‹ Études NapoléoniennesChapitre 97 sur 177 · Vandal, \apoléon el Alexandre I'', I, aai · texte numérisé non relu

Vandal, \apoléon el Alexandre I'', I, aai

l'armistice de SLOBODZIÉ 235-

amicales à l'égard de la France. Elle adressait à Sébastiani des notes comme celle-ci : « Il est plus clair que le soleil dans son méridien que jamais la Sublime Porte ne souffrira qu'il arrive le plus léger acte contraire à l'amitié envers les sujets de la France. » Ces affirmations sans cesse répétées n'étaient que langage diplomatique, que crainte de complications plus graves que toutes dont elle s'efforçait de détourner la 'pensée de Napoléon.

Car elle n'est pas dupe. Elle suit avec la plus terrible anxiété les prétentions grandissantes de la Russie; elle redoute que Napoléon ne soit obligé de s'y prêter. Le paclia de Bosnie déclare au consul David qu'il n'a pas d'espoir que la paix se fasse entre la Porte et la Russie : « Les Russes ne sont de bonne foi ni avec les Turcs ni avec les Français \ » En réalité, les musulmans ont perdu désormais toute foi en l'amitié delà France ; des bruits circulent parmi eux, dans tout le pays des Balkans, qu'une grande activité règne au quartier général de Marmont en Dalmatie, sur toute la côte adriatique ; que de nombreux officiers russes sont arrivés à Belgrade, se mêlent aux Serbes ; que sans doute la guerre éclatera au printemps ; que peut-être les armées françaises opéreront de concert avec les armées russes, et que ce sera la fin de la Turquie. Ils apportent à ces réflexions leur résignation fataliste ; ils pensent n'avoir d'autre chance de salut qu'à ne pas attirer sur eux la colère de Napoléon ; ils ont remis leur sort entre ses mains : leur confiance n'était pas très bien placée.

A partir du mois de novembre 1807, la Turquie semble^ n'être plus qu'un jouet entre l'empereur Alexandre et l'empereur Napoléon, un élément de leurs combinaisons diplomatiques, et il s'en fallut de peu que'le problème oriental ne reçût une solution radicale. Du moins ce fut une conviction unanime.

Le 18 novembre, le tsar demanda officiellement à Napoléon le droit de conserver les Principautés. Le masque enfin, était jeté ; depuis Tilsit, les négociations entretenues entre la Russie et la Porte n'avaient été qu'une comédie. Dès le-

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