‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 4)Chapitre 318 sur 344 · I. — FliMMi:S ET HOMMES DU MONDE · texte numérisé non relu

I. — FliMMi:S ET HOMMES DU MONDE

Salons parisiens da XVIir siècle et maîtresses de céans.

— Pendant tout le XYiii*^ siècle, et suivant la mode du xvii'-', la vie intellectuelle de la France, malgré sa puissante expansion à travers toute TEurope, garda pour centres quelques salons parisiens dont le ton et les hôtes étaient d'ailleurs très bigarrés, depuis le noble appartement du Palais Mazarin où Mlle de Scudéry, nonagénaire, venait personnifier aux yeux attentifs de la marquise de Lambert, maîtresse de céans, les traditions lointaines de l'Hôtel de Rambouillet, et résumait, dans ses Conversations morales, avec la bonne grâce indulgente d'une aïeule, tout un siècle de politesse, jusqu'à la chambrée politique de Mme Roland ', où Ton s'enivrait si éloquemment de la liberté

tous les stjles il n'j' avait guère que le grave dont on se pût servir en cette occasion, laquelle nous ayant rendus juges, me semble nous obliger à fuir, dans ce que Ion verrait de nous sur ce sujet, les mouvements et les ornements qui font toute l'éloquence de ceux qui attaquent ou qui défendent, et à conserver seulement la force de raisonnement et la netteté de l'expression, pour instruire plutôt que pour plaire; ce que je ne dis point pour maintenir bon ce que j'ai fait, si Son Eminence juge qu'il soit mauvais, mais simplement pour lui rendre raison des motifs que j'ai eus de le faire et pour en attendre son souverain jugement avec tout le respect que je lui dois comme à mon supérieur et maître en toutes choses. » P. 117.

1. Cf. E. Caro, la Fin du dix-huitième siècle, Paris, Hachette, 1881, 2- éd. Deux types de femmes de l'autre siècle : Mme du Deffand et Mme Roland.

Page 1