IT PRÉFACE
là, il n’y a pas, il ne peut y avoir de théologie. Ces chrétiens lèvent les épaules et sourient quand vous leur en parlez; c’est leur façon, à eux de paraphraser le mot qui accueillit Luther à son début: querelle de moines! querelle de moines! aujourd’hui, on dit de profes-. seurs. Et, cependant, ne vous y fiez pas. Sous cette confiance apparente se cache la plus absolue des désespérances. Pressez un de ces piétistes sobres d’esprit, ayant l’œil ouvert sur l’état des intelligences, et demandez-lui s’il espère donc réussir à ramener le monde à son système, à sa
pris dans cette acception. Au sein du pubiic religieux on désigne par piétistes des hommes plus zélés qu'avancés, disposés à recevoir, comme la manne, toute idée bizarre de quelque point de l’horizon qu’elle tombe, courant, sans lest et sans boussole, de çà, de là, et s’écriant: Le Christ est ici! il est là! croyant toujours avoir infailliblement trouvé la vérité absolue et changeant périodiquement de caprices il y a quelques années Pearsall Smith, puis l’armée du Salut, les guérisons par la prière, les cœurs purs... Plus cela change, plus c’est la même chose. Et grâce à une interprétation tout à fait arbitraire et fantastique, la Bible et Dieu sont rendus solidaires de ces agitations maladives. Bien des personnes déplorent tous ces travers exactement comme beaucoup d'excellents catholiques déplorent les pèlerinages de Lourdes et de La Salette. Mais comme tout cela passe pour l'opinion la plus pieuse, on garde le silence. C’est donc à juste titre que l’on peut rendre solidaire de cette agitation stérile, le public religieux, qui, par son attitude, laisse prendre la tête à sa queue.