Aclc I, fcunc II
ne linit-elle pas cependant, elle aussi, par déposer les armes et se repentir, lorsqu'elle s'écrie :
Ma haine va mourir que j'ai crue immortelle; Elle est morte, et ce cœur devient sujet fidèle'?
Ajoutons seulement qu'elle nous trouve un peu incrédules- G'est.la faute de Corneille qui, jusqu'à la dernière scène, l'a montrée beaucoup trop insensible^ pour que ce dénoue ment semble vraisemblable.
Ciniia; le républicain et l'amant. Ses contradictions. — Ame damnée d'Emilie, Cinna nous est encore moins sympathique; car, si le fanatisme peut ne pas déshonorer un héros, lorsqu'il se sauve par un air de grandeur, la bassesse et la perfidie révoltent. Or, au moment où, pour empêcher une abdication qui rendrait à Rome la liberté, mais déroberait sa vengeance à une irréconciliable ennemie, s'il se jette aux pieds d'Auguste, et s'écrie :
Que l'amour du pays, que la pitié vous touche ; Votre Rome à genoux vous parle par ma bouche ',
cette hypocrisie n'est point d'un Brutus forcené. Dans cette scène, où il joue l'attendrissement, afin d'arracher à son bienfaiteur une résolution qui sera son arrêt de mort, nous ne reconnaissons que le désir de plaire à celle dont il attend une récompense. A plus forte raison s'indigne-t-on de le voir persister en son dessein, lorsque, cédant à ses instances, le prince lui donne la main de son amante.
Il est vrai que le beau feu du conspirateur ne tardera pas à tomber, quand il envisagera de sang-froid l'acte qui lui parut d'abord héroïque, et qu'il appelle bientôt un crime abominable. Si encore cette défaillance n'était qu'une sur