Deuxième préface
6. • Le poison fut distille aiiiirès de la cliaml.ro de Cés.ir, el avec dos dro"
le crime fut résolu. Sénèque et Burrhus, qui n'en avaient pas connu le projet, continuèrent de servir César. Voilà les faits que l'histoire livre au poëte. Voyons le parti qu'il en a tiré.
L'émancipation de Néron et sa lutte avec Agrippine qui lui dispute le pouvoir, tel est le sujet de son drame. Racine suppose que, pour soutenir son crédit, elle médite d'unir Britannicus à Junie, sœur de Silanus qui descendait d'Auguste, et que Claude avait eu dessein de désigner comme son successeur. Par cet épouvantail, elle espère effrayer un ingrat, et reconquérir l'influence qui lui échappe. Mais ses calculs sont déjoués par Néron qui, pris d'une passion subite pour Junie, l'a t'ait enlever au milieu de la nuit. C'est par ce coup d'éclat que s'ouvre l'action.
Actel". Agrippine qui a devancé le jour, et attend impatiemment le réveil de Néron pour lui demander raison de cette violence, voit Burrhus sortir de la chambre impériale; elle prétend y pénétrer, elle aussi; mais introduits par une porte secrète, les deux consuls l'ont prévenue. Humiliée dans son orgueil, elle éclate en reproches contre le soldat
gués dont on avait éprouvé l'effet rapide. — Suivant la coutume, les fils des empereurs mangeaient avec les autres nobles de leur âge, en présence de leurs parents, aune table séparée, et servie avec moins de magnificence. Britannicus était à l'une de ces tables;( orun esclave de confiance éprouvait ses mets et sa boisson). Négliger cet usage, ou tuer à la fois Britannicus et son esclave, c'était faire l'aveu du crime. Voici l'expédient qu'on imagina. On présenta à Britannicus, après l'avoir goûté, un breuvage qui n'était pas empoisonné, mais tellement chaud qu'il ne put boire; et, pour le rafraîchir, on y versa de l'eau froide, saturée d'un poison qui agit sur le corps du prince avec une telle violence qu'il perdit à la fois la parole et la vie. — Les assistants s'épouvantent; les moins prudents se hâtent de fuir; mais ceux qui voyaieril m^eux les choses restent à leur place, les yeux fixés sur Néron (resistunl defixi, Neronem intuentes). Ct-lui-ci, à demi penché sur son lit, ne changea point d'attitude ; et, comme s'il n'avait rien su, il dit que c'était un accident ordinaire :i Britannicus, causé par l'épilepsie dont il était attaqué depuis l'enfance, et -qu'insensiblement la vie lui reviendrait. — Agrippine essaya vainement de tnaitriser l'expression de ses traits. Sa frayeur et l'abattement de son âme éclataient si visiblement qu'on ne pouvait douter qu'elle ne fût aussi étrangère au crime qu'Octavie, la sœur de Britannicus. Elle comprenait en efîet que Néron venait de lui enlever son dernier espoir, el que c'était îà un essai pour un parricide (parricidii exemplum intelligebat). Quant à Cctavie, quoique bien jeune encore, elle avait appris à renfermer en elle ses douleurs, ses tendresses, tous ses sentiments. Après un moment de silence, la gaieté ^" «cal; a se ranima. > Tacite.
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qui lui doit sa fortune, et en abuse pour séparer le fils et la mère. Tout en se justifiant avec respect et dignité, Burrhus lui laisse entendre qu'il serait prudent de ne point hâter sa disgrâce par des plaintes impolitiques. Tandis qu'il se retire, elle voit paraître l'amant de Junie, Britannicus, tout ému d'un attentat qui crie vengeance. D'un mot, elle lui fait comprendre qu'elle compatit à cette injure, et l'invite à se rendre chez Pallas. Mais le prince est retenu par Narcisse qui travaille à le perdre, tout en ayant l'air d'entrer dans ses ressentiments, et de se dévouer aux intérêts de »on amour.
Acte II. Averti par le traître, Néron qui vient de proscrire Pallas', fait confidence de sa passion naissante à l'espion qu'il a chargé de tendre des pièges à .sa victime. Avec un art perfide, Narcisse flatte des instincts impatients de se déchaîner ; il dissipe les derniers scrupules non de la conscience, mais de la peur, et lui en fait honte, comme d'une lâcheté. Or, Néron ne demande qu'à se laisser vaincre par le tentateur, ainsi que le prouve la scène suivante, où, déclarant à Junie ses impérieuses tendresses, il lui offre la place dOctavie, et exige qu'elle ôte tout espoir à Britannicus qui va venir. Bien qu'invisible, il sera présent à cette entrevue; et un mot, un geste, un soupir, un regard sera un arrêt de mort pour celui qu'elle ne doit plus aimer. Il faut bien, hélas! obéir à cet ordre. Mais ce silence même va révéler son cœur, sinon à Britannicus qui se croit trahi, du moins à Néron qui saura briser tout obstacle.
Acte III. Les alarmes de Burrhus qui se sent réduit à l'impuissance, la colère d'Agrippine prête à tout oser dans l'intérêt de son ambition, l'imprudence de Britannicus qui lui ouvre son âme devant Narcisse devenu maître d'un secret dont il sera le délateur : tels sont les préludes de la péripétie qui nous montre le jeune prince surpris par Néron, au moment même oij, tombant aux piods de .Tnnie, il reçoit d'elle les assurances de sa fidélité. Sa ficre attitude ne fait