INVOCATION AUX CIEUX ET A L'EAU
« C’est par l’eau qui tombe sur la terre que le monde se conserve, la vie de tout ce qui existe est dans l’eau, sans elle l'univers et l’homme périraient.
« O pluie, c’est par ton secours que poussent les graines, les racines, les herbes et les fruits, dont toutes les créatures se nourrissent, et toi-même n’es-tu pas la boisson divine qui purifie notre sang ? Tu arroses notre corps comme tu arroses la terre.
« Le jour où l’eau disparaîtrait de ce monde, la désolation, la faim et la mort s’étendraient sur la terre, qui perdrait avec tous les êtres qui l’habitent la fécondité et la vie.
« Quand le soleil brûle le sol, le laboureur cesse de pousser ses bœufs puissants; il t’implore, car ton absence fait son désespoir.
« Alors, écoutant sa prière, Brahma ouvre les réservoirs des cieux, et tu viens consoler par ta présence ceux que ton absence a désolés.
« Si les vastes mers venaient à se tarir, si le soleil n'attirait plus les vapeurs, si les nuages ne se formaient plus aux cieux, on ne trouverait plus sur la terre une seule touffe d'herbe verte, et les animaux aquatiques aussi bien que les animaux terrestres et les oiseaux se dessécheraient sur les plages désertes.
« Si la plaine liquide se tarissait aux cieux, les dieux ne verraient plus monter jusqu’à eux la fumée des sacrifices, ils n’entendraient plus les hymnes sacrées que l’on chante en leur honneur.
« La prière, l’aumône et la pénitence déserteraient ce monde, la vertu et les bonnes actions qui réjouissent les dieux n'auraient plus de temples sur la terre.
« Dans l’eau, principe universel de vie, Ô Brahma, je reconnais ta puissance, sans elle rien ne serait possible ici-bas, ni la science, ni les austérités des pénitents, ni l’amour qui unit tous les êtres.
« Iln’y a pas un germe végétal ou animal qui puisse se développer sans eau, et c’est pour cela que je te dis, Ô Brahma: conserve-nous l’eau bienfaisante sans laquelle rien ne pourrait exister.
« Eau de qui émane la vie, donnez à nos chants votre pureté limpide, afin que chaque homme en les entendant soit tenté de venir s’abreuver à la source du devair., »