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3. Mondory. Lettre» dt lialzar, t. I, p. 4vo, 15 décembre 163r>.
'i. I.a pie«e fut rej.ru-sont'jo trois fis au Louvre, et deux fois à l'hôtel de nichcliou.
Rodrigue», mais, traduite dans toutes les langues de l'Europe , « hors l'esclavone et la turque * » , cette tragédie'fut imitée, comme un original, par les Esjiagnols euxmêmes qui en avaient conçu la première idée. Car en 1659, sous le titre de El Uonorador de su padre., il en parut à Madrid une version, dont l'auteur était don Juan Bautesta Diamante, que Voltaire, pour le dire en passant, crut bien à tort antérieur à Corneille. Ajoutons qu'heureuse de voif les passions et les caractères de sa chère patrie reproduits avec tant de puissance , Anne d'Autriche témoigna ses bonnes grâces au poëte, en donnant des lettres de noblesse à son père qui, depuis vingt ans, remplissait l'office de maître des eaux et forêts en la vicomte de Rouen.
Le lendemain du triomphe ; griefs du cardinal. — Ce fut donc un triomphe éclatant, mais dont le lendemain prouva que l'insulte fait souvent cortège à la gloire'. On sait en effet quelle cabale' s'insurgea contre un rival qui sortait de pair, et prétendit étouffer de ses clameurs l'explosion de l'applaudissement universel. Dans cette émeute de pamphlets écœurants, où l'envie est aggravée de sottise, ce qu'il y a de plus triste, c'est la complicité clandestine ou avouée du grand ministre qui, de loin ou de près, encouragea ce déchaînement d'une impuissante médiocrité. Sous ses rancunes se cachait la vanité du poète ; car il eut l'ambition de diriger souverainement les lettres comme les affaires ; et, ayant enrôlé Corneille dans le groupe des cinq auteurs * qui collaboraient aux pièces dont il avait lui-même tracé le plan, il ne lui pardonnait pas l'indépendance avec laquelle il s'affranchit plus d'une fois des cadres imposés, notamment lorsqu'il se permit de modifier le troisième acte des
1. Témoignage de Fontanelle. En Allemagne, traduit par Clauss (1655) e'. Grefllinger (1656), le Cid donna le signal de l'imitation française qui régna jusqu'à Lessing.
2. C'était une tragi-comédie, f On appelait ainsi, dit Geoffroy, un drame dont les acteurs étaient d'un rang distingué, et qui se terminait heureusement, ou bien celui dont la catastrophe était funeste, lorsque les acteurs étaient d'une classe commune. »