‹ Études indianistes (volume 2)Chapitre 18 sur 134 · M. Hovelacque · texte numérisé non relu

M. Hovelacque

v* siècle de notre ère. La période de l'arménien classique commence à cette époque. Mesrob créa alors l’alphabet arménien, qui procéderait avec l’alphabet géorgien, dit M. Frédéric Muller d’une forme sémitique, notamment de l'écriture araméenne. L'âge d'or de l’arménien dura sept cents ans environ, et ne prit fin qu’au commencement du xri° siècle. Sa littérature fut féconde, ses dialectes assez nombreux et l’un d'eux, celui de la province d’Ararat s’éleva bientôt à l’état de langue littéraire. Celle-ci, tout au contraire, a paru se fixer, et les dialectes actuels ne sont que des formes plus modernes des anciens dialectes... Parmi tous les idiomes néo-éraniens actuellement parlés, l'arménien est celui qui, par la conservation relative de ses formes, se rapproche le plus du type commun de toute la famille. Quant à son lexique, il contient comme celui de toutes les langues éraniennes modernes un nombre assez notable de mots étrangers... Mais le fond même du vocabulaire est bien éranien, comme l'est d’ailleurs la grammaire tout entière.

« L’arménien a été écrit jadis sinon d’une façon constante, au moins dans certains documents, en caractères cunéiformes. On a trouvé des inscriptions de cette espèce dans les ruines d’Armavir notam-

ment, non loin du mont Ararat. »

1£ nn LES TRADITIONS

De ceci nous retiendrons deux faits :

Le premier c’est que l’arménien, malgré les modifications que lui ont fait subir les siècles, et bien qu’il ait donné naissance à plusieurs dialectes, se rapproche même encore aujourd’hui tellement du type commun des vieilles langues de l'Iran et par le fond de son vocabulaire, et par sa grammaire, qu’il est impossible de méconnaître son origine indoue,

Le second, c’est que l’ancien arménien s’est écrit jadis en caractères cunéiformes.

Ceci vient au secours de l’opinion que nous venons d'émettre au sujet de lécriture primitive de toutes les langues asiatiques, écriture qui partout aurait débutée par les cunéiformes.

Il est intéressant de remarquer en parlant de ces caractères, à quel point leur étude démontre la logique des transformations progressives et parallèles à celles du langage dont nous avons parlé. Ainsi l’alphabet assyrien offre un mélange de caractères idéographiques et phonétiques qui indique une tentative de simplification des plus accentuées, c’est la marche de l'écriture, du signe idéographique pur au signe phonétique, mais le progrès ne se réalise complétement que dans l’alphabet iranien, qui, en restant cunéiforme, devient entièrement phonétique, c'est-à-dire n’exprimant plus que des sons.

Depuis longtemps les alphabets sanscrits avaient

subi cette tranformation, et arrivant à la combinaison des signes, avaient fait fléchir les barres ou lignes simples des cunéiformes et obtenu une écriture moins rudimentaire.

C’est par le même procédé que le zend, l’arménien et la plupart des autres langues iraniennes, abandonnèrent ou plutôt transformèrent le cunéiforme.

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