‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 4)Chapitre 51 sur 344 · VILLEHARDOUIN, HERODOTE ET J. CÉSAR · texte numérisé non relu

VILLEHARDOUIN, HERODOTE ET J. CÉSAR

laisses des trouvères, qui ne contribue à donner à sa chronique une allure épique. Mais insister sur ces ressemblances superficielles, ce serait s'exposer à rapprocher Villehardouin de cet Henri de Valenciennes qui lui fait suite, et qui se borna à dérimer une des gestes du cycle des croisades : or on ferait par là le plus grand tort à son originalité. Ce serait la méconnaître tout à fait que de persister à le rapprocher d'Hérodote, conformément à une tradition de la critique, qui est une erreur de perspective historique. Notre Hérodote — si l'on tient à ces rapprochements de noms, toujours plus intéressants que précis, mais consacrés, — c'est Joinville, ou mieux encore Froissart. Le chef-d'œuvre de l'antiquité auquel il faudrait comparer les mémoires de Villehardouin — pour la précision militaire du récit, pour la biuèveté impérieuse des harangues, pour la lucidité et reffacement discret, ou, comme on dit, pour l'objectivité de l'auteur, et, risquons le mot, pour l'atticisme relatif du style, et même pour Thabileté diplomatique des réticences, — n'est-ce pas les Commentaires de César? Hs sont nus, droits, élégants, disait Cicéron de ces derniers, et nous avons montré à quelles rései'ves près, mutatis mutandis, cet éloge s'appliquerait à la chronique de Villehardouin.

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