‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 83 sur 244 · I. — Faits histobiques · texte numérisé non relu

I. — Faits histobiques

I«a éditions des PcBséett- — Il a fallu près de deux giècles pour que les Pensées de Pascal nous fussent données telles que les produisit sa. plume. La première édition, celle que Port- Royal fit paraître k la fln de 1669, ne fut qu'une copie très incomplète et très vicieuse d'un texte écrit sur de * petits morceaux de papier, enfilés en diverses liasses, nous dit Mme Périer, sans ordre et sans suite >, puis reportés et collés sur les feuillets d'un cahier qui forme aujourd'hui le manuscrit autographe de la Bibliothèque. nationale (n* 9202) Malgré les assurances d'une préface qui s'engageait à ne • rien ajouter ni changer •, Port-Royal se contenta de faire un choix parmi les notes les plus claires ou les plus achevées ; et le zèle janséniste ne se fil pas scrupule de modifier les mots, les tours, les phrases, de supprimer, de substituer, d'intercaler, de décomposer, de rapprocher arbitrairement les passages les plus étrangers les uns aux autres, d'adopter pour l'ensemble un ordre de pure fantaisie, enfm d'altérer le fond comme la forme.

L'édition de Condorcet (1776), tout aussi partiale dans on autre sens, ne fut pour l'école philosophique qu'une façon de planter son drapeau sur les Pensées comme sur une place conquise. Les notes qu'y ajouta Voltaire, deux ans après, ne firent qu'aggraver le mal; car nul commentateur ne pouTait moins convenir à un tel sujet. Aussi l'édition de Bossut panll^elle a propos, lorsqu'en 1779, sans être plus fidèle à la lettre de l'original, elle sut du moins respecter l'esprit, et remit Pascal h. son vrai point.

Les choses en restèrent là jusqu'au jour où M. Cousin commença l'enquête qui devait révéler le vrai Pascal. Ce signal fut compris; et, en 1844, M, Prosper Faugère, dépouillant tout le manuscrit primitif, s'assurait l'honneur d'être le premier k

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