‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 141 sur 244 · OBAISÛN FUNÈBRE DE MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

OBAISÛN FUNÈBRE DE MARIE-THÉRÈSE

Ce spectacle du ciel entr'ouvert prépare la division qui va résumer Téloge : — n n'jf a rien gve d'augmte dans sa personne;— H n'y a rien que dt pur dans sa vie; tels sont les deux niotifs que Bossuet développera, le premier avec la noblesse qn'exige une solennité oRîcielle, le second avec l'onction d'un pasteur qui veut toucher des âmes, et la prudence d'une parole adroite à éviter les pièges de son sujet.

PrCMlère paHic. Il n'jr m rlea qne d'Aagaale d*as sa persttBne. — Avouons que ta première partie du panégyrique se prélait malaisément au ministère évangélique, et trahit quelque peu d'embarras. Nous oserons même dire, en dépit de Chateaubriand, qui prononce ici les noms d'Isaïe et d'Ezéchiel, qu'on sent trop les procédés oratoires dans cette fameuse apo- $trophe à l\le de la Conférence : « lie pacifique, ile éternellement mémorable où l'on vit se développer toutes les adresses et tous les secrets d'une politique si différente, oà l'un se donnait du poids par sa lenteur, et l'autre prenait de l'ascendant par sa pénétration,... fêles sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédictions, sacriltce, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies avec ces pompes funèbres, le comble des grandeurs avec leurs ruinesî > 11 y a là comme un air d'expédient, où se dénonce la gène d'une imagination qui s'excite h froid, et s'ingénie trop à grandir de petites circonstances. Nous en dirions même volontiers autant de cette autre figure de rhétorique : < Cesseï, {H'inces et potentats, de troubler par vos prétentions le projet de oe mariage. Que l'amour, qui semble aussi le vouloir troubler, cède lui-même! L'amour peut bien remuer le cœur des héros du monde,... mais il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois, à qui il ne peut inspirer des sentiments indignes de leur rang. ■ Signalons seulement dans ces derniers mots l'allusion faite à l'étoile pâlissante d'Henriette de Mancini, et l'analogie lointaine qui nous rappelle ces mots de Pauline disant k Sévère :

De quelque amant pour mot que mon Père eût fait choix, Quant k ce grand pouvoir que la valeur vous donne. Vous auriez ajouté l'éclat d'une couronne; Quand je vous aurai» vu, quand je l'aurais hal. J'en aurais soupiré, mais J'aurais obéi.

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Bassuet est plus à l'aise lorsqu'il aborde la louange directe de Louis SIV qui < apprit A la nation k se connaître... >, qui < foudroie les villes plutôt qu'il ne les assiège >, qui ■ transforme la France en une seule forteresse, montrant de tous côtés un front redoutable >, et c couvrant les mers de ses flottes victorieuses >. On retrouve en eS'et ici l'entente naturelle et l'afflnitè vraiment intime qui existait entre le prélat et le souveraia dont il dit : c La noblesse de ses expressions vient de celle de ses sentiments, et ses paroles précises sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées *. Cet enthousiasme part du cceur, et devient tout à fait lyrique dans ce mouvement célèbre : « Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté. Tu disais en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois, et les nations sont en proie. La légèreté de tes vaisseaux te donnait de la confiance; mais tu te verras attaqué dans tes murailles comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher parmi les rochers, et dans le nid où il partage son butin h ses petits, • Remarquons toutefois que Bossuet em'ichit ainsi l'indigence de sa matière, comme fit le Simonide de La Fontaine :

Le poète d'abord parla de son héros; Aprëa en avoir dit ce qu'il en pouvait dire, Il se jette il côlé.

En résumé, dans cette partie du discours, où il fallait montrer la reine auguste par ses aïeux, par son époux, par son fils

— le grand et médiocre Dauphin, qui a, lui aussi, son grain d'encens, — le rôle de Marie-Thérèse n'est pas moins effacé qu'il le fut dans l'État.

Deuxlènae yartle. Il a'f m Hen qae da par d«aa •» vie.

— Mais la seconde moitié de l'oraison lui appartiendra tout entière. Ici commence véritablement un sermon pratique.

Inatlérable pureté, ferveur pieuse et active, humilité dans la grandeur, délicatesse d'une conscience qui ne se pardonne pas les moindres oublis, renoncement et sacrifices d'un cœur aussi tendre que courageux à supporter les déplaisirs ou les mortelles angoisses * qui se cachent sous la pourpre >, fermeté dans les perles irréparables, accomplissement de tous les devoirs qui

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