‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 85 sur 244 · II. — ÉTUDE UTTÉBAIBE · texte numérisé non relu

II. — ÉTUDE UTTÉBAIBE

PUa da nonnmeiit. Esprit acleMliaqne. — Pour un géomètre, chez lequel l'extrême sensibilité devenait elle-même une extrême logique, la méthode étant de première importance, dégageons d'abord celle que s'est proposée cet impérieux esprit formé par la discipline des sciences exactes et naturelles. VEntretien de Pascal avec M. de Sacy sur Êpictête et Montaigne sera notre guide, comme pour Sainte-Beuve et Prevost-Paradol, et tous ses commentateurs de bonne foi ; car c'est la clef du livre.

Pascal prétend appliquer à l'apologie du dogme la méthode de l'expérience et de l'induction ; ou plutôt, il veut donner au christianisme, dans la science de l'homme, le rôle que joue l'hypothèse dans celle de la nature. Rassemblant un nombre imposant de faits psychologiques, dont nous ne pouvons nier l'eiistence, il tend k prouver que toute philosophie est impuissante à les expliquer, qu'une seule religion y réussit, qu'en dehors d'elle l'homme serait une énigme pour loi-même, par conséquent qu'elle est la vérité absolue ; car ses mystères sont l'unique solution de ces problèmes qui, sans elle, nous seraient inaccessibles. Il en est donc de la foi comme de la croyance à l'une des lois qui régissent le monde, l'attraction par exemple, que personne n'a pu voir ni toucher, mais dont la vertu n'en

le texie est le plus BCrupiiloDsem<;nl Hdèle el a éxé raproduit \B édition de M, Havet. — et leurs mérites respectifs, voir

el critigve dt la littérature française, par Kagâno Liatilbaci i, André^nédon), et la bibliographie ci-après.

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est pas moins évidenle, puisqu'elle seule nous fait comprendre le suprême ressort de l'univers, celui qui agit sur tous les corps, depuis le grain de sable jusqu'aux astres.

On voit par là comment Pascal est devenu moraliste. Faisant pour la théologie ce que Socrale fit pour la philosophie, c'est-àdire la fondant sur l'observation de l'àme humaine, il interrogea notre raison et notre volonté pour les convaincre toutes deux d'une inllnnitè native, qui les condamne l'une à ne rien savoir, et l'autre à ne rien pouvoir, malgré des ambitions qui attestent une origine toute divine. Plus sont étranges les contradictions qui éclatent chez l'être moral dont il sonde l'abîme, et plus sera vive la lumière qui sortira de ces obscurités. Car, après nous avoir confondus par le spectacle des contrariétés que ne sauraient concilier ni les stoïciens qui enivrent notre orgueil, ni les épicuriens qui nous dégradent, il nous montre dans le christianisme la seule issue qui reste à notre désespoir, en attendant que noua l'acceptions avec joie, comme une bienfaisante certitude.

En somme, l'auteur des Pensées se propose d'amener un homme à adhérer d'esprit et de cœur h la vérité de la religion chrétienne. De là deux ordres de preuves : les raisons proprement dites qui s'adressent à l'esprit seul, et celles oii le cœur parle aussi. Les raisons du premier ordre se réduisent à deux chefs principaux : d'abord les contradictions de notre nature morale que le dogme de la chute et de la rédemption explique seul; ensuite le fameUS pari. Les raisons du second ordre sont les preuves directes et indirectes de la vérité de la religion chrétienne, tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, des prophéties et des miracles, de l'histoire et surtout de la foi. Nous insisterons sur celles du premier ordre.

Sans analyser ce monologue sublime dont les accents sont brisés comme par les secousses d'une fièvre inlermittenle, résumons rapidement les principaux traits du tableau qui nous y représente l'âme humaine effrayée d'elle-mÈme.

PreaiIeiJp ordre de preuves t De l'indlICérenee des homnM Sur le proklèmc de lenr deatinée. — Le premier signe de notre misère est pour Pascal Vitidiférencé du plus grand nombre sur les questions redoutables que suscite la perspective d'une

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