M 132 ETUDES ET RECITS
br rien ne pouvait désormais arrêter l’opiniâtreté, il tra- || vailla avec une ardeur incroyable à poser les fondements de sa symbolique future. Comme prêtre, il aboli- | ra le célibat afin d'assouvir ses ignobles passions et de s'abandonner à cet amour criminel et odieux qu'il professa pour une religieuse sortie de son couvent.
‘* Pour la suppression de la messe, dit Darras, Luther conte gravement qu’une nuit, il se réveilla tout en sueur et que le diable vint conférer avec lui des raisons qui militent contre le sacrifice des autels. Le diable fut 1 un puissant logicien ; il donna pour raison la faiblesse 4 de la foi, la nullité du caractère sycerdotale, l'incertitu- { de de l'institution, l'impossibilité et l’inutilité du sacri-
fice. Cette fois, au lieu de jeter, comme il l'avait fait auparavant, son encre à la figure du diable, assez noire sans ce brutal cadeau, Luther écrivit le colloque.”
Le fameux réformateur fit des satires contre le pape | et les moines ; ses écrits, pleins d'une verve brillante, | respirent une haine profonde, et de très vils sentiments ; | le Zésch-Reden où propos de table de Luther, est le | livre qui renferme le plus de folies et d'impiétés. Voici 11 quelques échantillons textuels de cet ouvrage ridicule :
‘ Dieu n’a fait que des folies ;;si j'avais assisté à la
| création, je lui aurais donné des conseils.
(ll + lai toujours été beaucoup mieux traité par le diable que par la main des hommes.
— Les Pères de l'Eglise sont des imbéciles qui n’ont | | écrit que des fadaises sur le célibat.
11 — Les juristes sont des cordonniers, des fripiers, des bailleurs de soupe.” | Ainsi Luther a toujours à la bouche le diable et l’ordure ; c'est sa manière d'être homme du nouvel Evangile.
A l’âge de quarante-deux ans, Luther épousa cette religieuse avec qui il avait eu de coupables relations. n ! Erasme, à ce propos, lança ce bon mot: “On dit que } la Réforme est un événement tragique, moi je soutiens
LE
ons fut se atu- \crifait Loire
pape ante, ents ; st le Voici cule :
à la
Dar le n’ont ipiets;
et l’or- Evan-
cette ations.
hit que putiens
que rien n’cst plus comique, car le dénouement de la pièce est toujours un mariage.”
Les doctrines de Luther sont extrêmement fausses et contradictoires ; “ le principe de ses erreurs, dit Darras, c'est la confusion de la nature et de la gräce.” Luther n'était point philosophe et n'aimait point la philosophie. La dialectique lui faisait peur, parce que ses doctrines n’en avaient pas, et que son caractère fougueux ne pouvait s’y prêter. Comme on le voit, Luther ne peut être regardé comme le réformateur de l'Eglise, puisque son but fut de la détruire. On peut le comparer au prophète Mahomet qui, le glaive à la main, parcourait des contrées entières, jetant aux populations épouvantées ces mots terribles : “ Crois ou meurs.”
Luther ainsi n’eut rien d'évangélique dans l'annonce de sa doctrine, et voilà pourquoi que toutes les nations protestantes ont répudié les idées personnelles du réformateur. Luther mourut d’une mort affreuse, punition méritée d’une vie de débauches et de crimes.
Erasme, le roi de l'ironie et l'ennemi déclaré des moines, était fou de l’antiquité. Puisant dans les livres païens cet esprit exalté, cet amour d’une liberté imaginaire, il se moqua de tout ce que le catholicisme avait de beau et de grand. On a dit de lui qu'il avait pondu l'œuf de la Réforme, et que Luther l'avait fait éclore. Plusieurs de ses ouvrages ont été condamnés par le concile de Trente.
Erasme avait une âme perfide ; tantôt papiste, tantôt luthérien, il se ménegea ainsi la faveur des deux partis. Mais les véritables croyants le reuièrent bientôt comme un de leurs frères.
En Suisse, l’audacieux Znwingle rejeta les pélerinages, les images, le purgatoire, le célibat, et de ruines en ruines, en vint à rejeter la présence réelle. Ces dangereuses doctrines soulevèrent d'abord l'indignation du peuple suisse, mais bientôt entrainé par une puissance infernale, celui-ci proclama Zwingle, Hercule, Socrate,
Numa et Aristode, les bienheureux habitants du souverain Olympe.
Calvin, le pape noir de Genève, acheva l’œuvre 1 maudite de Zwingle ; son Znstitution chrétienne, regar- 1 dé comme son chef-d'œuvre, fut le nouvel évangile des ill réformistes ! ‘Ce livre a acquis, dit un auteur, un cer- L tain venin littéraire ; mais cet ouvrage volumineux qui jl devait un corps et une âme au protestantisme, n’est "1 qu'un nouveau méfait à sa charge, un amas de citations mal comprises et de sophismes informes mis au service 1 de doctrines abominables.” | Cet homme, que la nature avait doué d’un génie vé- 1 ritable, compris que les nouveaux sectaires n'avaient 4 rien qui put leur donner une apparence de discipline, | 4 de règles, de lois et surtout de principes. Travaillant ni. sans relâche, cherchant par ruse et par hypocrisie, à rassembler tout ce qui pouvait nuire au catholicisme, il fit plus pour la Réforme que n’en firent tous les autres réformateurs.
li En Angleterre, l'immonde Henri VIII jouait au ma- 1 riage comme l’on joue aux quilles ; il répudia sa femme di. légitime, Catherine d'Aragon, pour épouser une prosti- f US tuée, Anne de Bolen. + nl Se riant des douces remontrances du pape, il se sé- à ‘ll para de l'Eglise romaine, et prit le titre pompeux de 1 | ‘chef suprême de l'Eglise.” Ame basse, ignorant des du nobles sentiments du cœur, d’un caractère volontaire n et cruel, Henri VIII, voulant s'élever contre la préten- es due tyrannie de Rome, accabla ses suiets d'impôts fa- rés. buleux, et fit peser sur son peuple un joug des plus e odieux et des plus tyranniques. “ La révolution reli- à af | gieuse d'Angleterre, dit Guizot, fut œuvre royale. Le je roi et l’épiscopat se partagèrent, soit comme richesses, | sôit comme pouvoir, les dépouilles du gouvernement | prédécesseur de la papauté.” 1 Ce désordre des idées et du culte provenait de la | | | | | |
‘11e décadence des mœurs et de cet esprit d'émancipation
PER Ut LE SEE
| F il
ation
qui refusait tout joug et toute autorité légitime, Or, cette corruption et cet amour désordonné de la liberté étaient nés de l'étude passionnée du paganisme qui, à cette triste époque, était devenu pour plusieurs une vraie et sublime religion.
En France, ce noble pays qui, au moyen-âge, avait étonné le monde entier par la grandeur et pa la sublimité de sa foi, les doctrines abominables de Luther et de Calvin se propagèrent malheureusement avec rapidité et y portèrent la guerre civile.
Poursuivant de leur haine satanique les véritables serviteurs de Dieu, les huguenots portèrent dans les villes et dans les campagnos de la France la torche de l'incendie et le glaive de la destruction ; ce ne fut partout que ruines fumantes, pleurs et sanglots, frayeur et désolation. Les églises furent profanées, les prêtres et les religieuses livrés aux outrages les plus odieux et les plus criminels, les reliques des saints jetés au vent, et les catholiques traqués comme des bêtes fauves ou immolés sans pitié.
‘ Nous voudrions, dit l’historien Gabourg, qu'ii nous fut possible d'effacer, au prix de tout notre sang, le souvenir de cette triste période ; mais les faits subsisteront dans toute leur énergie pour l’enseignement des rois et des peuples. Ils annoncent en caractères toujours visibles, quelles sont les suites inévitables de l'r érésie ; ils nous montrent la Réforme inondant de massacres la France entière après avoir souillé de pareilles abominations l'Allemagne et l'Angleterre. Dieu a permis que, voyant enst'ie la barque de Pierra surnager sur les eaux, les peuples comprissent bien qu’elle ne pouvait faire nauvrage.”
= = EE Eee 27e + = RER = . — 5 LS Le < F ; ss a = dit amer Ps Sr #7 ci