‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 161 sur 334 · LES ÉPÎTRES · texte numérisé non relu

LES ÉPÎTRES

Le genre. Ses eondltlons. — Les épttres d'Horace« Tour personnel) il eanse avec des amis. Œnvre de matnrilé. Le satirique se tempère. — Bollean snit la tradition d'Horace.

~ L'épitre eut toujours des affinités avec la satire; mais elle a ceci de particulier qu'au lieu d'être anonyme et de traiter une thèse générale ou arbitraire, elle s'adresse d'ordinaire à une

personne déterminée, dont le caractère est connu du poète, et, par suite, exerce une influence directe sur les idées qu'il développe, ou le ton qu'il emploie. La première règle du genre est donc d'intéresser celui à qui la lettre (car c'en est une) semble destinée. Tel fut, du moins, l'exemple inauguré par Horace dans les pièces qu'il dédiait à ses amis ; elles sont une vraie correspondance tellement appropriée à chacun d'eux qu'on peut les distinguer par des traits individuels.

Bien qu'il goûtât fort la retraite, le favori de Mécène ne vécut pas en effet, comme Montaigne, en solitaire, dans la librairie de sa tour ronde, mais parmi des cercles auxquels il présidait, sans le vouloir, sinon sans le savoir. Aussi avait-il à qui parler, de près ou de loin ; et tout un cortège escorte cet arbitre des saines élégances, du savoir-vivre, de ces délicatesses qui sont la parure de l'honnête homme. Comment n'eût-il pas cultivé l'amitié, cette vertu épicurienne qui se mêle à toutes les peines pour les adoucir, à toutes les joies pour les aviver? Aux affections de la veille qu'il ne trahit jamais, et à celles du lendemain qui n'aliénèrent pas son indépendance, s'associèrent les respects dé toute une jeunesse patricienne dont il était le conseiller souriant. C'est ce dont témoignent ses Épîtres, sous lesquelles nous aimons à surprendre non seulement les mœurs de la société polie, la chronique des salons patriciens et les confidences d'un charmant esprit, mais aussi la physionomie des clients qui s'honoraient de son patronage. Ne croyez-vous pas entrevoir ici : dans Celsus, un important, faiseur de vers à la mode, coureur des lectures publiques, étourdissant le monde du bruit de son crédit, de sa fortune et de son talent; — dans Tibulle, un rêveur ennuyé, indolent, mélancolique, voluptueux, valétudinaire et condamné à mourir jeune; — dans Mécène, un protecteur dévoué, mais parfois un peu trop exigeant, contre lequel un poète franc du collier devait défendre sa liberté? Sans passer ici la revue des Plancus, des DelHus, des LoUius, des PoUion, des Salluste, des Grosphus, des Plotius ou des Sestius qui nous apparaissent çà et là, de profil et de face, il est certain que partout Horace cause avec un interlocuteur favori.

Ajoutons qu'en général ces entretiens sérieux furent chez lui

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