‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 79 sur 334 · Cf< Chantelftiuet Portraits historiques^ op. cit · texte numérisé non relu

Cf< Chantelftiuet Portraits historiques^ op. cit

SES NARRATIONS ! GOMMYNES ET TACITE. lOi

€ à tout propos ont une loy au bec ou une hystoire > ; quand il constate qu'après Pecquigny, les deux rois se tinrent en paix : € Vray est qu'ils n'eurent plus de guerre {aussi la mer esioii entre eux deux) » ; quand il remarque : t En toutes façons une bataille perdue a tous jours grande queue, et mauvaise pour le perdant » ; ou encore quand il enregistre qu'à Montlhéry c du cousté du roy fouyt un homme d'Estat qui s'enfouyt jusques à Lusignan, sans repaistre, et du cousté du conte (de Charolais) ung autre homme du bien jusques au Quesnoy-le-Conte. Ces deux n'auoient garde de se mordre l'ung l'autre • ; enftn quand il raconte qu'on dépouilla le Téméraire mort, qu'il avait « veu maintes foys habiller et deshabiller en grant révérence et par grans personnaiges », ajoutant, avec une vilaine grimace, à propos de son cachet volé qu'il retrouve à Milan : c celluy qui lui osta luy fut mauvais varlet de chambre ».

Ses narrations. — Son pittoresque. — Ha psycholof^ie. •— CoDumynes et Taelte. — Cette ironie est le sel de ses narralions *. Il le verse à pleine main dans le chapitre xi du livre I : Comment les Bourguignons estant près de Paris, attendant la hataHlej cuydèrent des chardons qu'ils veirent que ce fussent lances debout. Il en assaisonne délicieusement toute cette fine comédie de Vhostevent (paravent) derrière lequel Louis XI a fait cacher Gommynes et le confident du duc de Bourgogne, tandis que lui-même < se vint seoir dessus ung escabeau rasibus du dit hostevent », et excitant, avec toutes les mines de Grippeminaud le bon apôtre, l'envoyé du connétable de Saint-Pol, qui persifle et singe le duc de Bourgogne, c rioyt fort et lui disoit qu'il parlast haut, et qu'il commençoit à devenir ung peu sourt; et qu'il le dist encores une foys ' ». Citons encore, pour faire pendant à cette scène de haute comédie, le récit de l'empereur Frédéric III aux ambassadeurs de Louis XI (1. IV, c. m), cet apologue de l'ours et des trois compagnons que La Fontaine n'a eu guère qu'à rimer pour en faire une de ses meilleures fables. Mais le chef-d'œuvre du genre est cette narration de la bataille de

1. On pourra noter d'autres traits de son ironie et de son esprit, dans les Extraits des chroniqueurs français (Hachette, op. cit.), p. 368, 370, 376, 380 .sqq., 385, 386, 410, etc.

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