‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 109 sur 134 · LE MORT ET SON FILS AINÉ · texte numérisé non relu

LE MORT ET SON FILS AINÉ

« Un mort de la caste des vaysias s’en allait au bûcher, suivi par tous ses parents.

« En tête du cortége se trouvait le fils aîné, qui allait accomplir les cérémonies funéraires ; il se déchirait la poitrine et faisait retentir l'air de ses gémissements.

« Tout à coup un taureau en fureur se précipite sur les porteurs qui, remplis d’effroi, laissent tous là le mort et prennent la fuite.

« Dans la chute, celui que l’on croyait parti pour le séjour des ancêtres se réveille, et tout joyeux regagne sa Maison.

« À quelque temps de là l’envoyé de Yama! vint sérieusement cette fois frapper à sa porte, et le vaysia fut de nouveau couché sur le lit funéraire.

« En le conduisant au bûcher, son fils aîné donnait les marques du plus profond désespoir, et criait encore plus fort que la première fois.

« Apercevant tout à coup un troupeau de vaches qui paissait dans un champ, il cessa de gémir et cria aux porteurs : Prenez garde au taureau.

« Il y a quelque chose de plus faux que les prières des brahmes, la clémence des rois, l'intégrité des gens de finance, et la fidélité des femmes, ce sont les larmes des héritiers.

« Quand le cadavre d’un pariah est jeté dans la jungle, son fils ne pleure pas, car il sait qu'on ne lui laisse rien pour payer ses larmes. »

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