‹ Études indianistesChapitre 47 sur 122 · ARDJOUNA · texte numérisé non relu

ARDJOUNA

Ne pourrais-tu nous dire, 6 Christna, quel est ce fluide pur que nous avons reçu du Seigneur, et qui doit retourner à lui?

CHRISTNA

Uàme est le principe de vie dont la souvei*aîne sagesse 'est servie pour animer les corps. La matière est inerte

et périssable, l'âme pense et agit, et elle est immaHelle. De sa pens(^e naît la volonté, et delà volonté naîtraction. C'est par là que Tliomme est laplud parfaite des créatures terrestres, car il se meut librement dans la nature intellectuelle, sachant distinguer le vrai du faux, le juste de l'injuste, le bien du mal.

Cette connaissance intérieure, cette volonté qui se porte par le jugement vers ce qui la séduit, et se retire de ce qui lui déplaît, rend Tâme responsable de son action, responsable de son choix, et c'est pour cela que Dieu a établ: la récompense et le châtiment.

Quand Tàme suit la lumière éternelle et pure qui la guide, elle est naturellement portée vers-le bien.

Le mal, au contraire, triomphe quand elle oublie son origine et se laisse dominer par des influences extérieure»..

L'âme est immortelle, et elle doit retourner dans la grande âme dont elle est descendue ; mais comme elle a été donnée à l'homme pure de toute souillure, elle ne peut remonter au séjour céleste qu'après s'être puriûée de toutes les fautes que son union avec la matière lui a fait commettre.

ABDJOUNA

Comment s'opère cette purification ?

CHBISTNA

L'âme se purifie par un stage plus ou moins long, suivant ses fautes, dans les cioux inférieurs (enfers) ; la privation qui lui est imposée de se réunir au Grand-Tout est la plus grande souffrance qu'elle puisse ressentir, car son plus grand désir est de retourner à la source primitive et de s'absorber dans l'âme de tout ce qui existe.

ARDJOUNÂ

D'où vient l'imperfection de lame humaine, qui est une portion de la grande âme?

if

290 LA BIBLE DANS L'iNDB

CHRISTNA

L'âme n*est point imparfaite dans son essence pure, la lumière de ce sublime ahancara ne tire point d'elle-même son obscurité; s il existait dans la nature de Tâme un germe d*imperfect io, rien ne pourrait Tanéantir, et ce germe se développant, Ta me serait périssable et mortelle, ainsi que le corps. De sou union seule avec la matière naît son imperfection; mais cette imperfection n'atteint point son essence, car elle n'est point dans sa cause» qui est Tintelligence suprême, qui est Dieu

Nous devons, bien malgré nous, nous arrêter ici dans cette citation. La suite de cet entretien fournit à Christna l'occasion de s'élever jusqu'aux régions les plus ardues de la métaphysique, et ses raisonnements ne seraient parfaitement compris , croyons-nous, que par les gens qui ont voué leur vie à Tétude particulière et approfondie des sciences philosophiques.

Au surplus , ce simple aperçu suffit complètement à éclairer les conclusions que nous prétendons tirer de ;'œuvre du novateur indou.

En résumé :

Christna est venu prêcher à Tlnde :

L'immortalité de Tâme, le libre arbitre, c'est-à-dire la volonté et la liberté, la croyance au mérite et au démérite, au châtiment et â la récompense dans la vie future.

Il est venu apporter aux peuples :

La charité, Tamour du prochain, la dignité de soi-même, la pratique du bien pour le bien, et la foi dans la bonté inépuisable du Créateur.

Il a proscrit la vengeance, ordonné de rendre le bien pour le mal, consolé les faibles, soutenu les malheureux et les opprimés, confondu la tyrannie.

Il a vécu pauvre et aimé les pauvres.

IJ a vécu chaste et prescrit la chasteté.

Ce fut, nous ne craignons pps de le dire, la plus grande

QBNàSB INDOUB SDl

figure des temps anciens^ et le Christ, plus tard, s'inspira de son œuvre de régénération, comme Moïse s'était inspiré de celles de Manès et de Manou.

Quelques lignes encore, et nous aurons fini, trop briève^ ment peut-être, avec ce rédempteur, pour aborder le rôle joué par ses successeurs dans Tlnde, qui peu à peu oublie< ront les sublimes traditions du maître pour plonger la peuple, au profit de leur domination, dans un abrutissement et une dégradation morale qui rendirent possible le régne absorbant et despotique des théocraties antiques, issues, ainsi que nous l'avons va, du brahmanisme indou.

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