ROUER
Ce triens est indubitablement normand; mais je ne sais trop dans
(1) Revfie num,, 1840, pi. VII, n» 14.
(3) M. de Longpérier a donné à Sulniac, diocèse de Vannes , un triens portant Silaniaco. Cette monnaie n'a aucun des caractères de celles de'ces contrées, et il en existe une, décorée du mdme nom , frappée évidenunent aux environs de Briou et d'Ambemac.
quel diocèse le ranger. Ce sera le fait des nomismatistes de la proYince.
+BODRIGÂSONO. Croix ancrée sur un degré, ornée de deux appendices dont il est peu aisé de déterminer la nature. — - K/. DOBALO. M., ou Molabod, ou encore Olabod M. Croix surmontée d'un globe et posée sur un piédestal triangulaire, à rinstar de celle de certaines pièces de Rouen de la fin do la période mérovingienne. Cette particularité me porte à croire que notre triens a été fabriqué dans la partie nord de ce diocèse, à la fin du vue siècle.
(PI. I, n» 29.)
PARIS
Lât. — .L'A'IDIOS. Err+. Tête barbare tournée à droite. — n?. YITALL MON. Croix ancrée cantonnée d'un point. Poids : 24 grains. (PI. I, n" 30.)
Lay est un Tillage situé près de Sceaux.
Triens des dernières années du yn* siècle.
Palaismtt. — + PALACIOLO. Croix inscrite dans un cercle. — iv- DOAADLINO. Croix ancrée au-dessus de deux degrés. Poids : 24 grains. (PI. I, n» 31.)
Premières années du nxv sftcle.
Ce tiers de son a été trouvé en 1853 à Dompierre, près Napoléon- Vendée, où Ton vient de découvrir de si curieuses antiquités galloromaines, entre autres un cimetière rempli d'urnes funéraires.
EssoiviŒ. — EXSONA Buste diadème tourné à droite. — iV-
EBBONE Croix ancrée au-dessus d*un globe.
Poids : 24 grains */§• (PL I, n« 32.) Cette monnaie, contemporaine de celle de Yienne-en-Val, qui va
suivre, a été trouvée en môme temps ; c'est-à-dire, en 1853.
ORLÉANS
YiENifE-BN-YAL. — TEYDECENDO (?) Buste diadème tourné à droite. — ^. YIENNA FET. Croix ancrée sur un globe. Triens du poids de 24 grains Va* (PL I* n"" 33.)
Cette jolie monnaie provient delà Baugisière. où il y avait un si
grand nombre de tiers de 8ou da monétaire Jacoti d*0riëaQ8 , auxquels elle ressemble complètement sous le rapport de la fabrique et du style. Elle est de la fin de la première moitié du yn* siècle.
Vienne-en-Yal est un bourg du canton de Jargeaa, à cinq lieues d'Orléans. M. Conbrouse a fait graver, dans les Monétaires des rois mérovingiens, deux tiers de sou qui sont de la même localité, les n°' 12 et 21 de la pi. XL VIII. — Le dernier de ces n«« doit, en effet, être lu : YIEINNA FIT et non VILLERâRIT, comme Fa cru également Leiewel. — Leu^ 7 de la pi. XXXIV est pareillement sorti de l'Orly anais.
GHALON-SUR-SAO]^E.
J*ai toujours regardé comme Tune des difiScultés les plus s'érieuses de la numismatique méroyingienne le classement des monnaies qui portent des noms communs à plusieurs localités voisines les unes des autres et situées pourtant sur les territoires de cités différentes. Guidé par le style, on ne se trompe pas de région ; mais il arrive de temps en temps de prendre un bourg pour Un autre, et de commettre des erreurs d'autant plus pardeimables que les moyens de vérification sont plus rares. Cest ce que j*ai fait, lorsque j'ai publié, dans mon dernier travail, les tiers de sou de Beaumont, pi. U, n"" 3, et de Marcilly, pi. X, n» 4. Frappé d'abord de la ressemblance qu'il y avait entre ces pièces et celles de Chalon-sur-Saône, j'avais fait graver la première à côté des trions de cette viHe ; puis ensuite, trompé par des renseignements inexacts, je les ai données, dans le texte, à la cité lyonnaise. Je reviens actueTlemeàt sur cette attribution, et je profite de la publication d'une monnaie émise dans un atelier situé toui proche de ceux d'où les autres sont sorties, pour réparer k faute que j'ai commise.
Sàilly. — BOSOLENO. Buste diadème tourné à droite. — iv. +SALU€0 FITO. Croix swrnMnlée d'un foint et placée sur deux degrés, reaferatée dsffls un cercle perlé.
Poids : 24 grains faibles. (PL II, uM.) '
Commencement du second tiers du vn* siècle.
Saîfly est un bourg do Saône-et-Loire, arrondissement de Hàcon, canton de 6engou-Ie-RoyaI. Marcilly-lès-Buxy, et Beaumont-sur- Grosnc, sont dans le voisinage. Je leur donne les trions décrits par moi précédemment.
Le trtens, que j'ai placé i la fin de cette nomenclature, rappelle, ponr le style et la fabrique, quelques-ans des deniers d'argent du Midi que M. de Lagoy et moi ayons fait connaître (0. H en est donc contemporain, et c'est de ce côté qu'il faut aller chercher son lieu d'émission, |dos bas que le Roaergue et le Gévaudan.
— Buste barbare tourné à droite ; devant la figure, une croisette. — n?. Monogramme surmonté d'une croix ancrée, formée peut-ôtre par un oméga renversé.
(PL II, n» 2.)
MONNAIES GARLOVINGIBNNES.
Si des monnaies mérovingiennes nous arrivons aux carlovingiennes, ma moisson se trouve encore bien riche en monuments exceptionnels. Celle qui fait le sujet de ce paragraphe est restée unique, et plusieurs des suivantes l'égalent en valeur historique et en rareté.
Le cliché de ce nouveau denier de Pépin le Bref, qui vient d'entrer au Cabinet national des médailles, et qui a été trouvé dans le département de ITonne, aux environs de Sens, m'a été communiqué par M. Ph. Salmon. Il est de la fin du règne de ce prince, à en juger par son module et son poids élevé, qui est de près de 23 grains Vs. Beste à savoir à quel atelier il appartient ; mais il est presque impossible, avec les données incomplètes que nous possédons aujourd'hui, de dire s'il a été frappé à Beims, à Bouen, à Bennes, ou dans toute autre ville dont le nom commence par la lettre B. On peut seulement affirmer, en se basant sur son style, qu'il a été émis dans un lieu •
(1) Description de quelques monnaies mérovingiennes découvertes en Provence, — Lettres à M, Ch, Dugast-Matifeux , pp. 106 et 107.
aitoë au nord de la Loire. La forme des lettres et la présence de la petite croix du revers pourraient, à la rigueur, faire supposer que Reims est en droit de le placer sur la liste de ses monnaies ; car il ressemble pour le faire aux pièces de Pépin fabriquées au delà de la Seine, à Troyes par exemple, qui n*est pas très-éloignée de cette ancienne métropole.
— Buste lauré tourné à gauche; DHLYDOYVICYS IMP AYG, le tout entouré d*un double grënetis, dont Tun, à plus gros grains, forme une sorte de dentelure autour de la tranche. — Revers entièrement uni et présentant les traces encore visibles d'un petit appendice de même métal soudé autrefois à Tun des côtés.
La feuille d*or, qui recouvrait primitivement les deux faces de ce petit bijou en bronze, est conservée à peu près entière du côté principal; mais a presque disparu en totalité au revers.
n serait di£Bcile de décider si c'était le chaton d'une bague ou la plaque d'une fibule, avis qui me semble le plus vraisemblable; toujours est-il que c'est la première fois qu'on produit un monument de cette nature, et sa découverte met hors de doute la question de savoir si les portraits des empereurs et des rois étaient parfois placés, chez les Francs, sur des objets de toilette. On possédait, il est vrai, des monnaies et des médailles accommodées de façon à servir à cet usage; mais l'on n'avait pas la certitude que ce ne fût pas le résultat de caprices individuels. Ce modeste morceau de cuivre, copié ou modelé sur un exemplaire primitif du Munusdivinum, a, au contraire, le double avantage de réunir en lui les caractères de la médaille et du bijou. Son métal indique, de plus, qu'il était d^tiné aux classes intermédiaires de ce temps, fait propre à lui donner un nouveau
prij ; car on sait de quelle excessive rareté est tout ce qui a trait aux habitudes de leur vie privée. L*or était le partage de raristocratie 0).
Autant pourrait-on peut-être en dire de Tempreinte en cuivre ornée du buste de Charles le Chauve publiée par M. Hermand, au n"" 9 de la l^ planche de son Histoire monétaire de ta province d'Artois ;m2i\s son mauvais état de conservation ne permet gufere de savoir. quel était son véritable usage, qui a dû avoir toutefois beaucoup de rapport avec celui du médaillon que je décris.
La coutume de transporter sur les bijoux des empreintes monétaires exceptionnelles date de loin. Sans remonter aux temps grecs et romains, il n*est besoin que de citer les plaques d*or imitées des médaillons de la famille flavienne dont Lelewel nous a donné la représentation fidèle (>). Quant aux monnaies elles-mêmes, elles ont, à toutes les époques, servi de parures; et, aujourd'hui encore, elles sont, dans certaines contrées, le complément indispensable de la toilette de fête des élégants des deux sexes.
Ce qui précède nous ramène aux pièces de plaisir carlovingiennes, qui ont été de ma part le sujet d'un petit travail spécial (s). J*ai alors parlé de celle au type de Melle conservée dans la collection de M. Lecointre-Dupont, sans en donner la gravure. La voici :
Elle est d*or pâle, fort mince et d*un travail qui annonce les premières années du x*" siècle. Parmi les deniers d'argent trouvés à Cuerdale et à Mourlieu, il en est qui paraissent sortir des mêmes coins. Son poids est de 31 grains. Ainsi c'est bien un exemplaire en
(1) M. de Lagoy me faisait remarquer demièremetit que l'on voit dans Pem^ brock, p. 4, t. XXIII, une médaille d'or de Vigmond, roi de Mercie, en 830, sur le revers de laquelle est la légende MVNYS DIVINVM. C'est une imitation de celle de Louis le Débonnaire ; car le type primitif de cette dernière doit remonter au commencement du règne du fils de Charlemagne , alors que la tête était habituellement placée sur les monnaies.
(2) Rev. num, belge, 1842.
(3) Lettres à M, CU. Dugast-Matifeux.
or fabriqué avec les iDStruments du motipayage ordinaire, afin de Fntiliser sans doute dans quelques cérémoniesjreligieuses ou civiles. La vue des monnaies des xr el xir siècles anciennement dorées me Suggère cette idée: c'est qu'elles ont servi non-seulement, comme )e Tai avancé, à composer des trôizains de mariage, mais aussi à Facquittement de ces fréquentes redevances de deniers d*or dues dans les hommages féodaux, quoiqu'il n'y eût pas alors en France de monnaies de ce métal, à moins d'employer des espèces étrangères, chose souvent assez difiBcile, à une époque ou le numéraire circulait si peu f t on les relations conmiercîales étaient si restreintes (<}.
M. Eugène Lecointre a rapporté de Strasbourg un denier poitevin complètement nouveau.
CARLVS BEX FRANCO. Portail d'église. — «. + METVLLO. Croix cantonnée de quatre points.
Poids : 29 grains.
Constatons d'abord que cette pièce, sur l'authenticité de laquelle on a élevé des doutes, est réellement de fabrique ancienne. La légende du droit, dont on s'est surtout étayé pour la dire fausse, n'a en soi rien d'extraordinaire, et est encore moins étrange que beaucoup d'autres qui lui sont contemporaines. Le graveur se sera servi de lettires trop petites, et aura été forcé d'en augmenter le nombre.
(1) C'est cependant ce qui arrivait quelquefois ; car Ton trouve la mention d*un assez grand nombre de redevances payées en marabotins ou maurabotins ^ sorte de monnaie d'Espagne en or. (V. Du Gange, au mot Marabotinus.) — Mais il est question encore plus souvent de deniers d'or, et même concurremment, dans certains actes , avec les marabotins, ce qui indique deux sortes de pièce» fort distinctes.
La forme correcte de ces lettres fait remonter an commencement du règne de Charles le Cbanve rémission dn denier de M. Lecointre, immédiatement après la cessation du monnayage de Louis le Débonnaire, et longues années avant que la croisette eût été intercalée par les comtes dans Tinscription du revers. Le type dn portail, essentiellement ecclésiastique, m'a de plus toujours fait croire qu'il avait élé frappé par les évéques de Poitiers, qui, sous les Mérovingiens, avaient eu déjà une monnaierie particulière. Rien ne s'oppose donc à ce que Charles le Chauve ou son prédécesseur ne leur eussent octroyé ce droit une seconde fois, et que ce soit là Tun des produits de leur atelier ouvert de nouveau.
Le style et la fabrique de cette monnaie sont également un obstacle à ce qu'on la donne à Charlemagne ou à Charles le Gros. Elle servira à établir la classification des autres deniers an portail avec la légende CARLYS REX FR. — Son poids est pareil à celui d'un denier de Sens qui m'a été communiqué il y a bon nombre d'années. De ce rappi^hement naîtront des déductions précieuses, pourvu que l'on ne se laisse pasMominer par l'esprit de système.
vn.
Au commencement de novembre 1854, deni maçons limousins démolissaient les assises inférieures d'un vieux mur de la chapelle de Bonnevaux, ancienne abbaye située à quelques lieues de Poitiers, lorsque apparut tout à coup à leurs yeux une cassette en bois vermoulu placée dans un trou d'échafaudage. Malgré l'émotion bien naturelle à la vue d'une pareille rencontre, les inventeurs du trésor résistèrent au désir de s'édifier sur sa valeur, afin de ne pas éveiller la convoitise de leurs compagnons de travail. Ils attendirent donc que ceux-ci fussent allés prendre leur repas de l'après-midi, et, brisant alors le couvercle de la cassette , ils se trouvèrent possesseurs de dix-sept à dix-huit livres de monnaies d'argent, noircies par les siècles et par le contact du fer et du enivre oxydé, qui fortifiaient les parois du petit meuble où elles étaient renfermées. Quelques jours après, ils venaient clandestinement échanger à Poitiers leur découverte contre des espèces courantes, et reprenaient presque aussitôt le chemin de Limoges, non sans avoir remercié du fond du
cœur le pieux personnage qui avait eu, à mille années de distance, la charitable attention de mettre ainsi sons leurs pas cette b(wne fortune inespérée.
Les monnaies de Bonnevauz tombèrent heureusement en des mains intelligentes, et rien de ce quMl y avait de curieux né fut perdu pour la science. H. Heillet, chimiste distingué et mon collègue de la Société des Antiquaires de FOuest , en acheta la plus grande partie. Le reste, porté chez un orfèvre, arriva, à peu d'exceptions près, en la possession de M. Bronislas Sipowicz, ancien otBcîer polonais réfugié en France à la suite des désastres de sa patrie, et qui a demandé au commerce des médailles, pratiqué avec conscience, le soin de réparer les injustices de Texil et de la mauvaise fortune.
Un petit nombre de monnaies rares vint en outre en partage à Bonsergent, et à M. Hoitre, dit Manceau.
M. Meillet tria les quarante et quelques pièces intéressantes mêlées à son lot, et se rendit de suite à ?aris, où il les céda à M. Rousseau. Le surplus fut liyrS en presque totalité au creuset. Les essais opérés sur Fensemble dopnèrent 0,850 argent, et 3 or. Quelques-uns des plus anciens deniers étaient au contraire an titre de 0,d26 argent et 7 d'or.
Les détails qui précèdent et la liste complète des mqnnaies dont l'enfouissement était composé, m'ont été fournis par MH. Meillet et Sipowicz, que j^ ne saurais trop remercier de leur bonne volonté envers moi. Le dernier a poussé la complaisance jusqu'à me permettre de publier les inédites qui lui sont parvenues.
Hais, avant d'arriver à leur description, il est à propos de constater que l'abbaye de N.-D. de Bonnevaux, ordre de Gitaux, où a été opérée la découverte, fut fondée vers 1120, par Hugues de Brun, seigneur de Lusignan, et Sarasine, sa femme Q). Il est toutefois démontré maintenant qu'il y ^ait antérieurement dans ce lieu une chapelle ou un édifice quelconque, dont les murs furent en partie conservés lors de la construction de la nouvelle église. La composition du trésor ne laisse aucune incertitude à cet égard.
(1) Gallia Ctiristiana, t. II, pp. 375. 376, 1360 et 1361. — Z>. Fonteneau, t. Lin, pp. 467, 469. — Mss. de D, Estiennot, 2« partie, f« 700. — Le Cierge de France^ par Hugues Du Temps (1774), t. Il , p. 513.