‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 100 sur 134 · LES DEUX VOYAGEURS ET LE PARIAH · texte numérisé non relu

LES DEUX VOYAGEURS ET LE PARIAH

« Deux voyageurs, qui faisaient route ensemble, se prirent de dispute au carrefour d'un bois.

« — Ily a longtemps, disait l’un, que je serais arrivé sur les bords sacrés du Gange, si je ne m'étais embarrassé d’un compagnon tel que toi.

« — Quelle plaisanterie singulière ! répondait l'autre, ignores-tu donc que j'ai fait partie longtemps des coureurs du rajah du Maïssour ?

« — Je crois entendre la tortue défier le cerf, tes jambes ont bien dégénéré depuis cette époque.

« Lors tous deux, se défiant à la course, prirent

pour témoin un pariah qui coupait de l'herbe dansla forêt.

« Les deux voyageurs, ayant pris pour but un tamarinier qui se trouvait à cinq cents kalpas de distance, déposèrent leurs sacs abondamment pourvus de provisions de toute espèce et partirent en courant.

« Voyant cela, le pariah s’empara du précieux fardeau, et s'enfuit dans le plus profond du bois.

« Il faut toujours profiter des disputes qui s'élèvent entre les autres pour en retirer quelque bénéfice. |

« Accompagne toujours les pèlerins, les voyageurs, les dévots, et les hommes de guerre, il est rare qu’à leur suite tu ne trouves pas une bonne aubaine. »

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