‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 239 sur 334 · M. E. Perricr, op. eit.^, p · texte numérisé non relu

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vidus, c'est-à-dire des espèces », c'est par des scrupules tout à fait dignes de la science positive : « Il n'y a aucune de nos définitions qui soit précise, déclare-t-il. . . . La nature ne connaît pas nos définitions.... Une bonne description et jamais de définition. — Il n'y a rien de bien défini que ce qui est exactement décrit. »

Le philosophe. Inflaences de Condlllae et de Deseartes. ftes lacunes. -- Le philosophe, malgré ses lacunes, n'est pas moins digne d'estime. Quand Buffon en vint à l'homme, on admira justement la finesse de ses réflexions sur les différents âges, sur le rôle des sens, et les ressources que leur doit la pensée. Bien que l'influence de Condillac se laisse apercevoir dans ses analyses alors si goûtées, elle lie va pourtant pas jusqu'au parti pris étroit où se trahit le vice d'une école. Non, Buffon revendique résolument les droits de l'esprit et l'initiative propre d'une raison indépendante de nos organes; il lance un défi tranquille au matérialisme grossier qu'Helvétius affichait sans pudeur. Son mépris tombe d'aplomb sur ces négateurs de l'âme humaine; il ne daigne pas même les nommer en les réfutant, ou plutôt en les condamnant de sa superbe indifférence. Dans cette élévation d'accent, on retrouve donc le cartésien, mais non sans regretter qu'il ne suive pas son maître jusqu'aux sommets de la métaphysique.

Descartes, en effet, ne s'arrête point à l'âme ; en elle il reconnaît son Auteur. Or, dans ce chapitre si fameux où Buffon met en scène le premier homme, s'éveillant au milieu de la création récente, et racontant l'histoire de ses naïves impressions, il est fâcheux qu'après avoir ainsi pris possession de l'existence par la .douceur des sensations délicieuses .qui l'émerveillent comme un enfant, ce nouveau-né d'une Providence si manifeste s'endorme voluptueusement, sans rendre aucune action de grâces au Père de toutes choses. Dans ce tableau, le penseur eût été vraiment un émule de Milton, s'il avait eu, comme lui, le sentiment religieux de l'adoration.

Disons toutefois que s'il n'a pas mis l'homme assez près de

la Divinité, il lui inspire toujours le respect de lui-même. Dans

l'introduction du quatrième volume (1753), lisez entre autres

es nobles discours où, comparant notre nature à celle des

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