Acte III, scène iv. — Acte V, scène i
7. Rodripue dans mon cœur attaque encor mon père. Il l'aUaque, il lo presse, il cède, il se défend.
Ce doux et triste dialogue ne fait-il pas penser aux soupirs de Juliette et de Roméo? Est-ce se tromper que de dire: leur passion* montée! croît toujours. Si elle ne répétait Va-t'en^. ils ne pourraient se séparer.
Cette scène d'involontaire oubli n'est surpassée que par celle où Rodrigue, sous prétexte de faire ses adieux à GHimène, vient lui déclarer qu'il se fera vaincre et tuer*. Le dernier mot de ce tête-à-tête sera le pardon plein d'espoir*, auquel le coupable s'attend bien un peu lorsqu'il se présente ainsi, la tête haute, en plein jour, chez la fille de don Gormas. Oui, son cœur lui disait qu'on lui commanderait de vaincre et de vivre. N'est-ce pas le vœu secret que trahit ce premier cri : Tu vas mourir! Mais il feint de ne pas comprendre, jusqu'à ce qu'il ait obligé l'orgueill'euse à l'aveu que dérobe ou déguise sa fierté. Tant qu'elle se borne à ne piquer que son amour-propre", il s'obstine au sacrifice de sa vie; l'ironie glisse sur lui. C'est vainement aussi qu'elle l'attaque par le souci de la gloire; il fait encore l'insensible. Chimène le voit bien, elle en sait la cause ; alors , comme forcée dans ses derniers retranchements, l'heure devenant pressante, la peur de voir périr son amant étant plus forte que le soin même de sa dignité , elle se décide enfin à l'explosion qu'elle ne peut plus refouler :
Si jamais je t'aimai*, cher Roaiigue, en revanche, Défends-toi maintenant, pour m'ôter à don Sancha.
t. citons les traits qui marquent le sentiment.
Je ne t'accuse point, je pleure mes malheurs.... Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi,,,. Si tu m'offres ta tète, est-ce à moi de la prendre? Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre... , Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères!