‹ Etudes et récits [microforme]Chapitre 3 sur 78 · A MONSIEUR L’ABBE H. BEDARD · texte numérisé non relu

A MONSIEUR L’ABBE H. BEDARD

La Religion est la base de la société humaine, elle veille à l'ordre de l’univers, contient les passions des peur 'es et élève la vertu. La Religion, qui unit toutes les c. :::3e5 humaines, qui répand partout ces institutions admirables de charité, qui inspire à l'homme le dévouement et le courage, est nécessaire à tout Etat. Un peuple sans religion est un corps sans intelligence, un membre sans mouvement.

Comme la tête chez l’homme est le siège de toutes les opérations de l'esprit et de la volonté, la Religion dans un Etat, est le principe fondamental de l'union puissante et de la force des individus. Une société humaine où ce principe serait méconnu ne mériterait plus le nom de nation. Dans un affreux désordre, toutes les institutions de ce pays disparaîtraient. Plus de familles, plus de lois, et partant plus de bonheur, de prospérité et de gloire. Le crime, n’ayaut plus de frein, se montrerait au grand jour et entraînerait la société dans l’abîime sans fond de l’abrutissement. La mère serait sans amour pour le fruit de ses entrailles, et le père sans tendresse. Les enfants, dans les auteurs de leurs jours, ne verraient plus que deux êtres indignes de respect et d'amour. Ainsi les liens sacrés qui unissent

les enfants aux parents se briseraient aux souffles impurs de l’impiété et de l’Iniqui é.

Les serviteurs deviendraitn: les maîtres et méconnaîtraient ainsi leurs devoirs essentiels. Pour comble de malheur, le bras de la Justice serait sans force et sans vertu, car la seule crainte d’une justice humaine ne peut contenir les passions et le désordre de la multitude, si l’idée de Dieu et de ses lois est absente. Seule, la loi de la force personnelle règnerait alors dans son sens le plus absolu. Les faibles se verraient partout repoussés avec dureté ; les orgueilleux et les forts les traiteraient comme des seconds parias. Le peuple n'aurait aucunes inspirations, si ce n’est celles de l’égoïsme et de l'intérêt. Le bien réel de la nation, la fermeté de ses principes, la gloire de ses institutions ne seraient plus que des chimères.

Dans l’histoire des peuples, nous voyons que plus le sentiment religieux s’est affaibli, plus le désordre et la confusion ont augmenté. Quand les hommes ne reconnaissaient aucune puissance supérieure qui veillât à la paix et au moral des peuples, la loi du crime devenait alors comme le principe de leur bonheur, c’est à dire, qu'insensés, ils cherchaient, dans l’iniquité, le calme que seule la Religion pouvait donner.

Quand la Rome des Césars s’acheminait à grands pas vers sa tombe, qu'était devenu alors son sentiment religieux? Rien. Il est vrai que le paganisme n'avait aucune source dans la grandeur et la bonté du vrai Dieu, mais fallait cent fois mieux une telle religion que pas du tout. Le peuple, au moins, avait l’idée d’un être qui veille à tout, d’une justice sévère qui punit les coupables et récompense les bons. Mais, dans les derniers jours de Rome, les nations du vaste empire des Césars avaient perdu ses principes si sages, du moins en apparence. Aussi, de leur faiblesse s'ensuivit il la mort et Ja honte. Pour nous, Français, quelle terrible exemple d’une nation délirante contre Dieu n’offrent point les

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dernières et horribles années du XVIIIe siècle? Chacun, malgré ses absurdes principes de fraternité et d'égalité, voulut être roi, et sans Dieu et sans lois. Les ruisseaux de sang qui coulèrent sur le sol français, les prêtres massacrés même aux pieds des autels, les vierges vouées aux outrages d’une multitude impie et corrompue, les églises pillées, les campagnes dévastées, les villes détruites, les cris de douleur et les gémissements des mères et des épouses glacèrent d’effroi et d'épouvante les nations de la terre.

L'impie des impies avait dit: “ Ecrasons l’infâme,” et à ce mot d'ordre des milliers d'êtres sans cœur et sans foi vinrent se ranger sous l'étendard de l'incrédulité. Le nom de frères, qu’on osait se donner, n'était plutôt qu'une affreuse sntiphrase, car une société qui veut exister sans l'idée d’uñ Etre suprême, qui se fonde seulement sur les lois humaines, qui aime à se considé- “rer comme une famille de plantes, ne peut avoir des sentiments nobles et véritables, des vertus belles et pures comme celles qui sont le partage du christianisme.

Robespierre, le cruel chef de la Révolution, a si bien compris cette nécessité de la Religion à un Etat, qu'il fit décréter que tous les citoyens de la République devalent rendre des honneurs à l’Etre suprême.

Voltaire a dit : ‘Si le monde était gouverné par des athées, il vaudrait autant être sous l'empire immédiat de ces êtres infernaux qu’on nous dépeint comme acharnés sur leurs victimes.”

L'AMITIF

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