternité, c'est certainement l'auteur du stéréoscope, l'éminent physicien, l'infatigable doyen de la science optique, sir David Brewster.

Ceux qui ont visité à Londres la basilique sans rivale de Westminster ou les Invalides maritimes de Greenwich ont vu avec un sentiment douteux d'admiration les figures en cire de Marie Stuart ou de Nelson , avec une couche plus ou moins épaisse de charbon de terre indigène. Qu'on remplace ces figures à la Curtius par des stéréoscopes, objets d'arts avouables par le bon goût

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et par l'imagination, et quelle galerie bien supérieure aux galeries historiques de Versailles on obtiendrait ! Et qu'on n'objecte pas la petitesse nécessaire des daguerréotypes et des stéréoscopes actuels; je me suis assuré que M. Duboscq possède tous les éléments d'amplitude et de grossissement qui peuvent arriver, quand on voudra, à la grandeur naturelle, au full size, des personnages à représenter.

Le stéréoscope fait encore de la carte plate d'un pays un plan en relief qui en fait ressortir toute la géographie physique. La carte de la lune reproduit avec les ombres du premier et du dernier quartier les volcans, les cratères, les chaînes de montagnes, les coulées de laves, les entassements de rocs, les fentes du terrain que l'on avait pris pour des fortifications, les criques, les plaines basses, les pics isolés, enfin toute la topographie de cette planète secondaire, dont la carte est beaucoup plus avancée, à une distance de 36oooo kilomètres, que la carte de l'Afrique , qui touche les populations musulmanes de la France.

Je ne finirais pas si je voulais passer en revue tout ce que l'activité intellectuelle et industrielle a déjà fait pour le stéréoscope. Sous le titre de bioscope, M. Duboscq a introduit dans cet instrument le mouvement et la vie , et en combinant les effets du stéréoscope avec ceux de la persistance des images dans l'œil, on arrive à des effets dont tout ce qu'on rapporte de fabuleux sur l'antique magie ne peut approcher; mais on perd en généralité d'effet ce qu'on gagne en merveilleux. La science la plus positive trouvera aussi un utile auxiliaire dans le stéréoscope. La superposition des objets

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