‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 104 sur 134 · LE VOLEUR ET LE RAJAH · texte numérisé non relu

LE VOLEUR ET LE RAJAH

« Un voleur, célèbre par plus de cent tours, finit par se faire prendre, et allait être mis à mort,

. « Lorsque le rajah du Travencor, devant qui on l'avait conduit, lui dit : Je te fais grâce de la vie si tu me montres un voleur plus habile que toi.

« — Déliez-moi tout de suite, répond alors J’adroit compère, car ce n’est pas un seul, mais dix, mais cent, mais mille que je vais vous indiquer à l'instant.

« — Exécute-toi d’abord, fit le souverain, et je verrai si tu as mérité que je tienne ma prornesse.

« Alors le voleur lui nomma tous ses ministres,

tous les soubédars des provinces, et tous les thasildars des villages {.

« — Il a raison, fit aussitôt le rajah. Vite, qu'on rende la liberté à cethomme ; ces gens-là sont plus habiles que lui, puisqu'ils ne se sont pas laissé prendre.

« Sache que la vertu pour les hommes n’est qu’un manteau dont ils couvrent leurs vices, et que le plus vertueux n’est que le plus habile. »

1. Gouverneurs des provinces et chefs des villages chargés de récolter l'impôt.

Page 1