Fénelon à Cambrai^ p
\!Mi ÉTUDES ET SOUVENIRS.
Reposer de retarder son départ et d'attendre des
nouvelles plus positives. Si peu qu'il eût laissé voir
\. d'irrésolution, chacun n'aurait pas manqué de lui
' 'dire qu'il fallait attendre encore un jour, et il aurait
perdu l'occasion d'une bataille où il a montré un
grand courage qui lui attire une grande réputation
jusqu'en Angleterre. En un mot, le roi d'Angleterre
Se prêle et s'accommode aux hommes. Il a une raison
et une vertu toutes d'usage*. »
Quel curieux portrait pour tout ce qui s'y trouve et pour tout ce qui ne s'y trouve pas ! Parmi tant de royautés que nous avons détruites, certainement la royauté du bon sens était au premier rang. Qui daignerait, parmi les fougueux royalistes d'aujourd'hui, parler à un roi d'agir sans imagination dominante, de ne retarder aucune occasion de témoigner son courage, d'avoir une raison et une vertu toutes d'usage? Qui voudrait conseiller aujourd'hui de pacifier une nation à si petit prix?
Nous voici maintenant conduits aux relations politiques de l'évêque d'Orléans avec M. le comte de Ghambord.
M. l'abbé Lagrange a mis dans cet indispensable récit une extrême discrétion. Nous voulons nous flatter que les intéressés lui en sauront gré.
Au sujet d'une lettre de M*' Dupanloup, publiée sans l'aveu de celui-ci par M. le comte de Ghambord, d'une façon tout à fait inusitée, lettre qui tentait de conjurer des manifestes et des actes fâcheux, M. l'abbé
1 Fénelon à Cambrai.
Lagrange aurait pu croire, dans l'intérêt de son héros, qu'il lui appartenait d'établir ici toute la vérité, é 11 n'en a rien fait, il a rapidement glissé sur cés-charbons ardents. Dieu nous garde de blâmer cette réserve ! Nous ne la constatons, au contraire, que pour la louer et afin que la modération de l'historien, tant de fois contestée, ne passe pas absolument ina-''. perçue. Nous indiquerons seulement, à ce propos, une question théorique qui nous paraît très opportune.
Les réticences prolongées, les documents de l'hisloire retenus en poche, sous prétexte de nobles sacriices à la paix, profitent-ils bien réellement à la paix? L'expression pure et simple de la vérité n'aurait^elle oas mieux atteint ce but? Nous opinons pour la vé- •ité, et nous allons essayer de justifier notre avis par m exemple pris en dehors de tout renseignement personnel, de toute anecdote inédite et bien refroidi lésormais, puisqu'il a onze ans de date.
En 1873, M. Chesnelong, aujourd'hui sénateur, ilors député, fut envoyé à Salzbourg pour porter à i. le comte de Chambord, comme l'avaient déjà fait ivant lui trois représentants de la droite, un compte 'endu fidèle de l'état des esprits au sein de l'Assem- >lée de Versailles et des chances plus ou moins ceraines de rallier une majorité monarchique. Ces né- ;ociateurs successifs ont tous également gardé le ilence sur leurs négociations et ont laissé toutes sortes e versions erronées courir la bride sur le cou. Les enseignements consciencieusement présentés au rince oat été appelés des condiUous \\\s»ç\evi\fc^\V?^
Étude» et Souren'iTS. «^
opinions les plus légitimes ont été appelées des intri- . gués ; les hommes, les plus haut placés à juste titre dans Testime publique, ont été calomniés sans relâche. Enfin, très peu de jours avant sa dernière maladie, M. le comte de Ghambord a cru pouvoir placer luimême ces erreurs sous le sceau de sa propre signature en écrivant le 23 avril 1883 à M. Eugène Veuillot, au sujet de son frère qui venait de mourir :
« Je ne puis oublier non plus sa chaleu-
« reuse adhésion donnée à ma parole dans toutes les « circonstances où j'ai cru devoir élever la voix devant « mon pays, spécialement en 1873, alors que nous « touchions au port, quand les critiques d'une poli-| « tique moins soucieuse de correspondre aux vraies '< aspirations de la France que d'assurer le succès de « combinaisons de parti, m'obligèrent à dissiper les « équivoques en brisant les liens destinésà me réduire « à l'impuissance d'un souverain désarmé. Nul autre « ne sut pénétrer plus avant dans ma pensée, ni « mieux donner à ma protestation son véritable | « sens »
Est-ce là ce qu'on appelle la paix ? Est-ce là ce qui favorise et ce qui consolide l'union? Le contraire n'eût-il pas été cent fois préférable ? Le silence, ce rêve chimériquement caressé, la paix tant désirée, n'auraient-ils pas plus certainement, plus immédiatement suivi un procès-verbal des faits dûment signé qui, dès la première heure, aurait coupé court à toutes les altérations de la vérité, à toutes les tentatives, intéressées ou non, de la passion et de la malveillance?
Je tirerai un argument analogue de ce qui se passe au sujet des lettres qu'on appelle maintenant le programme du roi. Timidement d'abord, hardiment ensuite, on a essayé de donnera ces lettres une unité de pensées qui n'existe pas. On en a fait d'abord le manifeste réfléchi du prince disparu; on en fait aujourd'hui l'ultimatum qu'il s'agit désormais d'imposer haut la main au prince que l'on veut réduire en captivité morale, s'il monte sur le trône, et que l'on prétend bien empêcher d'y monter s'il ne se plie pas au joug. Cette tentative insensée, qu'assurément nous ne voudrions pas grandir, mais que nous ne conseillerions pas non plus de dédaigner absolument, eiit-elle été possible, si, au premier essai de ce genre, on eût placé ces lettres sous leur véritable jour? L'unité politique eût été, tout d'abord, ce qu'on aurait trouvé le moins dans cette correspondance, qui n'est pas plus d'un seul esprit que d'une même main. Pour souffler sur cette chimère, très innocente chez les uns, très perflde chez quelques autres, il eût suffi de mettre en regard quatre des principales lettres politiques du prince aussi différentes de fond et de tendance que de forme : 1** la lettre très libérale, écrite de Venise à M. Berryer le 23 février 1851 ; 2* la lettre du 5 février 1857 à M. le duc de Nemours, en réponse à une demande d'accord sur diverses questions, notamment sur la question du drapeau*; 3** la lettre
1. M. le comte de Cfmmhordy correspondance de 1841 à 1871, pages 111 et 16G. — Nouvelle édition chez Grosset et Trcmbley, à Genève, 1871. La préface de M. Léopidd de Gaillard, qui était en tétc des premières éditions, a été supprimée dans celle-ci.
au comte Albert de Mun, datée du 19 mai 1875, publiée pour la première fois par M. de Pêne * ; 4* la leltre à M. Eugène Veuillot, dont nous venons de citer un passage.
Assurément, cette dernière lettre n'eût jamais été écrite, si M. le comte de Ghambord avait été plus soigneusement accoutumé à compter avec l'opinion publique et si quelques-uns de ses amis y avaient été mieux accoutumés en même temps que lui.
J'ose donc l'affirmer, les altérations de la vérité ne profitent à personne ; elles profitent encore moins à la paix qu'à tout le reste. Elles ne peuvent servir, elles ne servent qu'à rendre la guerre possible. Plus de franchise, plus de fermeté du côté de la vérité, profiteraient d'abord à la vérité elle-même, ce qui est bien quelque chose, puis, après un court moment d'irritation, à l'apaisement par la justice. On s'étonne aujourd'hui de voir une sorte de levée de boucliers en l'honneur d'idées qui ne se sont pas produites et qui n'auraient pas pu se produire le lendemain de la mort de M. le comte de Ghambord. Ce qu'on recueille est tout simplement ce que nous avons semé, depuis un an, dans des intentions très diverses. Jeter des fleurs sur une tombe n'est qu'un devoir pieux, elles n'y prennent pas racine. Jeter des fleurs sur une politique est beaucoup moins insignifiant; dépasser quotidiennement, systématiquement, en contre-vérités sans mesure, l'hommage que la courtoisie et le respect ont coutume d'accorder à la douleur, peut, à la
/. Henri de France, par H. de Pèae, p. &G2.
longue, faire naître un danger grand ou petit, selon l'occasion. Nous commençons à nous en aperce\oir aujourd'hui. Dieu veuille que nous ne nous en apercevions pas trop tard demain !
M. Tabbé Lagrange a usé de beaucoup de prudence à cet égard. Les lecteurs perdent certainement quelques pages curieuses, M. Lagrange y gagnera beaucoup en tranquillité et dans l'intérêt de son livre. Ce n'est pas à lui qu'il appartenait de faire entendre un langage révélateur qui, depuis un an, ne s'est encore trouvé sous la plume de personne. Tôt ou tard l'histoire reprendra ses franchises, mais ce n'est pas à l'occasion de l'évêque d'Orléans que M. Lagrange devait faire parler cette histoire encore muette et au repos. On traite durement en ce temps-ci ceux qui veulent dire la vérité trop vite ou en trop grande quantité à la fois. M. l'abbé Lagrange s en est souvenu tout le long de ses trois volumes, et nous l'en félicitons.
En serrant les questions de près, dans l'ordre religieux et dans l'ordre politique, on blesse certainement ses adversaires, mais on heurte quelquefois aussi d'anciens amis. J'éprouverais du moindre dissentiment, en pareil cas, un vif déplaisir. Cependant mon amour de la sincérité politique passerait avant ce déplaisir lui-même. Des hommes auxquels je suis profondément attaché pensent, ils ne me l'ont pas dissimulé, que l'école en question n'a plus en France assez de crédit pour que des esprits sérieux s'en occupent. C'est précisément cette conviction trop optimiste ou trop dédaigneuse que je ne puis venir à bowl i^^'^^-
tager. Assurément, celte école a perdu beaucoup de prestige, néanmoins elle garde encore assez d'adhérents pour faire quelques illusions et beaucoup de mal. Elle garde encore, dans certains départements et dans certaines portions du jeune clergé, une influence qui se traduit en déclamations et en actes quelquefois très regrettables. Jamais, en politique, il ne sortira directement de là un événement complet, mais il peut en sortir et il en est sorti des échecs sensibles. Je connais un département on on est fier de posséder quatre députés conservateurs sur sept ; sans Tattitude de quelques dissidents, sans leurs choix antipathiques au pays, sans leur abstention, sans les fautes qu'ils commettent et sans les fautes qu'ils font partager, on n'en posséderait pas quatre seulement, mais sept sur sept, et ce fait, en plus ou moins grande proportion, doil se reproduire ailleurs. L'homme ne changeant pas de nature en changeant de place, ce qui se passe dans un département que je connais doit, en plus ou moins grande proportion, se passer aussi dans les départements que je ne connais pas. Un grain de sable est le type de ce qu'il y a de plus infime en ce monde ; cependant Pascal n'a pas craint de désigner un grain de sable comme la cause déterminante d'un graie événement. Mépriser le grain de sable n'est pas méconnaître seulement l'histoire d'Angleterre, c'est méconnaître surtout l'histoire de France. Pour combien l'émigration d'une très petite portion de la nation. en 89, a-t-elle contribué au supplice de Louis XVI en 93? Sous la Restauration, c'est un petit groupe d'électeurs qui fit prévaloir, dans les élections de Gre-
noble, Grégoire le régicide contre un ami du duc de Richelieu, et cette élection joua un grand rôle dans le règne de Louis XVIIl. En 1829, c'est un petit groupe aussi qui, par le seul fait de son abstention, mit M. de Martignac en minorité dans la Chambre des députés et, en appelant M. de Polignac au ministère, perdit le roi Charles X et, eh même temps que lui, la monarchie. En 1875, ce ne sont plus les mêmes hommes, mais ce sont les mêmes arguments qui présidèrent à l'élection des sénateurs inamovibles. C'est encore huit ou dix voix seulement, les unes honteuses d'elles-mêmes, les autres cyniques, qui ont créé la situation sous laquelle gémit aujourd'hui la nation presque tout entière, et ce sont toujours les mêmes conseils qui, trop écoutés de M. le comte de Chambord, l'ont condamné à repousser deux fois la couronne et à mourir dans l'exil à l'âge de soixante-deux ans. J'ose donc considérer comme très imprudente, dans tous les partis, chez les républicains comme chez les royalistes, la croyance trop prompte ou trop facile aux quantités négligeables. M. de Maistre disait que le bien ne fait pas de bruit; il n*a jamais dit que le bruit ne faisait pas de mal, et assurément ce n'est ni l'art ni la volonté de faire du bruit qui manquent aux hommes dont il s'agit.
Qu'ils se taisent un instant sur l'évêque d'Orléans et sur l'abbé Lagrange, qu'ils se taisent par impuissance ou par une secrète influence, je ne l'examinerai pas et je ne m'abuse pas là-dessus. Ils ne sont convertis ni dans leur esprit ni dans leur cœur, et ils tiennent à ne point nous en laisser douter, ils font au\ouLc-
d'hui autre chose qu'hier, mais ils ne font pas mieux. Ils lâchent Févêque d'Orléans pour un instant, soit, mais ils n'abandonnent aucune de leurs imprécations contre la société moderne et, malheureusement pour notre pays, tout est là. Us continuent à dire : « Tout, excepté les orléanistes », et le pays dit plus que jamais : « Tout, excepté un nouvel essai de l'ancien régime ou une contre-façon quelconque de la théocratie. » Qui nous fera sortir de là? En ce moment, nos adversaires se jettent sur le ministère Malou, en Belgique; en France, sur M. le comte de Paris, au profit de leur « monarchie chrétienne ». Qu'entendent-ils par la monarchie chrétienne, à quoi prétendent-ils? Nul ne le sait et peut-être ne le savent-ils pas bien euxmêmes. Ils ont fait échouer le ministère Malou, il y a six ou sept ans; ils voudraient bien recommencer. La récente idée de transformer à Bruxelles une procession de la Fête-Dieu en manifestation politique, avec torches et flambeaux, montre qu'ils sont aussi incapables de comprendre un succès qu'un revers. Ils auraient jeté gaiement leur parti dans les plus déplorables conflits si, grâce à Dieu, Léon XIII et l'archevêque de Malines n'avaient mis promptement le pied sur une mèche qui commençait à fumer trop près d'un baril de dynamite.
Quant à leur conduite à l'égard du comte de Paris, elle paraît inspirée par un invincible et malfaisant instinct, par le besoin de chercher la division pour le bonheur platonique de la division. Ils réjouissent fort les républicains, ils ne contristent pas les bonapartistes, et si le prince Napoléon triomphait dans
ce gâchis, quelques-uns d'entre eux n'en seraient pas désolés. La haine est peut-être chez plusieurs le seul sentiment qui soit bien défini et bien sincère. De ce côté-là, ils n'ont jamais eu ni un oubli ni une distraction. Ils disent volontiers que c'est nous qui avons changé et non pas eux. Ils affirment sans cesse que nous refusions obéissance à toutes les instructions de M. le comte de Ghambord. Rien n'est moins exact; nous refusions obéissance aux instructions qui blessaient directement notre conscience ou qui étaient absolument inexécutables, comme celles qui, à la veille d élections dont dépendaient les intérêts les plus sacrés du pays, disaient tantôt : Abstention; tantôt : Plus (Tiinion cofiservatrice ! Ce sont nos adversaires qui nous faisaient un grand crime, il y a peu d'années, de cette résistance limitée et motivée ; ce sont eux qui prêchaient et qui voulaient imposer l'obéissance passive et qui aujourd'hui ne parlent plus que de limites, de restrictions et de conditions. Je tombe bien volontiers d'accord avec mes amis que de telles contradictions dans un si court espace de temps, que tout ce hruit et tout ce manège enfantins n'ont aucune valeur morale. Je tombe bien volontiers d'accord que les colloques et les circulaires en faveur de la monarchie chrétienne, sans aucun modèle dans le passé, sans aucune définition dans le présent, sont absolument ridicules. Mais que tout ce qui est ridicule soit par cela même inoffensif, voilà ce que je ne puis admettre. En France, le ridicule tue, disait-on autrefois; aujourd'hui, c'est dilTérent; beaucoup de gens en vivent largement et fructueusement. Le mot est encore vrai
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pour rélite des esprits délicats et distingués; il n'esl nullement yrai pour tout le monde. Il est vrai pour quelques salons de Paris, il ne Test pas pourcerUiii comités et certains conciliabules de département.
J'ai fini. Habitué dès longtemps à garder le silence, je ne l'aurais jamais rompu par un vain désir de contention, mais il m'a paru que cette indifférence corn" mode irait jusqu'à l'excès, si elle me laissait désintéressé de la gloire d'un si vénérable ami. Je n'ai pu me faire cette violence. Devant tant d'injures, je nii pu refuser à Tliistorien ma reconnaissance, à son héros, le témoignage d'un dernier survivant parmi ses vieux compagnons d'armes. J'ai voulu encore une fois, avant de mourir à mon tour, embrasser mes vieux autels, ceux de Berryer et du P. Lacordaire, de M. de Montalembert et de M. Cochin, les autels de l'honneur, de la justice et de la vérité.
L'heure où nous sommes me rendait ce mouTement plus impérieux encore. En face de tant de mt naces et déjà de tant de ruines, un double et généreux effort est tenté à Rome et en France : à Rome où une politique de clairvoyance et d'apaisemen essaye de rétablir l'harmonie entre TÉglise et l'État harmonie si douce à l'Église, si nécessaire à la sociéti civile ; en France, où le vrai patriotisme s'efforce d frayer les voies à une monarchie libératrice. Il n'es pas un catholique éclairé qui n'assiste, anxieux, à c double effort; il n'est pas non plus un esprit just qui s'abuse sur les difficultés de ces deux entre prises, pas un qui ne sente que la sagesse n'y est pa moins indispensable que la fermeté, et qui ne se fass
L'ÉVÉQUE D'ORLÉANS ET L'ABBÉ LAGKANGE. 41 i
de\o1r, dans la mesure où il le peut, d^étudier obstacles pour aider à les vaincre. En y réfléchisit moi-même, j'ai senti se ranimer une conviction jà {tncieone; j'ai senti que Fobstacle le plus invinile à la réalisation de nos vœux ne vient pas uniquemt de nos ennemis, même les plus redoutables, vient aussi de ceux qu'on nous propose pour als, obstacle qui deviendra bientôt insurmontable, si ; alliés s'obstinent, bon gré mal gré, dans les idées ^lusives dont ils se glorifient aujourd'hui. Oui, un stacle insurmontable est là, dans ces anathèmes lessants qui s'adressent à l'Europe entière aussi m qu'à la France, dans cette aveugle apologie du >potisme sans frein qui serait bientôt notre partage, *, si le régime parlementaire était détruit selon leur i, il ne nous resterait plus que le régime turc pur simple, puisque les contrepoids à l'autorité du soudain, admis par l'ancien régime lui-même, n'exisitplus et ne peuvent pas ressusciter. Où retrouver lormais les trois ordres, les parlements, les charges ctives ou héréditaires, le droit de remontrance int Tenregistrement desédits royaux? J'en suisdonc ivaincu et je sens que je le serai jusqu'à mon derr soupir : l'obstacle invincible pour les cathoues et pour les conservateurs, la cause, pour eux, ine lamentable impopularité est là. Tant qu'on jrra nous croire solidaires de thèses ou plutôt de 'cries insensées, nos efforts religieux et politiques Tieureront stériles. La grande majorité des esprits France et en Europe, même des esprits que la perulion inclinerait vers nous, demeurera défiante.
hostile, absolument irréconciliable avec un idé dont la France garde et gardera Thorreûr au prix n'importe quelle épreuve. La Terreur n'a pÀ »m Louis XVllI. La Commune ne ramènera cepafs-ci à Léon XllI ni au comte de *Paris, tant qu'on posera derrière eux de telles arrière-pensées.
Notre devoir le plus pressant, à mon sens, n' donc pas de cacher ou de redouter certaines se rations; notre devoir le plus pressant est de nous dé gager de toute fausse solidarité par la netteté de no langage. Que chacun professe ses opinions comme l'entend, rien n'est plus simple, mais que ce ne soitpl que des opinions personnelles; que nos contradicieuRj n'entraînent plus dans leur témérité que les témérairesjp qui en comprennent bien la conséquence et l'acceptent^ Que les hommes sans autorité dans l'Église, le plus souvent sans compétence théologique, n'afTectentpta de parler en docteurs infaillibles ; qu'ils ne tranchent plus d'une façon absolue les questions les plus complexes et les plus délicates; qu'ils daignent s abaisserl à discuter comme de simples mortels ; qu'ils cessent' de dogmatiser, d'anathématiser, d'excommunier non | seulement leurs frères, mais au besoin leurs pasteurs;! que tout ce qui est en dissonance avec leur pensée tyrannique ne devienne plus, ipso facto^ hérétique ou suspect d'hérésie ; qu'en appuyant parfois leurs arguments sur des décisions et des définitions dont aucun catholique ne conteste l'autorité, ils ne les accommodent plus arrogamment à leurs préjugés et à leurs rancunes; qu'ils prennejit la peine de détinir l'erreur au lieu de lui prêter, àù hasard, des noms