‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 67 sur 411 · Acte IV, scène m · texte numérisé non relu

Acte IV, scène m

ÉTUDE? LlTTlîaAlRES. I. — 10

Ikè CORNEILLE.

qu'il y a de trop aride en d'autres parties dont on pourrait condamner la dialectique subtile ou ingrate par ces vers de Boileau :

^ En vain vous étalez une scène savante :

Vos froids raisonnements ne feront qu'attiérlir Un spectateur toujours juiresseux dapplautlir, l'Jt (jui, des vains ei'foris de voire rliéloriciue Justement fatigué, s'endort, ou vous critique.

Tel est le travers d'Iîcrnrlms; mais il serait injuste d'y méconnaître les mérites d'une facture animée d'une sève toute cornélienne. Dans ses couleurs si chaudes et sa trempe si ferme, ce qui m'agrée surtout, c'est la simplicité de certains traits tout voisins du la~?'^ge familier. Ainsi, quand Léon li ne dit naturellement :

Vous êtes fille, Eudoxe, et vous avez parlé; Votre langue vous perd..,

laissons les puristes se récrier, et goijtons ces échappées qui ne font aucun tort aux fiertés d'un style viril. Ces négligences sont la grâce d'un maître chez lc([uel la grandeur s'associe toujours à je ne sais quel abandon naïf. On dirait un héros dont la noblesse native n'a pas besoin de vaine parure.

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l*r<'iiiier essai «lu druiiii^ r4iiiiiinlii|iie. — Do)l S(X7lche

d'Aragon est ujie do ces pièces ([unii ue lit guère, dont on ne parle pas, et qui pourtant méritent l'attention, ne fût-ce que pour avoir été le premier ess;ii du draiiir rnmaulique.

i/d ihéoiie du gcure se liouve du uiuin.s en gcime dans

VÈpître où Corneille dit expressément * : « S'il est vrai ([ue la crainte ne s'excite en nous que quand nous voyons souffrir nos semblables, et que leurs infortunes nous en font appréhender de paixilles, n'est-il pas vrai aussi qu'elle pourrait être excitée plus fortement par la vue des malheurs arrivés aux personnes de notre condition, à qui nous ressemblons tout à fait, que par l'image de ceux qui font trébucher de leurs trônes les grands monarques, avec qui nous n'avons aucun rapport qu'autant que nous sommes susceptibles des passions qui les ont jetés dans ce précipice : ce qui ne se rencontre pas toujours?» N'est-ce point le programme de cette révolution qui consiste à ne plus chercher au-dessus de nos têtes l'idéal de la terreur ou de la pitié, mais à le demander aux événements de la vie privée? Il est vrai d'ajouter que Corneille se fit illusion en estimant que don Sanche réalisait ces conditions : car il y a du sang royal dans les veines de son héros. Mais l'instinct d'un art nouveau n'en est pas moins sensible en cette tragi-comédie que nous allons brièvement analyser.

L'action. L orgueil ca»»tîllan, et l'instinet dt'inoera-

tique. — Elevé par un pauvre pêcheur dont il se croit le fils, Carlos s'est signalé par des prodiges de valeur accomplis au service d'Isabelle, la jeune reine de Gastille que le vœu public invite à se choisir un époux. Trois grands d'Espagne lui sont recommandés par les États du royaume : mais son cœur hésite à se prononcer; car il est engagé par d'autres sympathies qui se déclarent en cette occasion solennelle. Piquée du mépris que ses prétendants affectent pour la naissance obscure de Carlos, elle l'admet à siéger près d'eux en son conseil; et, séance tenante, elle le comble d'honneurs qui l'égalent aux premiers personnages de sa cour :

Eh bien ! seyez-vous donc, marquis de Sanlillane,

Comte de Pénaflel, gouverneur de Burgos.

Don Manrique, est-ce assez pour faire seoir Carlos «-

1. Cette dédicace e?t adressée à M. de Zuylichem, conseiller et secrétaire de monseigneur le Prince d'Orange. En 1651, en plein;' Fror.fie, il n'y avait plus guère d'argent qn'r> l'clranger.

Elle va même jusqu'à lui conférer, avec son anneau, le privilège d'élire par son suffrage celui qui sera bientôt, en l'épousant, le souverain de la Gastille:

Jo l'ail fait voiro égal; et, fnioiiiu"<iii son mutine, !>acliez qu'à pUisencor ma laveur le destine. Je veux qu'aujourd'hui même il puisse plus que moi : J'en ai fait un marquis ; je veux qu'il fasse un roi.

Marquis, prenez ma bague, et la donnez |)our marque Au plus digne des trois que j'en fasse un monarque '.

Alors, resté seul avec ses rivaux, Carlos leurparleainsi :

(louites.decet anneau dépend le diadème.

Il vaut 1)1 n un combat; vous avez tous du cœur,

Et je le garde

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