‹ Études morales et politiquesChapitre 2 sur 58 · Paris, Charpentier · texte numérisé non relu

Paris, Charpentier

niÉFAce.

l'Eglise catholique, troublée dans ses" intérêts temporels, ou menacée dans ses privilèges politiques, se défie des idées modernes, et n’a que des anathèmes pour ces principes de 1789, d’où le salut lui- viendra quelque jour. Il y a là un malentendu funeste, dont la religion ne souffre pas moins que la société. Rien, dans l’Évangile, ne justifie cette vaine terreur; le christianisme est tout à la fois la religion et la philosophie de la liberté. C’est pour combattre cette erreur, c’est pour faire cesser ce divorce fatal que je suis souvent revenu sur les institutions des États-Unis. L’Amérique, si mal jugée en France, nous donne le spectacle d’une démocratie féconde, qui se-réclame de l’Évangile, et fait du christianisme la condition essentielle de la liberté. Un peuple qui risque sa fortune pour rejeter loin de lui l’esclavage, c’est la plus grande chose que le dix-neuvième siècle aura vue. Voilà un exemple qu’il ne faut point laisser perdre, et que je signale à toutes les âmes pieuses, à tous les cœurs généreux qui ne veulent désespérer ni de Dieu ni de Eavenir.

Un recueil tel que celui-ci ne s’adresse qu’à un public peu nombreux, mais s’il y a dans ce volume quelques pages qui puissent raffermir une foi ébranlée ou ranimer un libéralisme éteint, j’aurai reçu le seul prix que j’ambitionne, j’aurai servi la cause à laquelle j’ai dévoué ma vie.

Taris, 20 juin 1862.

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