‹ Études et récitsChapitre 33 sur 64 · CLEMENT M A ROT · texte numérisé non relu

CLEMENT M A ROT

Clément Marot, Pierre de Ronsard et François de Malherbe turent les trois plus grands poètes du seizième siècle ; c'est à ces écrivains de génie que la langue française doit cette perfection, cette harmonie, cette pureté, cette concision qui dans le siècle suivant la fera proclamer comme la plus belle langue du monde entier, le langage par excellence du bon goût et du bon ton.

Le premier naquit en 1495. D'un caractère ardent et hardi, Marot eut une vie des plus orageuses ; ayant eu de cruelles déceptions d'amour, il s'abandonna à la fougue de ses passions et mourut usé par les débauches en 1544. Marot est un écrivain des plus charmants et des plus aimables : Boileau a dit de lui :

Imitez de Marot l'élégant badinage.

On se plaît à le lire parce qu'on reconnaît chez lui le véritable caractère français, cette verve brillante, cet esprit railleur, cette finesse pleine de malice, cette jovialité entraînante qui caractérisent les enfants de la France. Favori de la cour de François 1er, Marot fut pour ainsi dire le poète à la mode ; il a tout chanté : l'amour, le vin, le plaisir, la tristesse ; il essaya tout et réussit dans tout.

•' Mais il est inexcusable, dit de la Bruyère, d'avoir remué l'ordure dans ses écrits ; il avait assez de génie et de naturel pour pouvoir s'en passer. C'est le seul reproche que l'on peut lui faire."

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