II. — ÉTUDE LITTÉRAIRE SUR SA CORRESPONDANCE
Les métamorphoses dé Voltaire* Variété de goûts) H est tovloars fen et flamme* -^ Mais comment saisir l'insaisissable? L'universalité, ou l'ubiquité, ne sont-elles pas le trait essentiel d*un génie qui se renouvela sans cesse pour plaire à la tiation changeante dont il semble être l'image, par ses qualités comme par ses défauts? Est-il une classification dont le cadre soit assez large pour embrasser la variété des sujets qu'il aborde en cette correspondance où nous le voyons tour à tour poète, historien, romancier, polémiste, philosophe, publiciste j économiste, critique, grammairien, physicien, astronome, déiste, sceptique, enthousiaste, frondeur, misanthrope, philanthrope, courtisan, tribun, diplomate, grand seigneur, puis architecte, manufacturier, laboureur, berger, capucin même au besoin, en un mot toujours ondoyant, et prompt à toutes les métamorphoses? Ce qui n'étonne pas moins que cette rare souplesse, c'est l'ardeur d'une âme que tbiit objet enflamme, bien que nul ne suffise à la remplacer ou à la fixer. Amour, haine, plaisir, douleur, colère, toutes les impressions qui, pendant plus de ~ 'xante ans, se répercutèrent dans une imagination si mobile