‹ Etudes et récits [microforme]Chapitre 5 sur 78 · LA LOI DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LA LOI DU TRAVAIL

“ L'homme est fait pour travailler, comme l'oiseau pour voler,” dit l'Ecriture sainte. Celui qui dédaigne le traaail ne répond pas à la haute mission pour laquelle il est sur la terre. Cette nécessité du travait a été imposée au premier homme en punition de sa désobéissance. Dieu, irrité de ce qu'Adam avait péché, lui avait dit : Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front.” Adam et toute sa postérité furent donc alors soumis à la lai du travail.

Toutes les nations de l'antiquité doi, nt au travail ce qui les a rendues glorieuses et puissantes, leurs grands hommes, leurs armées, leurs lois. Le travail des Apaïens n'était, il est vrai, qu'une soumission de leur Bnature et n'avait pas un but subtime et religieux ; tout était matériel.

Le Fils de Dieu, en venant sur la terre, fit du travail, non pas un joug, mais une douce nécessité ayant pour fin la gloire de Dieu et le bien de la société. Le chrétien doit donc considérer le travail, non comme une peine et un châtiment, mais comme un moyen efficace de parvenir à la plus haute perfection.

Rien ne dispense l’homme du travail, ni la fortunr,

ni le rang, parce que seul le travail peut lui préparer une grande et véritable influence.

L'homme ne peut rien entreprendre sans lui. Conçoit-il un projet, ce projet exige pour son succès un certain nombre de mouvemenrs matériels et moraux chez une foule d'êtres qui ne dépendent pas dé lui. Seul, il est impuissant, mais s'il l’unit à l’action du Créateur, l’homme perd son impuissance, et son travail, se reposant en Dieu, produira de bons fruits. ‘“ Vous ne pouvez rien faire sans moi,” a dit Jésus-Christ.

Souvent des hommes pervers se sont servi du travail pour répandre dans la société humaine des principes funestes ; alors Dieu permet que de grands mauxarrivent pour montrer la faiblesse de l’homme lorsqu'il s'éloigne des autels de l'Etre suprême. Nous, chrétiens, nous sommes obligés de travailler comme pêcheurs et comme soumis au Christ. Comme pécheurs, parce que nous sommes coupables par la chute de notre premier père, et parce que nous avons ercore péché par notre propre volonte ; 1l nous faut donc embrasser le travail comme une peine méritée que nous impose la justice divine et comme un moyen de nous réconcilier avec Dieu. Comme soumis au Christ, parce que nous devons chercher à imiter notre Sauveur qui a été dans les travaux dès sa plus tendre jeunesse.

Mais ceux qui ne reconnaissent point le Christ et sa sublime doctrine, n’en sont pas moins obligés de travailier, car la loi du travail est une loi commune à tous les hommes.

Voyez, dans l'antiquité, ces écrivains de génie qui, pour trouver la gloire, ont pâli sur les livres ; ces généraux illustres qui ont appris et étudié pendant longtemps la stratégie de l’art militaire! Tous les grands hommes que la terre a produits doivent leur science et leur gloire à un travail dur et incessant. Mais pour réussir dans ce qu’un homme projette, il faut la constance ; sans cette admirable vertu, l’homme ne peut

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ETUDES ET RECITS 21 rien retirer de son travail, avec elle le travail devient fécond et produit de bons fruits.

Ainsi, travaillons, et parce que Dieu le veut et parce que cela est dans nos intérêts, car l’homme oisif est sujet à tous les vice:. Dans notre travail, ayons toujours devant les yeux ce but sacré: la gloire de Dieu et le bien de nos semblables.

LA GLOTRE

La gloire, c’est le jugement de l'humanité sur un de ses membres. L'homme seul, se voit trop petit ; il cherche autour de lui quelque chose qui, ajoutée à sa nature, puisse le grandir ; il fait tout ce qui peut paraître au-dessus des forces du vulgaire, brave les combats, les aspérités de la science, le respect humain, la force, tout, excepté la vertu, car l’homme n’a de la gloire qu'autant qu’il ne s’est pas attaqué à la morale.

Lorsqu'un citoyen consacre ses talents, ses biens même au bonheur de la société, lorsqu'il semble vivre seulement pour elle, la gloire vient à lui et le couronne de lauriers ; l'humanité écrit son nom sur les pages éternelles du livre de l’immortalite, conserve dans ses annales les actions bienfaisantes de cet ami précicux, et exalte son glorieux souvenir. De ros jours, on a donné de la gloire à des hommes qui ne méritaient que la réputation ou la célébrité. Parce qu’on a inventé une machine quelconque, parce qu'on a fait un livre admirable, ïi n’est pas à dire que la gloire est le prix imméd'ac de ces travaux remarquables. Non, la gloire véritable conriste dans l’accomplissement exact des des devoirs d'homme et de citoyen, dans le soulage-

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ment du genre humain et dans la pratique sincère des

plus nobles vertus. Les Romains doivent à l’amour de la gloire ces grandes actions qu'ils ont accomplies ; quand, enivrés de plaisirs et de jouissances criminels, ils descendirent avec rapidité dans la fange de la honte, la gloire n'avait à leurs yeux aucun prix, aucune valeur. Si la gloire n’existait pas ici-bas, l’homme n’aurait pour ainsi dire aucune jouissance à vivre ;.le seul sentiment qui pourrait ennoblir ses actions se trouverait effacé et son existence deviendrait nulle.

La gloire est le but auquel tendent tous nos efforts, mais il y a peu d'hommes qui viennent à la posséder, car le mal est trop répandu sur la terre pour que les actions n’en souffrent l'atteinte, et, sans la vertu, la gloire n’a plus sa raison d’être. ‘ La gloire, dit Raynal, est un sentiment qui nous élève à nos propres yeux, et qui accroît notre considération aux yeux des hommes éclairés. Son idée est indivisiblement liée avec celle d'une grande difficulté vaincue, d’une grande utilité subséquente au succès et d’une égale augmentation de bonheur pour l'univers ou pour la pairie.”

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Souvent, daus la suite, on le voit au cimetière pleurer sur la tombe de Pami qu'il a perdu.

Si la joie inonde votre cœnr, votre ami se réjouira avec vous, vous secondera dans vos beaux projets et s'y intéressera comme si c'etait lui et non vous qui les aurait entrepris.

O divine amitlé, vertu consolatrice dont l’Etre suprême a voulu doter l'homme, passion héroïque et ardente qui fait accomplir à ceux qui en sont embrases des actes si admirables, viens remplir de tes feux si doux le cœur de tous les hommes ‘ Pourquoi si peu de mortels l’ont-ils dans le cœur, lorsque tous t'ont sur les lèvres? Et pourquoi ton nom, que la vertu seule devrait prononcer, a-t-il si souvent servi à voiler de noires trahlsons et des complots sinistres (Lacépède : Poétique de la musique)? ”

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