I. — Faits historiques
Les devanciers. — Quelque temps après le Cid^ Corneille fixa son choix sur le sujet que lui offrait l'admirable récit où Tite-Live raconte le combat des Horaces et des Curiaces. En l'abordant, il rencontrait des devanciers. La plus ancienne des tragédies inspirées par cette légende est celle de l'Arétin ^, imprimée à Venise en 1546. Une autre, qui a pour titre l'Horace trigémine^ est française, et parut en 1596. -Composée par Pierre Loudun d'Aigaliers, et dédiée au duc de Joyeuse, elle a un double dénoûment, la grâce accordée au «sorricide», et la mort du roi Tullius foudroyé par les dieux qui veulent le punir d'avoir écartelé Metius Suffetius. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette pièce, c'est ce vers étrange :
Çà, çà, tue, tue, tue. — Çà, çà, çà, tue, tue, pif, paf '.
Le troisième Horace date de 1622, et appartient àLope de Véga''. Les personnages n'y sont que des héros de roman,
i. Le mot est de Mme de Sévigné.
' 2. VOrazia, la sœur d'Horace.