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yans,
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LES LANGUES. li25
mêmes caractéristiques des quatre cas principaux, partout enfin l'on aperçoit le principe de la déclinaison faible, qui plie encore sous la règle générale, mais qui s'en affranchira pour se développer librement dans les dialectes germaniques (1).
Même ressemblance dans la manière de conjuguer. Rien n'égale la flexibilité du verbe sanscrit, qui compte trois voix, six modes, six temps, trois personnes avec trois nombres, en tout trois cents formes distinctes. Ce modèle s'altère; mais toutes les langues indo-européennes en retiennent quelques traits : toutes donnent les mêmes caractéristiques aux trois personnes. La forme du prétérit sanscrit se reproduit dans le grec, dans plusieurs verbes latins et dans la conjugaison forte du go-
(1) Les caractéristiques régulières du singulier masculin sont s pour le nominatif, s pour le génitif, une voyelle longue pour le datif, la nasale m ou n pour l'accusatif. Exemple :
Sanscrit.
Gothique.
Coir
iparez avec le latin
Nom. s.
sun us, fils,
sun us,
fruct us.
Gén.
sun ôs,
sun aus,
fruct ûs.
Dut.
sun avè,
sun au,
fruct ui.
Accus.
sun um,
sun u pou
r sun un,
fruct um.
La nasale n, dont la présence devient le principe de la déclinaison faible, paraît déjà dans le sanscrit.
En sanscrit.
En grec.
En latin.
En gothique.
Nama, nom, Nama n as, Sarma, heureux; Sarma n as.
pi$, nez; pÂlxc,, noir ;
homo; homi n is, sermo, sermo n is,
guma, homme, gumi ns.
h;rirlô, cœur.
hairli ns.
Deux règles sont communes à toutes les déclinaisons de la famille indo-européenne : 1° le neutre fait l'accusatif semblable au nominatif ; "I" le génitif et l'accusatif neutre sont semblables aux mêmes cas du masculin.
thiquc. Mais en même temps s'introduit en grec le procédé de la conjugaison faible, qui prévaut en latin, où il gouverne la plupart des verbes; il devient enfin la règle générale des idiomes du Nord. Ceux-ci ne connaissent déjà plus l'imparfait, l'aoriste, le plus-que-parfait, les deux futurs des langues classiques; ils perdront bientôt les flexions du duel et celles du passif; ils n'arriveront jusqu'à nous qu'après avoir dissipé, pour ainsi dire, leur part de l'héritage, dont ils auront à peine sauvé assez de débris pour faire reconnaître leur naissance et leur rang (1).
(1) Les caractéristiques régulières des personnes sont m pour la lre, s pour la 2e, t pour la 3a. Nulle part la ressemblance ne paraît plus frappante que dans le verbe être :
Présent indicatif.
Sanscrit.
Grec.
Latin.
Gothique.
Sing. lre pers.
Asmi,
sum,
im.
Asi,
ïaaiy
es,
is.
Asti,
ÏGTÎ,
est,
ist.
PlurA™
S m as,
57/AÉV,
sumus,
sijum.
Stha,
SffTÉ,
estis,
sijuth.
Sanli,
eiaî,
sunt,
sind.
Subjonctif.
Sanscrit.
Grec.
Latin.
Gothique.
Sing. lro pers.
Sjâm,
fiOjV,
sim,
sij an.
Sjâs,
sis,
sij aïs.
Sjât,
e'rjt
sit,
sij ai.
Plur. lre
Sjâma,
SlYJfJ.VJ,
simus,
sij aima.
Sjâta,
efvjTc,
sitis,
sij ailh.
Sjus,
elsv,
sint,
sij aina.
En ce qui touche la formation des temps du prétérit, on trouve premièrement les verbes qui ont le redoublement et le changement de voyelle. Sanscrit : tup, frapper; prétérit, iutôpa. Grec : tsu-vw, couper; Tércp-a. Latin : pango, pepigi. Gothique: slèpa, saislép. Secondement, ceux qui altèrent seulement la voyelle. Latin : capio, cepi; ago, agi. Gothique : giba, gab; standa, stoht. Troisièmement, ceux qui intercalent une consonne pour former une désinence. Grec: Xûw, XéXukoc. Latin : amo, amavi. Gothique : haba, habaida.
Le sanscrit a perdu plusieurs formes que des dialectes plus jeunes ont retenues (1). On est donc conduit à supposer l'existence d'une langue mère, qui aurait fait pour ainsi dire la première éducation de la race indo-européenne, lorsque, peu nombreuse encore, elle vivait sous le même ciel, avant que chaque peuple s'en détachât pour aller attendre à son poste les ordres de la Providence. Dans cette longue émigration, à travers tant de siècles et de périls, comment les hommes n'eussentils pas beaucoup oublié? Plus ils s'enfoncent du midi au septentrion et de l'est à l'ouest, plus les traditions s'obscurcissent dans les langues comme dans les mœurs. Ainsi le grec conserve plus de flexibilité que le latin, tandis que l'éclat et la régularité du gothique ne se reconnaissent pas chez l'anglo-saxon, perdu aux dernières extrémités de l'Occident.
Les langues germaniques se rattachent à celles Alphabet
* runique.
de l'Asie par un autre lien, par l'alphabet. On a longtemps douté que l'art d'écrire fût connu en Germanie. Tacite veut que l'écriture y soit restée « un secret ignoré des hommes comme des fem-
(1) En comparant le nombre des flexions que prend le verbe régulier dans divers idiomes indo-européens, j'en trouve environ 500 en sanscrit (sans compter les participes), à peu près autant dans le grec, 150 en latin, 40 en gothique, 25 enteutonique, 21 en Scandinave, 12 en anglo-saxon. Cependant, au subjonctif, le latin sint et le teutonique sijaina gardent la caractéristique n, qui disparait dans le sanscrit sjus.
mes (1). Mais en même temps il décrit les bâtons divinatoires, marqués de signes déterminés, dont les combinaisons servaient à faire connaître l'avenir ; il indique, sur les confins de la Germanie et de la Rhétie, des monuments couverts d'inscriptions en lettres grecques. C'est assez pour laisser soupçonner l'emploi d'une écriture savante, consacrée à des usages religieux, et dont les formes n'étaient pas sans ressemblance avec l'alphabet commun de la Grèce et de l'Italie. Plus tard, lorsque Ulphilas traduit la Bible dans la langue des Goths, il se sert de l'alphabet grec ; mais il y ajoute plusieurs lettres, qui n'ont d'analogues que dans les caractères appelés runiqxies. Ces caractères paraissent au sixième siècle chez les Francs, ensuite chez les Anglo-Saxons, les Saxons, les Scandinaves. Ils y sont liés aux opérations magiques, aux rites des sépultures, à tout ce qu'il y a de plus ancien dans les coutumes et dans les souvenirs (2). Odin lui-
(1) Tacite, Germania, 19 : « Litterarum sécréta viri pariter ac fœminse ignorant. » Cf. c. x et m. La question de l'existence de l'alphabet chez les Germains a été vidée dans le savant traité de W. Grimm : Die Deutsche Runen.
(2) W. Grimm [Deutsche Runen) a publié deux alphabets gothiques et plusieurs alphabets anglo-saxons, saxons, Scandinaves. A la fin du sixième siècle, le poète Fortunat, écrivant à son ami Flavus, le conjure de lui répondre en langue barbare, s'il ne veut le faire en latin :
Barbara fraxineis pingatur runa tabellis Quodque papyrus agit, virgula plana valet.
Rhabanus Maurus enrichit son traité de Inventione linguarum d'un
même est l'inventeur des runes, il les porte gravées sur la baguette mystérieuse qui donne la paix ou la guerre aux nations ; c'est lui qui en enseigna l'usage aux rois et aux sacrificateurs : de là ce système d'écriture sacrée connu par tout le Nord. Un chant anglo-saxon, d'origine païenne, mais qui a reçu des retouches chrétiennes, présente la série des runes, avec leurs noms et leurs sens, dans une suite de vers empreints de cette naïveté qui est le caractère des premiers âges.
F. Feoh, L'Argent. — L'Argent est la joie de l'homme. L'homme doit donc le répandre avec libéralité, s'il veut obtenir jugement favorable.
U. Ur, Le Bison. — Le Bison a la tête dure et les cornes
hautes. C'est la bête cruelle -qui combat les cornes en avant, frappant du pied dans le marais. C'est le plus fier des animaux.
Th. Thoni, L'Epine. — L'Epine est très-aiguë ; elle est dangereuse sous la main de l'homme ; elle est souverainement incommode à celui qui dort avec elle.