‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 2)Chapitre 262 sur 337 · IV* PERIODE : LE CHEMIN DE DAMAS · texte numérisé non relu

IV* PERIODE : LE CHEMIN DE DAMAS

pour les fêtes qui suivirent la victoire de Fontenoy. L'opéra retouché est joué le 22 décembre 1745, sous le nouveau titre de Fêtes de Rnmire, et avec un succès qui achève d'aliéner au nouvel auteur le second de ses collaborateurs, mais commence à le lier avec le premier.

Ronsseaa secrétaire et poète de salon. — « L'Allée de Sylvie. » — « L'Eugagemeut téméraire. » — Bonsscaii jour» nalistet — « Le Persifleur. » — Cependant il vivait des émoluments de sa place de secrétaire en commun de Mme Dupin et de M. de Francueil, beau-fils de cette dame, faisant de la chimie avec le gendre et compilant pour l'usage de la belle-mère ou écrivant sous sa dictée. Il ne renonçait pas d'ailleurs à tenir la plume pour son compte, composant à Chenonceaux, chez M. de Francueil (automne de 1747), une de ses moins mauvaises pièces de vers, l'Allée de Sylvie, et son Eîigugement téméraire, la meilleure de ses comédies à nos yeux. Il ébauchait même avec Diderot — lui qui refusera plus tard la critique des livres au Journal des Savants, et n'envoyait jamais ses ouvrages à un journaliste — une revue littéraire intitulée le Persifleur. Il en rédige le premier et unique numéro et bientôt collabore à VEncyclopédie pour la musique.

Liaison joyeuse avec Diderot, Grimni et Marmontel. — Entre temps, il avait hé partie, et toujours grâce à la musique, avec de joyeux compagnons qui cherchaient comme lui à se pousser dans le monde et y firent un assez beau chemin, les uns « visant au solide », les autres à la gloire, sans négliger le plaisir. Marmontel, l'un d'eux, a beau dire, Rousseau était alors un assez gai compère, et, après leurs grandes « brouilicries », Grimm, qui en était un autre, regrettera toujours le Rousseau de la rue des Moineaux. Mais le chef de cette joyeuse bohème et celui qui aida à l'éruption du génie de Rousseau fut Diderot. Voici le fait : il ouvre la quatrième et grande période de la vie de notre auteur.

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