‹ Études indianistesChapitre 99 sur 122 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ORiaiNES DE LA SOCIÉTÉ BRAHMANIQUE. — ARYA3. — RÉU- NION DES LIVRES ÉPAR8 DES VÉDAS. — ABRÉaÉ DE MANOU.— CULTE NOUVEAU, TRIMOURTI (TRINITÉ) BRAHMA, VISGHNOU, SIVA..

La société primitive que nous venons d*étudier, portait sans le savoir, dans son sein, un germe fatal qui devait la transformer et la conduire peu à peu, par la pente d'une civilisation brillante et par l'exploitation de l'idée de Dieu, à l'esclavage le plus honteux, à la démoralisation la plus complète sous le sceptre sacerdotal.

Lorsque la réunion de plusieurs familles ayant une commune origine, eut donné naissance à la tribu, à la peuplade; de môme que la solution de toutes les difficultés, de tous les différends purement civils^ furent confiés à une réunion de sages et de vieillards appelée conseil des aryas (en samscrit, prudents, excellents); les cérémonies du culte, les sacrifices, la garde des traditions sacrées sortirent également des attributions du père de famille; on commença à bâtir des temples pour la prière en commun, et on créa une caste spéciale, celle des brachmanaa ou serviteurs de Brahma, qui fut chargée de régler les cérémonies, d'y officier, et de prier Dieu pour tous. Le chef de chaque famille, de toutes ses fonctions sacerdotales, ne conserva que la direction du culte des ancêtres, et des cérémonies funéraires.

Combien de sombres ruines et de luttes fratricides eussent été évitées à l'humanité, si les sociétés naissantes se fussent contentées de se réunir par des liens purement civils, garan*

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^ LBS FILS BZ DOiiF.

tissant à chacun sa somme de liberté, de droits et de devoirs^ et laissant en dehors du pacte social, la liberté religieuse, la liberté de la conscience dont la réglementation ne devait aboutir qu'à créer des oligarchies théocratiques.

Si le père de famille fui resté le f rèttr du Dieu unique et du culte simple que nous connaissons, que de victimes épar- 1 gnées^ que de guerres sans objet; et nous ne serions point ' réduits encore aujourd'hui, après quinze ou vingt mille ans de préjugés et de supersCHioiiey à Inttev poor yinAôpwidanoe de la penoèe*

Qaelleapaciâqu6seoi»qa4idfr n'eut point fait la science^ si depuis des siècles, elle eut pu, comme de nos jours, se mouvoir en dehors de l'idée religieuse.

Nous ne suivrons point pas à pas les phases différentes parcourues à soq début par la première société sacerdotale qui ait été cooetituée dans- le monde» disons seulement qu'elle parut dignet pendant les premiers siècles de son existence, des fonctions fui lui avaient été dévolues, et de la confiance qu'elle iaspirait. Pendant longtemps le culte resta pur de toute superstition^ et le dieu servi par les brahmes, resta le dieu d'Adgigarla et de Soudama.

C'est à cette première période qu'il faut rapporter les splendides préceptes de morale et de philosophie, dont abonéent les védas et Manou^ qui continuaient les doctrines de Fàgo patriarcal.

Mais les hommes sont ainsi faits qu'ils ne peuvent se réunir en corporation, sans éprouver immédiatement le désir de tout attirer à eux, et l'égolsme collectif devient d'autant ]^Lus damgereux qu'il parait une vertu à ceux qui se rangent sous la bannière d'une idée, et saciiâent tout : sentiment de famille, patrie, individualitôy au succès de la secte dont ils sont meinbres*

Les brahmes épass dans les villages formant autant de sociétés indépendantes qu'il y avait de pagodes à desservir, ne tardèrent pas à se réunir, à. se discipliner, et grâce & l'empire qu'ils avaient acquis sur la peuple par leurs au&térités et leurs vertus, à s'emparer de la direction civile de l'Inde entière, et sous les noms d'aryas brahmes, d'ary as gourou et

l'ihds bȈhiiakique. 213

pcrochts, ils faveot àe véniàtÀf» aoaverains, dont rien ne vint, pendant plusieurs milliBrs d'a«inées, eontrebahmcer le pouii^r.

Les aryas brabnie» offieiaiewt dans l«i pagode».

Les aryae gcmrou iostrinsaient le peuple.

Les aryaspoodits rendamit la justice, leTaient les impôts, sdMûnistf aient.

Tous le» brahiMS passaient à tour de rôle chms ebacune de ces trois catégories , afin d'être également propres au service de l'autel, des écoles oa de Tadministration.

Un conseil supérieur de soixante brahmes pris dans les trois classes, réunissait dans ses mains, toutes les attributions religieuses ot civiles. Il était présidé par un chef pris dans son seio, à Télectioii^ qui était désigné sous le nom de brahmatma (en samscrit, la grande âme); et qui était vénéré par le peuple comme le représentant de Dieu sur la terre.

Nous aurons bientôt occasion de noi>s occuper de cette autorité, qui offire avec la papauté et d'autres institutioma de rOrient, de singuliers points de ressemblance.

Le qualificatif d'aryas (en samscrit, prudents, excellents, vertueux) appliqué aux brahmes, nous donne l'occasion de relever en passant, une des plus curieuses erreurs de l'orientalisme officiel qui a la prétention de substituer ses idées personnelles aux travaux des Indous sur leur propre histoire.

Suivant les théories d'écoles, les aryas seraient d'anciennes populations qui s'établirent dans Tlnde, ap#ès avoir soumis cette contrée par la force des armes. Cette opinion, nous le disons sans hésiter, a la même valeur que celle qui verrait dans les prmdenU (jurisconsultes romains) des conquérants de Rome. Toujours des inventions & la place de la réalité; on se répand en systèmes, en hypothèses, comme si l'on se trouvait en face d'une dvilisalion qui se fut éteinte saus laisser d'autres traces que des lambeaux d'inscripticM^s sur des tronçons de colonnes; on cherche à se signale^ar d'ingénieux aperçus, on ne recule devant rien, et comme ce per* sonnage de la fable qui prenait le nom duPiréepour celui d'un homme, on prend un adjectif, qualifiant une classe d'individus^ pour le nom d'un peuple, et potnr ne point i^ajr«

24i LES FILS DB DI£U«

réler en ua chemin aussi facile, on va jusqu'à faire Thistoire imaginaire de ce peuple tupposè,

Aryabrachmanaa,sigDiûe en samscrlt, illustre ou excellent brahme. Arya gourou, illustre maître, etc.. Le mot de arya est un simple qualificatif qui s'appliquait dans l'Indo, avant l'introduction des castes, aux hommes distingués par leur science, leur vertu ou leur position. Si on veut se faire une idée etacte de l'acception de ce mot, on n'a qu'à le prendre dans le sens que les Anglais donnent à leur mot d'honorable appliqué à un membre du parlement ou de l'aristocratie.

Il n'y a donc pas plus d'Aryas que d'Aryens au début de l'histoire de l'Inde, et nous défions les inventeurs de ce peuple fabuleux de baser leur opinion sur un seul texte sérieux, intelligemment traduit.

Nous ne sommes que juste en reconnaissant que cette première période dé la puissance brahmanique a brillé dans l'Inde d'un éclat sans pareil, et a légué au monde entier d'impérissables souvenirs.

Gouvernant des peuples peu nombreux encore dans ces immenses contrées de l'Indoustan, qui donnaient presque sans travail l'aisance à tous, se souvenant de l'origine de leur élévation qui provenait du choix libre des tribus, les prélres ne pouvaient songer de sitôt à abuser de leur puissance.

Les fragments littéraires que nous possédons sur cette époque, nous les montrent uniquement occupés de hautes sciences, d'astronomie, de mathématiques, de philosophie religieuse et de poésie; et l'on peut dire que dans ces deux dernières branches, ils arrivèrent en quelques siècles à une hauteur que ni les Grecs ni les modernes n'ont pu dépasser.

Voici un passage d'un discours adressé par le brahmatma Yati-RIchi aux brahmatchari ou élèves en théologie. Qu'on nous dise s'il serait possible aujourd'hui de formuler une morale plus pure dans un langage plus élevé. ^

t Un homme n'est pas vieux parce que sa tète grisonne, ce ne sont point les années, ni les cheveux blancs, ni les richesses

l'indb brahmanique. 2ïo

qui constituent une vie bien remplie devant le Seigneur : la connaissance de la sainte Écriture, la pratique des vertus enseignées par la conscience, qui est la voix de Brahma par* lant à sa créature, doivent être le seul souci de l'homme sur la terre. 0 vous, qui prétendez enseigner la sainte loi de Dieu à vos semblables, conformez votre vie aux régies suivantes, si vous voulez être respectés et entendre dire autour de vous :

— Celui-là est véritablement un serviteur de Brahma.

c Ayez toujours Tesprit pur, et le langage aussi pur que l'esprit I

€ Fuyez, quand vous vous adressez aux femmes, toute façon de parler qui pourrait blesser leur pudeur. Le prêtre qui fait naître des images voluptueuses dans l'imagination des femmes auxquelles il s'adresse, doit être chassé du temple, comme un empoisonneur de l'âme 1 ! 1 » (Il parait que cela arrivait déjàl)

c Le cœur de la femme est aussi délicat que les corolles du lys ou de la fleur du lotus, une fois souillé par d'indécents propos il ne retrouve plus sa fraîcheur. • — Lire à titre de comparaison dans le Gompendium théologique du révérend père Moullet, en usage dans tous les séminaires, les conseils donnés aux prêtres pour confesser les jeunes filles et les femmes mariées. Nous n'oserions pas citer, même en latin,

— Continuons notre citation.

« Fuyez tout honneur mondain comme du poison, soyez humbles de cœur; vous ne pouvez être dignes d'enseigner aux autres que si vous les dépassez en sagesse et en austérité de mœurs.

€ Maîtrisez tous vos penchants, de façon à les pouvoir diriger vers le bien ; il ne vous est point loisible de ne pratiquer la vertu que comme le commun de vos frères , et sachez que le brahme prêtre qui n'est pas «n exemple, est un scandale, i

Le brahmatma Yati-Richi, qui s'exprimait ainsi, est celuilà même dont nous avons déjà parlé, et dont la nomination fut consacrée par une observation astronomique, l'an 13300 avant notre ère.

Plus la vie des brahmes se rapprocha de ces sublimes

2i6 LBB FiLB J» mSXJ.

princlpas etplas, oale^oon^t, lev infliMiice dut gnendlr et fi'imposer facilamexift. -C'est dans raustéribé ébs fisam{d«B qu'ils doaoAiBDt à la foule, qu'il faut aller tbeoûiier^ ii'«tt doutons point» le flecrei du respect qu^s iAspnémnt méêk IndouB, qud aujBporiôreAt n^eadattt Aant de JÎàfijbe leur dMAirnatloou

U serait ixD|>06aLUd de aomlNrer ks BMaioBMrtf., les temples, les pagodes, que oeUâ épeque de ioi ardente éleira & la divimtéy oomme aussi d'iudif uar ftoiu des iiires, ioeiw les poèmes qui furent écrits en son honneur.

Dieu fut étudié, icha&té, eéilébsé |^r Aontes h» foxees ik^s derinteliigencel)ralamanlque : philoeofàie, «oianeeB, poésie, tout débutait et sa teroàinaii par uike ittTOcat»ii:à «on saint nom, ainsi que no«s l'avons éé^k dit, l'iliyjiime patriarcal «e contiBualL*.

Sans doute, au milieu de cette société nomreUe, il deraii as développer des ferments de dtseorde ; iieureux du pouvoir qu'on leur avait donné, lea diefs, parmi las bcafaoîkes, devaient s'inquiéter de le consûrver^ de l'asettrer oontre toai espèce de retour de la part dm q^eupie; mus il &eii8 est ùm^ possible de caradàciser, à toeiïîe distame, ht ir^vsSLaonimr^ rain qui se fit dans les eeftfitfi peodani une pédode <da près de deux inille amoées, «'eai-À-^dire da jeor où les prêtres se réunirent peu à peu en «orpotattitm^ jusqu'au seloment où, jouissant d'une infioortestaïUe avitariié, ils publièrent les védas, recueil de ioMitôs les prières et céréânoiiias anciennes» en j ijQtercala<kt les be&ies oéeessaires à leur do* mination.édictèrent, sous le nom de Manou (en saïascrit, le ^ sage législateur), un oode de lois noavellea, jwjeiant ttostes les coutumes anciennes d'^igalité, divisant le peuple eu castes « inslituani les brahjues maîtres dn ansnde:; el établi* rent ce dogme de la trimourti ou trinité de Dieu» duquei devait naître le polythéisme et les superstitions les plus monstrueuses.

Ce fut sous le brahmatma Yasicbta-Biohi, environ dMxe mille ans avant notre èr£^ que s'aoeosnplit cette révolution religieuse.

Lesvédas et JJaoou, raoueillis et iMdiiks dans l'espfît

l'ikob brahma^nioub. 217

%rftbfxifmiqae, forent dotmés eonme révélés ptr BrftiMtta kii'iBéme, et la peine de mort fat édictée oontré quiconque oserait douter de cette vérité.

Le culte au dieu unique cm Zeus Uvévélé, réservé aux prêtres, fut défendu «ax basses classes^ et tr«is teivples é^ âièB aux trois personnes de la Irîmourti : Brahma, Vischaou, âiva, ouTrîrent leurs portes à l'ttderation du peuple, et li fut permis de choisir celle des trois personnes de la triailé à laqoelle chacun préféndt rendre ses hommaffea.

Ajoutons, pour terminer Tensemble de ces réformes, qne chaque Indou dut porter, tatouée sur le front, la narqne de sa caste et c^le du diea auqad il s'était voué* Voici ces ces marques, dont nous allons donner le sens symbolique :

Signes indiquant Ja caste.

Caste brahme ou des prêtres A.

Cî»te des aryas ou xchatrlas, e'est-^k-dire des chefs. . /\ CSaste des vaysias, c'est-à^ire des marchands et cultivateurs \

Caste des soudras, c'est-à-dire des bas artisans et «r

des serviteurs JL

Signet imdiquani la iivimiU adorât par fludatL

Adorateurs do Zeus, le Dieu irrévélé; les brahmes

seuls, môme signe que celui de leur caste

Sectateurs de Brahma

Sectateurs de Vischnou

Sectateurs de Siva

Le solefl inscrit dans tm triangle est la figure de Zens, ou Dieu irrévélé, et les trois côtés du triangle, les trois personnes de ht trimourti ou trinlté; ce signe indique que les brahmes sont issus de IMeu; les deux côtés du triangle des aryas indiquent qu'ils se rapprochent des brahmes et tiennent d*eux leur autorité.

La barre transversale des vaysias indique qu'ils sont

soumis aux brahmes et aux aryas, et la perpendiculaire trois fois barrée des soudras témoigne de leur soumission aux trois autres castes supérieures.

Les signes religieux, à part celui des brahmes, qui est le môme que celui de la caste, et qui indique l'unité de Dieu dans la trinité, n'ont pas de sens figuré, ils font simplement connaître quelle est la personne de la trimourti qu'adore rindou porteur d'un de ses signes.

Chaque Indou était obligé de porter les deux marques de la caste et du culte, afin qu'à première vue on pût savoir quel était son rang dans la société.

Ainsi le double signe /^^ se lisait : aryas ou xchatrias,

adorateurs de Brahma^ et de même pour les autres...

De nos jours le signe de caste a disparu, mais telle a été la force de ce lien religieux que tous les Indous, à quelque classe qu'ils appartiennent, portent encore au front la marque du dieu qu'ils adorent.

Ainsi, ordre, sous peine de mort, de regarder les védas et Manou, tels qu'ils venaieat d'être codifiés et abrégés dans l'intérêt des brahmes^ comme la parole de Dieu révélée.

Le prêtre issu de Dieu I

Le peuple divisé en castes, et chaque homme marqué comme un animal , afin qu'il ne pût prendre, dans le troupeau, une autre place que celle qui lui avait été assignée!

Tout cela fut promulgué sous le pontificat du chef religieux Vasichta-Richi.

C'est avec raison que nous disions, il n'y a qu'un instant, que nous ne pouvions apprécier la marche des esprits pen* dant les deux mille années environ qui précédèrent cette ré* volution brahmanique, mais que nous constations en même temps que les brahmes avaient dû mettre ce temps à profit pour consolider leur influence. Il est évident, par ce fait, qu'aucun soulèvement n'eut lieu sous Vasichta contre Tautorité des prêtres , que les nouvelles mesures décrétées avaient déjà été habilement imposées par les brahmes au peuple, et qu'elles avaient passé depuis longtemps dans les

l'ikde brahmanique. 219

mœurs lorsqu'elles reçurent la consécration de la loi et une sanction pénale.

11 est également rationel, au point de vue historique, de croire que de pareils bouleversements sociaux ne se peuvent accomplir qu'avec Tappui des siècles.

Sous la haute et suprême direction du brahmatma, les brabmes furent divisés : en prêtres uniquement consacrés au culte, théologiens, en philosophes, historiens, mathématiciens, grammairiens, astronomes^ naturalistes et poètes. La science fut renfermée dans les pagodes, et il fut défendu, sous peine du rejet de la caste, et dans certains cas de la mort, d'initier aux sciences réservées aux brahmes les mem* bres des autres castes.

Le prêtre commençait à jouer son véritable rôle sur la terre, qui est de régner par Tignorance, la compression et le mystère.

Les aryas ou xchatrias, sous la suprême direction des brahmes, fournirent des guerriers pour la défense du nouvel ordre de choses et des fonctionnaires pour l'administration et la perception des impôts.

Un des premiers actes civils des brahmes fut de changer en un droit ûxe et de prélèvement forcé, les cadeaux et offrandes que le peuple leur faisait primitivement de plein gré. Ils établirent la taxe suivante :

f Sur les bestiaux, l'or et l'argent, la cinquantième partie est prélevée.

c Sur le riz, la huitième partie; sur tous les autres grains la sixième.

1 Sur la viande, le miel, le beurre, l'huile, la cinquième partie.

c Sur les arbres, les parfums, les plantes médicinales, les sucs végétaux, les fleurs, les racines, les fruits, le sel, les épices, les feuilles, les plantes potagères, l'herbe, le sirop de canne, les peaux, les toisons, les étoffes tissées, les vases de terre et de pierre, les métaux, la sixième partie.

« Les membres de la caste des soudras doivent deux jours de travail sur sept.

S50 liVS TUiS DE mEXJ.

1 Aticnn impôt ne peut, en aacfin <5fts, être préleyé qui appartient à un brahme. i (Mmam.)

On u6 dira pa« q«e les ^^VienMiaentB gaoerdotAox &• s'entendent point aux Idûi Àe fijoano» sans aa donner la peiAO àt fâiM d« longues éounkéraliona, €n quatre lOu «Inq articles BM plus, ils attimeai à «uk la aixiènie et la cinquième partit ée tontes ks ikhasses de ladM^ion. £t pour aaerurer à tout lamaâslenr domiiHation «ax les iMaes aolidâs de la propriété, les brakmes se rasticitaeat par cet arlîdô umque, ooaoJi boslb le nom de loi de Vaslefata.

c Les membres des basses castes ne sont qu'usufruitiers ' du sol, qui appariiâat aux hralunes seuls» et les xchatrias ae^ûyat propriétaires que de la portion qu'ils détiennent et que les brahmes leur ont concédée. >

Cette loi« qui a peut-être contribué le plus à étouffer llnde, fut un véritable coup de maître des brabmes et eut^ sans aucun doute, éternisé leur despotisme sans les Inva* aions étrangères qui se sont emparées de cette coiïtréei puisqu'elle existe encore au profit du gouvernement dans la plus grande partie du territoire soumis aux Anglais, et qu^elle tCa été rapportéej dam les possessions françaises, ^ue par un dicrel de 1856.

Les Indous ne sont donc propriétaires du sol qu'ils cultivent, dans nos possessions de llnde, que depuis quinze ou seize ansl(

Ainsi, dans la constitution de la société nouvelle, tout appartint au prôtreu tout releva de son autorité, ce n'*est que par licence que les autres hommes usent de la terre et vivent autour d'eux.

Écoutons le complaisant abrégé de Manon, réd^é par les brabmes , et indiquant sommairement la aituation et les dâvoirs des quatre castes.

€ Pour la propagation de la race liumaine, Dion prodtiîftt de sa bonche le bralrme, de son bras l'aryas, de sa coiese le vaysia, et de son pied le soudra...

c lasiruM ou igaanmi, un bralune est ima ditiniié poisfiante» de môme opM le feu, qa'il soit co&fiaficé aa omw eift um puissant dément.

< Ikmé d'unédttt pur, k feu n'^t p» sovllé même qmand il i)fùle les aaorts, et eela ne Yeaa^^bci» poinft de briller e&suite dans les sacariôees, quaad on répand siiir lui rhnide aainte ou le l»earre olariûé.

c Ainsi, lors même que les brahmes se livreraient aux aotes les plus vils, ils doireni eonâtemmcai éUct respectés, car ils ont en eux qiiel(}oe oboee de divin. »

(N'esUce pas la théorie romaine dans tonte sa pureté.)

c Si un arya se porte à des exoès dlnsol^iee envers lei brahmes, qu'un brahme ie {^àtie imadâdrategieat, caria zcbatria tire tout son pouvoir 4u brai^me.

< Des eaux procède le feu ; de la dasee 6a<^rdotale peacède la daase militaire, et de même que ie fer fi'êmonsw sur la pierre, le xchatria ne peut prévalmr oositare la brabme.

c Le bcalime peut prospéoer ftans Tarya, mais ie xchatria ne p^ii a'élever sans le brahma. £n s'urnssani tonAas deux, la classe sacerdotale et la classe militaire M*éiiè?mà dana ce monde et dans Taiitie.

t Les xchatdas doivent remettre fidèlement aux brahmes toutes les richesses qui soAt le prodjoit des im|»6t« et dea amendes légalea* t

(Au moyen âge, nos brahmes n'entendaient pas plaisanterie non plus sur la rentrée de la dime.)

c Se soumettre en tout aux volontés des brahmes, telle est la règle de conduite que les xchatrias doivent s'imposer. >

Voici maintenant les recommaadatiodEifi qui regardenÊ las commerçants et les hommes de la classe servile.

« Le vaysia, après avoir reçu les sacrements prescrits, —

252 LES FiLS DÉ DIBU.

baptême, — purification par la nourriture divine, — confirmation, — doit se marier et s'occuper avec soin de sa profession de marchand, et de l'entretien des bestiaux.

f En effet, le seigneur des créatures, après avoir produit les animaux utiles, en confia le soin au vaysia et plaça toute la race humaine sous la tutelle des prêtres, qui transmettent, quand bon leur semble, une partie de leur pouvoir aux xchatrias.

i Qu'il ne prenne jamais à un vaisya la fantaisie de dire : f — Je ne veux plus avoir soin des bestiaux. » — Il doit toujours être disposé à s'en occuper, et aucun autre homme d'une autre caste ne doit en prendre soin.

• Qu'il soit bien informé de la hausse et de la baisse du prix des pierres précieuses, des perles, du corail, du fer, des tissus, des parfums et des assaisonnements.

c Qu'il soit bien instruit de la manière dont il faut semer les graines, et des bonnes ou mauvaises qualités des terrains; qu'il connaisse aussi parfaitement le système complet des mesures et des poids.

c La bonté ou les défauts des marchandises, les avantages et les désavantages des différentes contrées, le bénéfice ou la perte probable sur la vente des objets, et les moyens d'augmenter le nombre des bestiaux.

c II doit connaître les gages qu'il faut donner aux domestiques et les idiomes vulgaires des basses classes, les meil leures précautions à prendre pour conserver les marchan« dises et tout ce qui concerne l'achat et la vente.

c Qu'il fasse les plus grands efforts pour augmenter sa fortune d'une manière loyale, et qu'il ait bien soin de donner de la nourriture à toutes les créatures animées.

c Une obéissance aveugle aux ordres des brahmes versés dans la connaissance de la sainte Écriture révélée et de toutes les sciences, et qui sont renommés entre toutes les créatures pour leur vertu, est le principal devoir de la caste des soudras, et procurera à ses membres la récompense eu l'autre vie.

i Un soudra pur de corps et d'esprit, humble, soumis aux volontés des classes supérieures, doux en son langage,

l'indb brahmamiqub. 253

exempt d*arrogance, et s'attacbaat principalement aux brah« mes, obtient une naissance plus relevée.

€ Telles sont les règles prescrites concernant la conduite des quatre classes... i

Il était impossible d'établir un gouvernement sacerdotal plus admirable. Au sommet^ les prêtres, maîtres de tout, puisque tout appartient à Dieu; puis les cbefs ou aryas gouvernant d'après leurs ordres, recevant d'eux l'onction et la puissance; puis les vaysias, marchands, négociants, cultivateurs, travaillant à enrichir l'État, à engraisser leurs saintetés brahmaniques; et enûn le soudra, esclave ou domestique de tout le monde.

Voilà quels furent les débuts de la société sacerdotale, les premiers pas du prôtre dans cette voie audacieuse d'absorption et de domination qu'il n'a plus quittée depuis.

Combien nous sommes loin de la société patriarcale que nous avons étudiée ; deux mille ans ont suiïï pour amener à kur apogée les plus mauvaises passions humaines, et créer une terrible plaie qui n'abandonnera plus les sociétés qui vont naître, qui les rongera malgré leur apparente splendeur et que nous nommerons :

La plaie des parasites.

Nous allons voir se développer, dans toute son infernale habileté, l'art de réduire l'homme par la superstition et le préjugé religieux à l'état de machine à travail et à production!

2M L» FILS 5« imxs.

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