U 7 a de la délicatesse dans eet emploi du parfait
Voilà ce qu'il voulait obtenir. Aussi quel subit réveil du héros ^ I Quel transport enflammé ! C'est le lion qui se sent invincible.' N'en sourions pas'. Car ces élans sont le sublime de U tendresse dans la grandeur.
Sans épuiser notre sujet, nous le terminerons par un mot sur repiqué récit de la défaite des Maures*. C'est le chevaleresque bulletin d'un exploit raconté du même ton que ferait un Condé parlant de Rocroy, le soir même de sa victoire. Nous sommes ici bien loin de Théramène el de sa rhétorique. Quelle franchise I quelle sobriété de couleur ! comme tout parle aux yeux ! que de mouvement ! quelle énergie d'imagination, mais sachant se borner à l'essentiel I C'est le cas de répéter ce que Gicéron disait de Thucydide : sonat belHcum. On y entend comme le chant du clairon*.
C'est que le style de Corneille vaut ici ses caractères. Le goût a beau faire çà et là quelques réserves, blâmer parfois l'abus du raisonnement ou le luxe de Tanti thèse, la langue n'en est pas moins partout ce que Sainte-Beuve appelait « la pure moelle du lion ». Dans la Cid, cette sève ne tarit pas. Elle déborde avec une sorte de fougue qui sied bien à cette œuvre dont la virile jeunesse, l'essor spontané, la décision hardie et l'aisance supérieure furent l'avènement du génie prenant possession de son empire. De là ces accents tragiques et simples, ces traits sublimes et familiers, ces