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ARCHITECTURE

L'architecture au dix-septième siècle avait subi, comme toutes choses alors, une espèce de révolution, qui, détrônant en partie ce style ogival dont le moyenâge, ce temps plein de foi, avait donné dans ces imposantes églises gothiques, l'exemple le plus sublime, lui opposa un style nouveau, créé la veille, le style jésuite.

Les Pères de la compagnie de Jésus, qui possédaient alors en Europe une grande influence s'o^Dosèrent avec fermeté à la renaissance de l'art antique. Néanmoins, niant les beautés incontestables du gothique, ils fondèrent une espèce d'architecture qui, comme toute idée nouvelle, trouva même parmi les plus habiles architectes de France et d'Italie des admirateurs enthousiastes. Certes, ce style ne manque point de qualités éminemment précieuses, mais iln'atteindra jamais cette majesté, cette poésie, cette grandeur de l'art gothique.

Salomon de Brosse, le partisan le plus zélé et le plus capable du style jésuite, consacra en France cette architecture nouvelle par l'achèvement du portail de Saint-Gervais. Suivant tous les critiques, cette façade, sans manquer de grandeur, possède des défauts très visibles, mais il faut remarquer que cette entreprise était des plus difficiles, car Saint-Gervais était de style ogival.

Le chef-d'œuvre principal de ce grand architecte fut le magnifique palais du Luxembourg où il révéla toute la force de son génie. Cette construction élégante et belle dans sa simplicité, savante dans ses détails, fera toujours l'orgueil de Paris.

Jacques Lemercier, qui lui succéda comme architecte du roi, eut plus de réputation ; possédant au plus haut degré la science architecturale, il s'atiira l'admiration de tous ses contemporains par la construction de magnifiques et riches édifices parmi lesquels on remarque le Palais-Cardinal ou Palais-Royal, l'agrandisse-

ment des Tuileries et du Louvre et bien d'autres moins importants.

Levau, qui naquit en 1612 et mourut en 1670, fut un des plus grands génies que produisit l'architecture du dix-septième siècle. Moins savant et moins artiste que Jacques Lemercier, il posséda cependant une plus grande influence. Il donna à l'architecture nouvelle qui tendait à remplacer l'art ogival un aspect plus monumental et plus noble. Il donna les plans des splendides hôtels de Lyonne, de Colbert à Paris, bâtit le château de Vaux, qui est considéré comme son chef-d'œuvre, répara le Palais-Mazarin et le Louvre et commença les bâtiments de Versailles.

Colbert, voulant encourager les artistes du royaume, ouvrit uu concours pour un projet d'une façade au palais du Louvre.

Un médecin, nommé Claude Perrault, remporta le prix. Cet homme, devenu soudainement l'architecte le plus célèbre de France, conçut pour l'édifice en question une colonnade de 176 métrns, considérée comme le chef-d'œuvre de l'architecture moderne.

" La colonnade du Louvre, dit un auteur, était l'application la plus heureuse qu'on eût faite des grands principes de l'antiquité. L'enthousiasme qu'elle excita fut immense. On ne connut plus d'autre modèle que la colonnade et les artistes s'en inspirèrent dans toutes les conceptions qui nécessitaient un style pompeux."

Louis XIV, désirant uu palais à lui pour y donner ces fêtes splendides qui ont fait de sa cour la plus brillante de l'Europe, avait choisi Versailles, village situé aux portes de Paris, et Levau fut son premier architecte.

Celui-ci étant mort avant la terminaison complète de cet immense palais, Jules Hardouin Mansard, protégé de Mme de Montespan, finit cette majestueuse résidence et fit preuve alors d'un grand génie, mais le monument où il mit toute la force de l'art et la poésie

de son âme. fut incoutestablcment la retraite de Louis XIV à Marly.

Mansard fut un véritable architecte ; artiste de génie et constructeur savant, il sut réunir dans toutes ses construct ons ces deux arts qui ne doivent jamais être séparés, parce que l'un complète l'autre d'une manière sensible.

Après la mort du grand roi, "le dernier des rois bâtisseurs," l'architecture tomba. Sacrifiant le beau au joli, les architectes du dix-huitième siècle chargèrent les édifices de décorations, fondant ainsi une architecture nouvelle dite de Pompadour, un style que l'on a surnommé avec raison " rococn."

Le premier architecte qui conçut l'idée de ce style à décorations fut un nommé Borromini, artiste d'Italie.

" C'est à lui, dit un auteur, qu'on doit ces colonnes ventrues, torses, entortillées sur des monceaux de piédestaux, de socles, de plinthes sans motifs ; ces chapiteaux fantasques à volustes à rebours, ces entablements bâtards, interromi)us, ondulés à saillies, à rectangles ; ces frontons déplacés, brisés, difformes et même à cornes ; ces balustrades à contre-sens, à facettes et l)rodiguées jusqu'aux frontons ; ces églises cintrées, sans caractère, à façades en forme de turban ; ces ornements surabondants et de mauvais goût, qui déparent tant d'édifices de ce siècle et dont une foule d'églises et de palais offrent des exemples si multipliés."

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