‹ Études morales sur l'antiquitéChapitre 34 sur 71 · De officiis, III · texte numérisé non relu

De officiis, III

103 LE PHILOSOPHE CÂRIVÉ.VDE A ROHK

justice et la sagesse, ne prenait point paiH^ comme on croit, contre la justice, n ne résolvait pas les problèmes et trouvait sans doute plus piquant de les livrer aux réflexions de ses auditeurs; mais sa morale ne manquait pas de délicatesse, car elle est de lui cette pensée admirée par Cicéron : c Si tu savais qu'il y eût en quelque endroit un serpent caché et qu'un homme qui n'en saurait rien et à la mort duquel tu gagnerais tùl sur le point de s'asseoir dessus, tu ferais mal de ne pas l'en empêcher; cependant tu aurais pu impunément ne pas l'en avertir. Qui t'accuserait *? » Cest donc inutilement dépenser sa sensibilité de dire que Gaméade, par son discours, dépravait les Romains, quand, au contraire, à des esprits uniquement occupés d'intérêts, soit privés soit publics, il offrait un texte irgénieux de réflexions morales et de salutaires perplexités.

On va donc trop loin quand on assure qu'en soulevant ces difficultés, en imaginant ces exemples et d'autres pareils qui mettaient en lumière la même contradiction, le philosophe s'était proposé de détruire dans les ûmes Tidée et le sentiment de la justice. « Garnéade, dit Quintilien*, en plaidant pour

Page 1