‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 25 sur 56 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

lie PaMié et l'ATcnlr.

Les ÎDStilutions politiques des Américains du Nord ont

I exercé sur le reste de rAmérique une influence fatale.

En m'ei^primant ainsi je ne juge pas ces institutions au point de vue du principe qu'elles représentent. Je constate

^ seulement qu'elles ont entraîné les peuples des deux Amériques dans une série d'expériences où ils n'ont recueilli

, que d'amers fruits. — Leur histoire , depuis le jour où ils

ont secoué le joug des métropoles, le démontre victorieusement à qui veut la consulter.

i^ Je n'entreprends pas non plus de décider si les colonies

espagnoles ont eu tort ou raison de prendre au pied de la

2 L^S ïïKVX AMKIUQCKS.

leltn* Texerople que lour avaient donné les rolonies an* glaises et de proclarocr, M^ aii^^i, leur affranchissement, les armes à la main.

Pour approfondir les causes de c<*$ soulèvements successifs du Nouveau-Monde contre les Klats europ^ns, il faudrait plus d'un volume de controverses sansjs^^ue et de discussions sans conclusion.

Kn tout cas on peut dins que toutes l(*s colonies du Nou- \eau-Monde, étaient loin d*av<>ir à faire valoir les cimhidérants qui ser\irent de Iki^> a l'acte d*indé()endanre '(tar ltH|nel les Américains du Nord prticlamérent leur S(>pa> ration d'avec TAnylelerre.

b.*H habitants de ce^ colon it*<, i<siis du même sang que ceux qu'ils ont .ip|N*lts leurs maîtres el leurn t\r.ins, étaient allé^ sVtablir dans n*^ p.i)s |M)ur y continuer et y dé\elt)p|M*r la |M}|iii(|(ie, le« moMirs, la religion, le cimimerce de leurs mélnqndt*^. Ils n'avaient pas à in\o>|uer, comm^ li*^ roli»nH an^'lii^, la \i>l;itinn d'un (Kicle Mirial. Ils nV^ tairnt p4^ n«»n plut fuutlé^ ni à vi\ ap^ieler a la |HiV4*^«i«in antérieure du «ul, m a rr\riitliqii»»r U* principe si lé^i* tiiue de la natiouahlé.

i.e «ol, iU l'avalent eux-nn'itie^ c^mquu sur tt«^ p(y|>iilatioii^ .iii< 4iiti«^ iiu di«|H'rM*i's et à qui m*ii1*>!i il vùi ap|artenu ib* l«î riM bm<'r iiu iitiiu dt U k»! nalurvlle.

1/uruiiie dt a rAtv%, je?» niulfiir^ di«» pavillm^ flitltantsur If» nW* du Nuu><<ju-Muii It*. \t*% Itiift rivil«*.%, ui(iral«*% oi riw

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LE PAS&É ET l'avenir. 3

tion enfin dont les gouvernements métropolitains oouvraieni, et avaient intérêt de couvrir leurs possessions américaines, répondaient assez du respect qui entourait le principe de la nationalité.

Peut-être n'y avait-il pas dans tous les rapports une ^alité suffisamment équitable. Mais l'oppression prétendue au nom 4o laquelle s'opérèrent les soulèven^ents qui arrachèrent violemment à l'Espagne et au Portugal les plus heaui fleurons de leurs couronnes, ne fut qu'un prétexte.

Il,

La cause véritable de ce besoin et de cet amour subit de l'indépendance a été l'exemple donné par les Etats de l'Amérique du Nord, dont la grande et rapide prospérité troubla les esprits, échauffa les cœurs, enflamma les ambitions d'un bout à l'autre du Nouveau-Monde.

Je le répète, je ne prétends point m'appesantir sur le point de départ. Voilà le fait de l'indépendance des colonies accompli; négligeons d'en savoir le pourquoi, et oublions les luttes sanglantes. Mais ce qu'on ne saurait méconnaître et passer sous silence, c'est l'influence positivement fatale que le triomphe éclatant des institutions républicaines et démocratiques de TUnion du Nord exerça sur le reste de l'Amérique.

Toutes ces nations nouvellement éeloaes, enthousiastes

i LES DEDX AHËHIQDES.

do développement si prodigieux de la république tMéraûve, aeciamôreni les mêmes principes, — en aveugles, — sans s'inquiéter de rechercher préalablement ù elles portaient dans leurs mœurs, dans leur origine, dans leurs antécédents politiques, les germes qui ont fait la fortune et la sécurité sociale des États-Unis.

Elles n'ont pas tardé à payer bien cher cette préeî[HlalioD et cette imprévoyance.

Je n'insisterai pas ici sur les phases 'déplorables qui ont marqué les diverses étapes des républiques américaines. L'histoire de chacune d'elles est un drame lugubre^ où le sang se mêle au ridicule quelquefois. Mais en Bn de compte, ce sont des Etats civilisés, intelligents, constitués en société sur des bases morales et sur des principes de source divine, qui oftt leur destinée à accomplir, leur rAle à jouer sur la grande scène humaine. C'est donc de leur avenir qu'il faut s'inquiéter désormais.

Cet avenir se présente soumis aux conditions et aux in- Auences qui dominent la politique générale des deux Amériques, et que je vais tidier de résumer.

Est-ce en persistant dans la voie funeste où elles sont entrées, depuis leur affranchissement, esi-ce en rompant avec un jeune passé dont le poids est déjà bien lourd à

LE PASSÉ ET l'avenir. 5

porter, que les républiques américaines du Ceulre et du Sudy parviendront à sauvegarder leur indépendance menaoée, et à prendre le rang auquel elles prétendent parmi les nations?

Telle est la question.

Pour moi je n'hésite pas à la résoudre négativement.

Voici sur quelles raisons je m'appuie :

Deux puissances considérables, et représentant des principes opposés, exeifient dans chacune des deux Amériques une influence prépondérante :

Dans l'Amérique du Nord, les État^Unis qui sont la plus haute et la plus complète expression de la démocratie organisée en république;

Dans l'Amérique du Sud, l'empire du Brésil, c'est-à-dire l'antipode du gouvernement des Etats du nord.

Tout ce qui vit et a essayé, depuis trente ans, de se constituer à côté de ces deux nations n'a représenté que désordre, anarchie, impuissance.

Il va sans dire que je ne tiens pas compte ici des vastes colonies anglaises du nord de l'Amérique, ni des colonies du sud, et que je ne parle en ce moment que des peuples qui, après avoir secoué le joug de la métropole, ont proclamé leur indépendance et ont revendiqué une nationalité qui, funeste à quelques-uns d'entre eux, ne l'a pas été moins à la civilisation.

Il résulte du déplorable spectacle qu'ont donné au monde toutes ces républiques improvisées, impatientes, révolutionnaires et toujours en révolutions, incapables de former ou de conserver un gouvernement et des lois; vivant au

6 LES DEUX AHiRlQUES.

jour le jour, dévoréos perles guerr» inieslinest et Uns cesse i la veille de devenir la proie l'UDe de l'autre, il résulte, dis-Je, de celle situation anormaiet quB ce^ peuples, san» règles et sans frein, son! destinés, dans un temps donné, à subir la pression îles deux seules puissances qui oni su s'éloTer ei se maintehir au rang de nations véHiablemenl sérieuses.

On peut même considérer comme une soi te de fait providentiel) que ces deux puisaencee d% se soient pas rencontrées dans les mêmes latitudes, et que ce vaste continent de l'Amériquet sépanS en deux parts immenses, leur ail, pour ainsi dire, réservé è chacune une mission distincte a remplir.

Au point de vue géographique et politique, les Etats- Unis et le Brésil sont en eiïet les maîtres, celui-ci du sud, ceux-li du nord de l'Amérique, et exercent sur les peuples qui les avoisinent une domination morale qui, évidemment, éveille en leur ambition l'arriêre-penséa d'une conquête future, — soit par l'envahissement, soit par l'épuisement successif de ces peuples eux-mêmes.

Je viens de direque, géographiquement et politiquement parlant, c'était li leur râle, — j'ajoute que ce rôle est forcé et naturellement tracé.

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Poliliquement :

Parce que tous ces peuples, désorganisés et aux abois , ou se rendent leurs tributaires, — comme le Mexique par exemple à l'égard des Etats-Unis ; — ou en appellent à leur médiation et à la force de leurs armesj domme l'Uruguay Ta fait récemment encoi*e vis-à-vis du Brésil, leur constituant ainsi des créances considérables^ ou leur donnant des droits énortbes qui plus lard justifient et légitiment les réclamations violentes des uns et les empiétements des autres à titre de services rendus.

Créanciers ou protecteurs^ les Etats-Utlis et le Brésil s'immiscent donc forcément dans les atTaires des peuplés leurs obligés, et s'établissent au cœur de leurs pays, avec un protêt à la main, ouiivec les preuves de secours invoqués.

Géographiquement :

Ils trouvent une excuse pour agir ainsi; car la plupart de ces Etats, déjà accablés sous le poids d'une politique qui les annihile, ont le tort ou le malheur d'être enclavés dans des territoires dont les limites semblent être les bornes naturelles des deux grandes puissances dont nous parlons.

Sous le rapport des résultats politiques, la question telle que je la pose» n'est douteuse pour personne. Sans remonter aux premières luttes et aux premières misères qui ont marqué la naissance de ces Etats, il suffit de rappeler quelques faits récents, des faits d'hier, pour ainsi dire. On verra la marche progressive des Etats-Unis et du Brésil vers cette domination inévitable que j'ose prédire et qui est dans la nature même des choses.

Les conséquences qui en découlent sont ùusiles i prèssentir. Quand je les aurai indiquées, on jugera également si les nations du vieux continent n'ont pas un intérêt dinct, preaaant, immédiat, à voir contrebalancer cette for- . nidable et alarmante puissance, se manifestant déjà, chaque joor^ avec plus d'éclat.

Les moyens d'arriver k ce but, je crois pouvoir les démontrer aussi. Ils sont dans l'étal d'infériorité et d'affaiblissement politique oà se trouvent ces divers peuples.

Hais ce qui, dès à présent, ne peut échapper à personne, et sera la conclusion finale de cet accroissement prodigieux «de l'influence du Brésil et des Etats-Unis sur les deux Amériques, c'est la diminution, dans l'avenir, du crédit européen au point de vue commercial et maritime.

C'est là, en effet, le côté le plus sérieux de cette quus-

L'bisloriqoe de l'agrandissement des Etats-Unis et des conquêtes oblenues par eux sur les territoires voisins du petit groupe d'Etats qui a formé le premier noyau de celle vaste Confédération, présente une suite de calculs extrêmement habiles, et révèle chez ce peuple en même temps que la conscience de sa supériorité, un esprit incontestable d'envahissement qui confirme pleinement mes assenions.

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Nous ne nous attacherons, bien entendu, qu'aux faits principaux.

Aux premiers temps de leur constitution, les Etats- Unis n'avaient qu'une mer qui baignât leurs côtes, l'Atlantique. A leurs pieds, pour ainsi dire, le golfe du Mexique leur échappait; et ils étaient séparés du Pacifiquepar des territoires qu'ils durent regarder plus d'une fois avec une inquiète ambition, jusqu'au jour où ils les comptèrent enfin au nombre des étoiles de leur drapeau.

La Louisiane et la Floride, la première colonie française, la seconde espagnole, interceptaient les communications directes des Etats-Unis avec le golfe du Mexique. Les Américains achetèrent la Floride et la Louisiane, et gagnèrent à cela, outre une satisfaction d'amour-propre et d'ambition, l'avantage d'avoir la libre jouissance de l'embouchure d'un des plus grands fleuves du monde, le Mississipi, et de posséder sur le golfe un port militaire important, Pensacola.

Par ce moyen, de l'extrémité nord de la Confédération jusqu'aux rivages du golfe du Mexique, le sol appartenait à l'Union américaine , qui s'arrêtait devant une limite imposée par la nature.

Etablis déjà sur l'Atlantique et sur le golfe, à l'est et au sud, il restait aux Etats-Unis à s'asseoir sur le Pacifique à l'ouest. La prise de possession du territoire de l'Orégon leur ouvrit cette nouvelle porte du commerce. Il est vrai que, resserré entre les frontières anglaises et la Californie, l'Orégon n'était, relativement à l'étendue du sol de l'Union sur l'Atlantique et sur le golfe, qu'un boyau de

10 Lis DKUX amKriqces.

lerra ; etau fond, cflUe conquête* longtemps disputée par la diplomatie, ne pouvait Être considérée que comme une étape provisoire.

Dès M moment déji, les Etal»^Unig avaient dft jater les yeux sur le CalilbriiiB dont on ne soupçonnait pai encore les richesKi immenses, mais qui offrait sur l'Océan Psci- &que dee ports et un déploiement de cOtei qui oompenseraient largement la stérilité de l'Or^n. C'éuil une question de temps, ou une affaire d'oocasioti. Ces projets ambitieux qui existèrent, à n'en pas douter, dans l'esprit des Am^icaînsdu nord* (urent ajournés.

Ils prirent, pour y arriver, un chemin détourné.

Sentant l'impossibilité, au moins pour le moment, de s'étendre du cAté du nord, en empiétant sur les colonies anglaises, et après une ou deux tentatives infructueuses dans ce sens, ils tournèrent tous les efforts de leur politique vers le sud.

Le Mexique devint l'objet de leur convoitise.

Une province îadépendaDte, le Texas, était l'obstacle qu'il fallait renverser ou surmonter pour que les Etats-Unis pussent agir plus directement sur le Mexique, dont le Teias était comme la garantie et le bouclier par sa neu- Iralilé. Hais réduit ides proportions minimes, enclavé

LE PASSÉ ET L'AVëNIH. 11

entre deux Etats étendus, impuissant à s'agrandir, et même peu prospère^ il était évidemment destiné à disparaître tôt ou tard, convoité par le Mexique ou par les Etats-Unis.

Par le Mexique, c'était difficile, il s'en était détaehé.

Les Etats-Unis s'emparèrent donc du Texas^ non point par la conquête, mais par une lente et laborieuse absorption, qui amena Fannexionde cette province à l'Union.

En apparence» le Mexique était respecté; un cours d'eau important, le Rio-Grande, formait la frontière naturelle qui devait le protéger. Mais la neutralité du Texas qui en faisait une sentinelle avancée pour l'indépendance et la sauvegarde du Mexique, disparaissait.

Un pareil acte ne pouvait donc s'accomplir sans que le Mexique réclamât au point de vue de son intégrité et de sa politique, comme au point de vue de ses propres intérêts.

C'est ce qui eut lieu.

De là des différends profonds entre les Etats-Unis et le Mexique ; de là aussi, en grande partie, cette guerre qui tourna tout à Tavantâge de l'Union, et qui lui valut la Californie et le territoire du Nouveau-Mexique.

Les Etats-Unis s'établissaient donc sur le Pacifique d'une manière complète et avec des chances d'avenir, que le hasard a rendues immédiatement splendides.

De ce moment, le Mexique a été entamé par les Etals- Unis. La frontière du Rio-Grande n'a pas servi a le protéger ; -^ les Etals-Unis sont entrés par une porte imprévue.

La guerre entre les deux républiques^ non-seulement a

13 LES DEUX AMËRIQUES,

'donné gain de cause à l'ambilioii de l'Union, nuis a prépare et décidé, pour ainsi dire, la ruine du Mexique.

La triste situaUon pécuniaire de ce paya, les troubles incessants qui l'ont dévoré et le dévorant encore, l'ont désigné naturellement pour être la proie des Etats-Unis. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la Mexique se débat contre ce que l'on appelle l'esprit américain ; mais il aura beau lutter, il succombera ; et rien au monde ne l'empêchera de succomber.

Ce dernier fait accompli, fait inévitable, j'y insiste, les Etals-Unis seront les maîtres dans l'Amérique du Nord, moins les possessions anglaises, et moins encore les cinq petits Etats qui forment la Confédération connue sous le nom d'Amérique centrale.

Sur les possessions anglaises, les Américains tenterontils quelque coup de main 7

Ce n'est pas présumable ; ils savent qu'ils échoueraient.

Arréleront-ils les yeux sur les cinq petits Etats de la Confédération centrale?

C'est indubitable.

Le Mexique est la route qui les y conduira; mais déjà ils ont jeté les fondements de leur domination future par le passage ouvert à travers le Nicaragua. Hfitons-nous

LE PASSÉ ET l'avenir. 13

d*ajouter que l'on peut les arrêter dans cette dernière conquête.

On comprend, sans qu'il soit besoin de longs déyeloppementSy quels seront les résultats immenses de cette toutepuissance d'un peuple qui occupera ainsi, en étendue, près des deux tiers du vaste territoire qui compose l'Amérique du Nord.

Sous le rapport matériel, c'est L'absorption complète du commerce avec ces pays opérée à son profit.

Au point de vue moral, c'est l'esprit américain, l'espril le plus subtil, le plus entreprenant, le plus audacieux qu'on puisse imaginer, qui dominera d'un bout à l'autre cette vaste confédération d'Etats, esprit étroitement homogène en dépit des quelques principes, au fond très-graves, qui paraissent les diviser.

Dans mes prévisions, basées sur des faits très-patents, l'Amérique du Nord serait donc, à un moment marqué, et peut-être plus prochain qu'on ne croit, interdite en quelque sorte à l'Europe.

Comment parer à ce mal dont se ressentiraient profondément le commerce et la navigation des principales puissances européennes?

En arrêtant les envahissements de l'Union et de l'esprit américain au seul point où il est possible encore de les combattre, aux frontières de l'Amérique centrale.

LES DEDX AMÉRIQUES.

Songer à combaltre l'influence des Etats-Unis suf le teste de rAttéHifue, en lui bpiMMni.Urt coin ii terre relstlvemeni aussi infinie que l'Amérique Mhlrale, c'est, dîn-ton, mordre uh géant au laloti, rien de plus.

Et d'abord, il ne faUl pas toujours, et dans tous les cas possibles, juger de l'itnportahce d'un pays el du rûle qu'il est appelé à jouer, en le mesurant au compas sur la carte.

A ce compte, si on la comparai! aux Etats-Unis, c'en sérail (ail tout de suite de l'Amérique centrale, et il n'y alitait pas lieu d'en parler.

Hais un paya s'élèrs et prend rang dans le mouvement du monde, en raison de son degré de civilisation, de sa force constitutive, de son autorité politique, de son organisation intérieure, de sa course dans le progrès, de sa prospérité commerciale, du développement de son industrie, enfin du respect qu'il sait inspirer au dehors.

Si TAmérique centrale est loin encore de satisfaire à ces oondilions d'existence el de nationalité, il Taui bien reconnaître, cependant, qu'elle occupe sur le continent américain une position géographique qui peut aider merveilleusement à ses destinées futures.

C'est précisément à cause de cette position que les Etats- Unis ont jeté en quelque sorte leur dévolu sur ces lerritoi-

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