COUP-D'ŒITL RAPIDE SUR LA LITTERATURE DE CETTE EPOQUE
CE ne fut, à vrai dire, qu'au quatorzième siècle que parurent les premiers ouvrages écrits en langue française qui, néanmoins, conservait encore des termes bien barbares et qui était loin de cette harmonie, de cette élégance qu’elle possède aujourd’hui.
Cependant, du douzième au quatorzième siècle parurent les troubadours, dans le midi de la France, et les trouvères dans le nord; ils créérent ces poésies naïves où l'on remarque une imagination des plus brillantes. Ils allaient de château en château, de village en village, de ville en ville, célébrant les exploits des chevaliers ou les vertus et les infortunes d’une noble dame.
66 ETUDES ET KECITS
Les plus célèbres de ces poètes-chantres furent Perceval le Gallois, Lancelot du Lac, Merlin, Alexandre Paris, Rutebœuf et Thibaut de Champagne parmi les trouvères, et Bertrand de Born, Guillaume, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, Bernard de Ventadour,
Giraud de Calanson parmi les troubadours.
Le treizième siècle vit aussi paraître le farartix poème allégorique, le Roman de la Rose. Cet vuvrage, qui ressemble beaucoup à l’'Arte Amandi d'Ovide, n’est que trop souvent la peinture véritable du vice et de la corruption. Guillaume de Lorris et Jean de Meung sont les auteurs de ce long poème.
La prose française et l’histoire se formèrent au treizième siècle ; Villehardouin fut le premier qui mit une certaine unité dans ses écrits et qui s’attacha surtout à la vérité historique, laissant de côté les couleurs trop vives et trop brillantes de la fiction. Joinville, qui écrivit son //istoire de saint Louis cent ans après Villehardouin, imita celui-ci quant à la simplicité du style, mais fut plus gracieux et plus aimable.
Froissart vint ensuite ; ses CAronigues ont moins d'unité que l’Æistoire de saint Louis, mais elles ont un caractère plus curieux et plus intéressant, parce qu’elles sont la vraie peinture des mœurs de son temps.
Christine de Pisan, qui écrivit des poésies très remarquables, ferma le quatorzième siècle.