‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 193 sur 411 · I. Faits historiques · texte numérisé non relu

I. Faits historiques

I,os Femmes Kav:)nte!« sont une suite des Précienses rîdieules. Les travers se reuipîacent, se répereuteiit. —

Dans la. Critique de l'École des femmes, en 1663, Molière faisait ainsi parler Dorante : « Ce seroit une chose plaisante à mettre sur le théâtre que leurs grimaces savantes, leur vicieuse coutume d'assassiner les gens de leurs ouvrages, leur friandise de louanges, leur trafic de réputation et leurs ligues offensives et défensives, aussi bien que leurs guerres d'esprit, et leurs combats de prose et de vers. » N'était-ce pas là montrer comme en lointaine per- ' spective les Femmes savantes, et tracer d'avance un léger crayon de cette comédie qui est une suite des Précieuses ridicules? Il y avait déjà treize ans que s'était engagée cette première escarmouche. N'ayant pas voulu s'attaquer de front à une coterie redoutable et distinguée ', Molière lança contre de maladroites et vulgaires imitatrices des traits qui atteignirent par ricochet l'espèce tout entière. Se tenant pour averties, ses victimes renoncèrent au jargon quinlesscncié ; mais, ne pouvant plus rafliner sur le sentiment, elles se mirent à déraisonner sur la science ; car un ridicule a la vie dure, (juand il a ses racines dans l'auiour-propre. On croit le mal détruit, et il ne fait que se transformer, ou, suivant l'expression médicale, se répercuter. C'est ainsi que, tout en gardant le goiit des fades madrigaux, les femmes à la mode, ou qui voulaient

1. Ce fui vers 160S que s'ouvrit la Chambre bleue il'Aitlicnice, à l'Iiùlel de Bamljo'jillet. Il n'en faut pas médire: car elle fui le bcrci-au de la sociélé polie. Mais si ces beaux ('sprlls d'clilc doiinfcrenl au langage plus de délicatesse, ou de pureté, ce cercle brillniit ne put échapper au travers des cuterics. Sur son mo lèle se formèrent des rueUex IjonrKcuises, des alcôves de province où l'on n'clait admis qu'à condilion de «onnaitrc le (la des clioses, le ijrand /in, le /in du fin. C'est à cette seconde génération de Précieuses que s'attaqua Molicro.

passer pour telles, se passionnèrent pour le grec sans savoir le lire, et pour la physique ou l'astronomie sans y rien comprendre ^ Les Tourbillons de Descartes faisaient alors tourner bien des têtes ^ : les Précieuses étaient devenues des Pédantes, et la petite pièce en prose qui ouvre la carrière du poète avait été le germe de la grande comédie en vers qui la ferme. Toutes deux procèdent du même dessein, et vont à la même fin.

Avec quelques changements, les personnages de la première purent se retrouver dans la seconde. Ghrysale est un autre Gorgibus dont les colères sont plus relevées. Sœurs de Cathos et de Madelon, Philaminte, Armande et Bélise se montrent également entichées de beau langage, travaillées du désir de briller, pleines d'admiration pour elles-mêmes, de dédain pour les autres, et engouées d'un sot qui recouvre un coquin méprisable. Trissotin est aussi lependantdeMascarille. Introducteur d'un impertinent digne d'être accueilli à bras ouverts par des pécores, il vient, comme lui, lire ses sottises rimées à des folles qui se pâment d'aise devant un fat. Martine elle-même, avec ses mots estropiés et ses phrases villageoises, rappelle cette Marotte qui n'a pas appris, comme ses maîtres, la fUofie dans le Grand Cyre, et demande qu'on lui parle chrétien. Quant à Glitandre et

1. La pédanterie devait tenir bon longtemps encore, comme l'atteste Boileau disant, vingt ans après, dans la satire sur les Femmes:

Qui s'offrira d'abord? Bon, c'est cette savante

Qu'estime Roberval, et que Sauveur fréquente.

D'où vient qu'elle a l'œil trouble, et le teint si terni ?

C'est que sur le calcul, dit-on, de Cassini,

Un astrolabe en main, elle a, dans sa gouttière,

A suivre Jupiter passé la nuit entière.

Gardons de la troubler. Sa science, je croi,

Aura pour s'occuper ce jour plus d'un emploi:

D'un nouveau microscope on doit, en sa présence,

Tantôt, chez Dalancé, faire l'expérience.

Puis d'une femme morte avec son embryon

Il faut, chez du Vernez, voir la dissection :

Rien n'échappe au regard de notre curieuse.

(.Sat. X.l

2. Dans leur engouement pour la science, les femmes restent femmes: elles suivent la mode; c'est un caprice de vanité; elles traitent l'élude comme une parure.

Heuriettc, ils sont esquissés, non pas dans les Précieuses^ mais dans la Critique de l' École des femmes, où ils se nomment Élise et Dorante. L'une, aussi franche que la fille cadette de Ghrysale, se moque des mines de Climène dont la pruderie voit des impuretés dans les plus innocentes syllabes. L'autre, comme l'amant d'Henriette, venge la Gourdes mépris de Lysidas, ce proche parent de Yadius. Bref, entre les victimes de ces deux satires il n'y a guère C{u'une différence, celle qui sépare des laquais travestis en hommes qualifiés, et deux auteurs qui déshonorent leur profession.

Froiiloiir du pultlie. Prt'vcnf ions. Sous Vailiiis et Trîssoiin, faut-il voir Mônajje et totîn. — L'œuvre parut au

Palais-Royal, le 11 mars 1672 '. Elle n'eut que dix-neuf représentations, et les neuf premières seules furent assez suivies. On dit même qu'avant l'audience des préventions hostiles la condamnèrent sur son titre, comme froide et languissante. Cette fois pourtant, Molière ne devait presque rien à ses devanciers -, et jamais son génie n'avait été plus fertile en ressources. Mais il est toujours périlleux de fronder une coterie, et les vanités furent d'autant plus ombrageuses que la malignité publique signala sous le masque des originaux contemporains. Je veux parler de Ménage et de Gotin que chacun nomma tout bas, en lace de Vadius et de Trissotin.

Pour ce qui est de Ménage, le cas peut rester douteux; car plus d'un savant eut alors le travers de piller les Grecs

1. Lp privili-go du Roy i-sl du 31 décembre 1670. La pièce fut impriméi' le 10 décembre 1672. L'édition fut livrée au public en 1673, h Paris, nu Palais, et ciiez Pierre Promé, sans dédicace, ni préface, un mois avant la mort de Molière, qui revit ios épreuves. Elle se vendit mal, et ne s'épuisa queciiKi ans |)lus tard.

2. Nous signalerons seulement quelques traits empruntés au h'idv.lc de Pierre de La Rivcy, par ex>'mple à la scène où une servante, nommée Rabillc, va trouver un pédant nommé Josse, qui épilogue sur ses fautes de langage. « Bauillc. Le seigneur Fidèle 8on<-i/s en la maison? — Josse. Fcmina prolcrva , rude, indocte, impérite, ignare, qui l'a enseigné h parler de cette façon'/ Fidèle est numcri sin- (julains, et sont numeri pluralis. — Bahim.k. Je n'ai point appris ces choses- là ; chacun sait ce qu'il a appris. — JossE. Sentence de Sénèque, au livre de Morihus: wnu« quisque BCit quod didicit. » Le personnage de Relise avait aussi été d'avance esquissé par l)i'sm.'irels ibns ses Vixionnaires. Enfin, quelques analogie» kilnlaincs rappellent deux pièces espagnoles : .V« badinez pas avec l'amnur, U* Caldcron, la Préêomplueuiie H la Belle d« Fernando de Xaral«i

et ]es Latins. Plus d'un écrivain ne vit son nom qu'une seule fois enchâssé dans les hémistiches de Boiieau. Quant à la scène qui, débutant par des louanges réciproques, finit par de mutuelles injures, ce n'était pas accident rare parmi lesrimeurs du temps; et la chronique mentionne plus d'une autre altercation de ce genre. Ajoutons que le maî*;re de Mme de Sévigné fut réputé pour son esprit, et que, loin d'avoir eu des torts envers Molière, il prit plus d'une fois son parti, non sans courage ', notamment lorsqu'il défendit les Femmes savantes contre la colère des salons. En effet, il eut le bon goût de louer la pièce et de ne pas s'y reconnaître ; un jour que Mme de Montausier lui disait : aQuoi! vous souffrirez que cet impertinent vous joue de la sorte, » il aurait répondu : « Madame, j'ai vu cette comédie; elle est parfaitementbelle, on n'y saurait trouver rien à critiquer. » Sur ce point donc, il estpermis d'hésiter; ou du moins, on voudrait croire à la sincérité de Molière qui nia publiquement toute intention de railler un galant homme ^.

Mais cette apologis ne doit pas s'étendre à l'abbé Cotin : d'abord, il est incontestable que, dans la pièce le personnage devait s'appeler Tricotin ■\ S'il reçut plus tard le nom de Trissotin, au lieu de réparer l'injure, ce travestissement ne fit que l'aggraver. Ensuite, sans parler d'une allusion évidemment faite au malheur qu'avait eu l'abbé de passer par les verges de Boiieau, sans redire après tant d'autres que la fameuse querelle du troisième acte est le souvenir d'une dispute semblable dont Go tin fut le héros, et qui éclata devant Mademoiselle, au palais du. Luxembourg, nul n'ignore que le sonnet sur la fièvre de la princesse Uranie, et le madrigal sur le carrosse Amarante sont textuellement empruntés aux œuvres du malencontreux

i. En voyant les Précieuses, il aurait dit: « Il nous faudra brûler ce que non? avons adoré, et adorer ce que nous avons brûlé. »

2. Dans un article du Mercure (12 mai 1672), Donneau de Visé le dit espressément: « Beaucoup de gens font des applications de cette comédie...; mais M. Molière s'en est suffisamment justifié par une harangue qu'il fît au public, deux jours avant la première représentation. »

3. Il donna un instant son nom à la pièce. Mme de Sévigné écrit, le 9 mai 1672; « Molière lira samedi soir au cardinal de Retz Trissotin, qui est une fort plaisante pièce. »

476 MoLIÉHE.

rimeur'. Il est donc manifeste qu'il figure ici en personne, lui et ses vers : procédé d'autant pkus blessant que les ridicules du bel esprit se compliquent des lâchetés d'un drôle K

Molière usa du droit de représaillrs, mais cruellement. — C'était aller trop loin. Mais il faut bien reconnaître que le poète usa du droit de représailles; car, dans sa Satire des Satires, rabl)é Gotin avait eu l'insolence de diffamer tout ensemble Boileau et Molière par les outrages que voici :

Despréaux, sans argent, crotté jusqu'à l'échiné,

S'en va clicrciier son pain de cuisine en cuisine.

Son Turkipin l'assiste; et, jouant de son nez,

Chez le sot campagnard gagne de bons dînes.

Despréaiix à ce jeu répond par sa grimace,

lit l'ait en bateleur cent tours de passe-passe.

Puis ensuite enivrés et de bruit et de vin,

L'un sur l'autre tombant renversent le festin.

On les promet tons deuv, quand ou lait clière entière,

Ainsi que l'on i)romet et Tarlulïe et Molière.

Depuis ces grossières invectives, sa malveillance avait encore essayé de persuader au duc de Monlausier (lu'il était joué sous Je couvert d'Alcestc. Tous ces griefs il eût été plus digne sans doute de les oublier; mais convenons qu'ils autorisoiont une revanche. Or, si elle fut cruelle, nul aujourd'liiii ne s'en plaindra, puisqu'elle nous vaut des scènes incomparables. Après tout, Aristophane se passa bien d'autres licences ; et, au dix-septième siècle même, on n'y regardait pas de si près '•. ISe soyons donc pas plus exigeants sur les bienséances que Louis XIV et l'élite de sa Cour.

La réputation de Cotin avait résisté, tant bien que mal,

1. Mcnapp va jusqu'à dire t|uc Molière (il acheter un dis iiabils de l'abbé, pour en revêtir l'acteur «liar^'é de son rOle. Nous ne croyons pas à celle impuilence. Il y a eu méprise. Alors, un poète et un abbé coureur de ruelles avaient à peu près le même costume.

2. Il est clair que Molière ne trace plus un portrait quand il peint le soupirant. Le poète seul est représenté d'après nature.

3. Dans VImpromplu de VemailluK, Molière avail injurieusement nommé lîoursault, sans que Louis XIV Trouvât le sourcil

aux épigramraes de Boileau; mais, i) demeura yraiment écrasé sous le coup porté paf Molière. Ce n'est pas qu'il en soit mort de chagrin, comme ou l'a prétendu : car il ne trépassa que dix ans après. Mais il dut se retirer du monde oii il ne pouvait plus figurer sans exciter la moquerie; et il n'eut pas même la consolation d'être oublié, malgré son silence, puisqu'il était voué pour jamais à l'immortalité du ridicule. C'est à peine si ison successeur à l'Académie ^, l'abbé de Dangeau, dit un mot de lui dans son discours de réception, et le Directeur de la Compagnie ne parla pas du défunt; mais un ami de Molière lui lit cette oraison funèbre :

Savez-vous en quoi Colin Diflëre de Trissolin ?

Cotin a uni ses jours, Trissolin vivia toujours.

IL Étude littéraire.

Comédie de mœurs. £■ action. Analyse du sujet. Sa Iogi<|ue. Le dénouement sort des caractères. — La

comédie à laquelle il méritait de donner son nom fut un retour à ce comique tempéré qui devait plaire à Boileau plus qu'au public. Quelques mots suffiront à l'analyse d'une action aussi simple que naturelle. C'est une satire dramatique du bel esprit, et des ravages que sa manie peut produire dans un ménage d'honnête bourgeoisie. Il s'agit d'une mère de famille qui, atteinte de cette contagion, s'est affolée d'un méchant poète, et veut, à toute force, lui donner sa fille en mariage. Le père qui l'a promise à un

1. Ses parents prétendirent que ses facultés baissaient, et voulurent le incltre en curatelle. Pour se défendre, il invita, dit-on, ses juges à l'entendre prêcher; et il parait qu'il gagna sa cause, comme Sophocle lisant Œdipe à Colone. Il n'était pourtant dépourvu ni d'esprit, ni de savoir. 11 entendait l'hébreu et le syriaque 11 pouvait réciter par cœur Homère et Platon. Il fit un charmant madrigal. Aumônier du roi depuis 1635, académicien depuis 1655, fort recherché des salons qui goûtaient sa paraphrase du Cantique des cantiques, il avait une haute estime de lui-même. «Mon chiffre, disait-il, se compose de deux G entrelacés (Cliarles Cotin), qui forment un cercle, ce qui, par un sens mystique, indique le rond de la terre que mes œuvres rempliront. »

li'jR Molière.

galant homme enrage d'une sottise qui révolte son bon sens et afflige son cœur. Mais ce chef nominal de la communauté est trop faible pour tenir tête au « drac^on j) dont il a peur. Aussi l'adorable Henriette courrait-elle risque d'être sacrilice à un faquin, si la Providence, sous les traits d'Ariste, ne venait, par un cou) de théâtre, sauver l'une et confondre l'autre. Pour ouvrir les yeux à une mère aveugle, il faut que l'oncle s'avise d'un expédient qui démontre l'indignité du choix où elle s'entête, et démasque un fripon convaincu d'être plus amoureux de la dot que de la tille. Gc dénouement est excellent; car il ne répugne point à la vraisemblance, et laisse à chacun son caractère. En capitulant, Philaminte cède aux circonstances, non à son mari. Chrysale triomphe d'être cniiu le maître quand on ne lui dispute plus rien, et d'enfoncer les portes une fois ouvertes. Trissotin porte la peine de son avarice hypocrite. Henriette et Clitandre ont la récompense d'un amour généreux, Armande et Bélise se voient punies de leur vanité parle bonheur d'une rivale. Les Fouines savantes sont du])cs sans être corrigées. Admirons donc avec quelle adresse Molière sut enrichir un sujet qui semblait indigent; car il n'y met en scène qu'un ridicule assez mince dans un cadre assez étroit, sans autre péi'il qu'un sot mariage s'opposant à une espérance d'union bien assortie. L'ensemble du tableau n'en est pas moins digne de figurer entre le Tartu/Je ci la Misanl/irope, comme un modèle moins intéressant que l'un, mais plus animé que l'autre, et dont la facture aussi correcte aue régulière les égale tous les deux *.

Les caractt^rcM. La cutcric. l*hàlainîn(e. L'ambition de doniiuer. — Sans le prouver par le détail des beautés plaisantes ([ui sont dans toutes les mémoires, passons en revue les caractères dont le conllit partage une famille en deux camps où se groupent, pour la lutte, des intérêts contraires.

Dans l'un d'eux commande Philaminte, escortée d'Ar-

I. CcUe pièce se dislitiKiio p.ir iiiic iqaifllô (]iii \\':i l'ii'ii ir.uinM'. K(olii)i'i! viiii.iil de se réconcilier avec Arni.iinlr. Hrjarl. Il y cul là jiour lui couniio une lunire de trêve, |>armi ses ennuis cl ses eouHrjucus»

mande et de Bélise. Toutes trois- étant affectées du même travers, on pouvait craindre un peii de monotonie ; mais, en conservant l'air de famille, Molière a su varier les nuances etdistinguerlesfigures par une expression très individuelle. Chacune d'elles a donc la physionomie propre, à commeiicer par Philaminte qui attire et retient surtout l'attention, parce qu'elle joue le principal rôle dans l'intrigue. Bien qu'elle ne paraisse qu'à la scène vi du deuxième acte, où elle éclate comme un ouragan contre la pauvre Martine et ses solécismes *, on reconnaît, dès cette première explosion, la maîtresse femme qui gouverne sa maison en despote, et mène son mari par le bout du nez ^. Si elle le prend de si haut avec le bonhomme Ghrysale, c'est qu'elle a foi dans sa propre supériorité : elle croit avoir sur lui les droits de l'esprit sur la matière. Voilà pourquoi elle est sèche, acariâtre, dure, hautaine et aussi méprisante que toute confite en douceur avec les beaux esprits qui flattent sa vanité. Mais les coquetteries qu'elle leur prodigue ne seront jamais une menace inquiétante pour la sécurité d'un mari trop débonnaire ; car elle n'est éprise que de doctes suffrages, et elle n'embrasse les gens que pour l'amour du grec. Sa vertu, elle la fait même payer assez cher à Ghrysale pour qu'il n'en doute pas. Son trait saillant, c'est l'ambition de dominer ; elle se trahit jusque dans son engouement pour la science; car elle voudrait régner sur un cercle de savants et de poètes, diriger une académie, lui imposer des statuts, régenter le langage comme Ghrysale, et proscrire les mots qui lui déplaisent, comme elle chasse Martine et tous ceux qui ne caressent pas son faible. Cet égoïsme d'amour-propre qui étouffe en elle la raison et presque le cœur n'exclut pourtant pas une sorte de dignité dont l'ascendant tient toute la

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