‹ Études indianistesChapitre 64 sur 122 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DBVANâOUT BT MABIB. — CHBISTKA BT LB CBBI8T.

I^ fils de Devanaguj, le rédempteur indou^ se nomme Ghristna! et plus tard ses disciples lui décernent le titré de lezeus!

Le fils de Marie, le rédempteur chrétien, se nomme Jésus, ou plutôt Jeosuah, et plus tard ses disciples lui décernent le titre de Christ.

Les deux mères des rédempteurs conçoivent par Topera* tion divine et restent vierges malgré leur maternité. De quel côté vient TinAuence? A qui peut être adressé le reproche d'imitation? Poser la question, c*estla résoudre.

Devanaguj et Ghristna sont antérieurs de trois mille ans au moins à Marie et au Christ; la vieille civilisation de rinde est née de cette incarnation; tous les livres sacrés, tous les ouvrages de morale, de philosophie, d'histoire et de poésie ont tenu à honneur de s*appujer sur elle. Supprimer Ghristna, ce serait supprimer llnde ancienne.

Marie et le Christ ne sont parvenus jusqu'à nous que par les récits légendaires des évangélistes, et bien que les faits prêtés à Vincarnation chrétienne aient été de nature à exciter au plus haut degré l'intérêt et la curiositi^ du

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siècle dans lequel ils se seraient passés, bien que cett» époque soit relativement assez rapprochée de nous, Thisioire et la tradition sont complètement muettes sur leur compte; rien, absolument rien, ne vient nous les révéler. Ni Suétone, ni Tacite» ni aucun des historiens latins ou grecs de ces temps ne firent mention des aventures extra* ordinaires prêtées à Jésus^ et cependant, il faut Tavouer^ Il j avait là de quoi fortement tenter la plume de ces écrivains.

Comment expliquer cet i^nanime silence f

Nous l'avons dit, c*est que toutes ces aventures sont apocryphes, c*est que Jésus passa presque isolé dans ce monde ancien qui ât peu attention à lui, et que c*est plustard seulement que ses disciples en ûrent un héros légen-^ daîre, en se servant des prophéties hébraïques inspiréea par rOrient, en empruntant à Christna sa morale et quelques-unes des particularités de sa vie parmi les moins sur» naturelles et les plus probables.

La tradition de la vierge«mère émanée de l'Inde est vulgaire dans tout Textrémo Orient, en Birmanie, en Chine et au Japon ; les apôtres n'ont fait que la recueillir ©t l'adapter à leur doctrine.

Il est un fait qui m'a toujours énormément frappé. A la iBuite de toust les livres sacrés des temps primitifs de l'Orient et de l'Egypte, la vieille tradition du Messie avait passé dans la loi hébraïque. Comment se fait-il, si les faits les^ plus importants de la vie de Jésus, si ses miracles ne son pas le résultat d'une invention postérieure, que les Jui£ paient refusé de reconnaître ce rédempteur qu'ils atten-^ daient si impatiemment, et qu'ils attendent encore au-jourd'hui?

Us étaient aveuglés par le dén\on, diront certaines gens. Eh! laissez donc là ce vieil argument, destiné à voiler la faiblesse de vos prétentions, et raisonnez, ne fût-ce qu'uft instant, si cela vous est possible.

ORIGINES IND0UB8 DB l'iDÉB OHRÉTIBNNB 359

Pensez-Yous sérieusement que les Juifs n'eussent pas acclamé Jésus» s'il eût réellement fait devant eux tous les miracles que lui prêtent les évangélistcs ?

Je suis persuadé pour ma part que ces prodiges n^enssent rencontré que fort peu d'incrédules, et que Jésus ne fût point mort sur la croix comme un tribun vulgaire» cherchant À soulever le peuple contre les autorités établies, car c'est ainsi que le considèrent les prêtres dlsraël.

Nous ne sommes plus à cette époque où le merveilleux semblait appartenir à Tordre naturel, où la foule s'agenouillait sans comprendre. Eh bien! qu'un homme se lève parmi nous, que pendant trois ans de sa vie il accumule miracle sur miracle, change l'eau en vin, nourrisse dix» quinze, vingt mille personnes avec cinq poissons et deux ou trois pains, ressuscite les morts, rende l'oule aux sourds, la vue aux aveugles» etc..., et vous verrez si pharisiens ou prêtres auront le pouvoir de le condamner comme infâme.

Mais il faudrait pour cela que le mort fût bien mort; il sentirait métne un peu mauvais, comme Lazare, que cela ne gâterait rien; que l'eau changée en vin fût bien de l'eau; que les aveugles et les sourds ne fussent point des complaisants; qu'enûn les sciences naturelles ou physiques n eussent rien de commun avec la chose.

Si les Juifs n'ont pas reconnu Jésus, c^est que le sublime prédicateur se contenta sans doute d'exposer sa morale et ile lui donner l'appui de ses exemples, de ses mœurs pures, qui durent faire tache au milieu de la corruption générale et soulever contre lui tous ceux qui dominaient et vivaient par cette corruption.

Avertis par sa mort, ses apôtres changèrent de tactique; comprenant qu'il fallait frapper la foule par des choses surnaturelles ; ils rajeunirent l'incaraation de Christna, et, gr&ce à cela, purent continuer avec succès l'œuvre à la* quelle le maître avait succombé*

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Do là, la conception de la vierge Marie et la divinité â« Christ.

Je ne prétends faire aucun rapprochement entre c*e« noips de Jésus ou Jeosuah et de lezeus, que les rédempteurs indou et chrétien portèrent tous deux.

Ainsi que nous Tavons vu» ces noms de Jésus, Jeosuah, Josias, Josué et Jéovah proviennent tous des deux mota sanscrits Zeus et lezeu, qui signiâent Fun TÊtre suprême, et l'autre ia Divine essence. Ces noms du reste furent communs non-seulement chez les Juifs, mais dans TGrient tout entier.

Il n'en est pas de même des noms de Christ et de Christna; là nous trouvons évidemment Timitation, la copie^ l'emprunt fait par les apôtres à Tincarnation indoue. Le fils de Marie, en naissant, ne reçut que le nom de Jésus, et ce n*est qu*aprôs sa mort qu'il fut appelé le Christ par les premiers ûdèles.

Ce mot n*est pas héhreu; â*où vient-il donc, si les .ipôtres ne se sont pas emparés du nom du fils de Devanaguy?

En sanscrit, Eristna ou naieux Christna signifie envoyé de Dieu, promis par Dieu, sacré.

Nous écrivons Christna plutât que Eristna, parce que le kh aspiré du sanscrit est philologiquement mieux rendu par notre ch, qui est lui aussi une aspiration, que par notre k simple. Nous sommes donc guidés en cela par une règle grammaticale, et non par Tenvie de faire des rapprochements.

Si ce nom sanscrit de Christna convient admirahlement à rincarnation indoue, il n'en saurait être de même pour rincarnation chrétienne, à moins qu*on n'admette la copie du nom, comme on a copié la morale et les actes.

Fera-t on venir ce nom de Christ du mot grec ^^toriç (Christos) ? Outre que la plupart des mots grecs sont du sanscrit presque pur, ce qui explique la ressemhlance, il

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resto encoi'6 à donner les motifs du choix de ce surnom grec à Jésus, qui, Juif de naissance» passa sa vie militante en Judée et mourut au milieu de ses compatriotes. Un surnom hébreu eût été seul compréhensible et logique. La seule vérité admissible est que ce nom de Christ fait partie du système complet adopté par les apôtres, et qui se ré* •ume ainsi : constitution de la société nouvelle sur le mo dèle de la primitive religion brahmanique.

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