MORALISTES
Le duc de La Rochefoucauld, né eii 1613 et mort en 1680, fut un des plus grands moralistes de son temps.
Ses Maximes, quoique justement célèbres, ne nous font connaître l'homme que comme im monstre d'hypocrisie, apte aux actions les plus noires, aux crimes les plus odieux.
Certes, surtout dans notre société moderne, il y a bien des travers, des défauts dangereux, mais la tendresse, la franchise, la pureté existent encore, grâce à Dieu. Le jour où elles disparaîtront, la société, s'écroula nt par sa base, tombera dans un abîme sans fond de vices et de crimes et ne se relèvera jamais.
La Rochefoucauld se rachète quelque peu par une vivacité de style et une délicatesse de diction tout à fait remarquables.
La Bruyère, qui naquit en 1646, surpasse de beaucoup, selon le jugement de tous les critiques, le duc de La Rochefoucauld.
Ses Caractères qui. comme les comédies de Molière, ont pour but principal de ridiculiser les sots et les fats, et de corriger par là les défauts de la société eurent un succès immense. La Bruyère avait peint tous ces caractères d'après nature et voilà pourquoi de nos jours encore, ces portraits ont une ressemblance parfaite avec plus d'un.
Une finesse inépuisable, une délicatesse exquise, une pureté remarquable, une élégance charmante, une concision pittoresque et une invention d'idées se renouvelant toujours, telles sont les principales qualités de ces immortels Caractères.
" Dans l'espace de peu de lignes, dit La Harpe, l'auteur met ses personnages en scène de vingt manières différentes, et en une page, il épuise tous les ridicules d'un sot, ou tous les vices d'un méchant, ou toute l'his-
EILDES ET REÇUS 9I
toire d'une passion, ou tous les traits d'jne ressemblance morale."