‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 113 sur 211 · II. LE DEVOIR. — LA FIN DERNIÈRE DE l'hOMME · texte numérisé non relu

II. LE DEVOIR. — LA FIN DERNIÈRE DE l'hOMME

le porte et le soutient, sous prétexte que sa dignité exige qu'il soit indépendant et autonome. Rien n'est isolé dans la nature. Au contraire, tout agit sur tout. Aussi toutes les branches des sciences humaines sontelles à la fois distinctes et unies ; parce que toutes les vérités partielles se complètent et s'unissent dans une synthèse supérieure et totale.

Du reste, nous critiquerons plus tard la valeur de la morale « indépendante », et jugerons de l'arbre par ses fruits. Commençons, avant toute polémique, par l'exposition aussi pleine et entière que possible de la « bonne vieille morale >, comme nous l'avons promis.

La grave question de notre destinée est une de celles Deux

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qui ne s évite pas, nous venons de le voir, parce qu elle en s'impose, bon gré mal gré, à tout homme qui réfléchit. """'^"'^ On ne peut éviter davantage de lui donner une solution négative ou positive. Ou notre vie a un but, ou elle n'en a aucun.

Si je suis dans ce monde pour un but à atteindre, par l'effort patient et persévérant de ma liberté, il m'importe de le savoir au plus tôt.

Si je dis, au contraire, que mon existence en ce monde est sans but, livrée au hasard, et aboutissant au néant, c'est encore une solution du redoutable problème de notre destinée. Il m'importe encore de savoir si elle est vraie, car si elle était fausse, elle serait la plus dangereuse des erreurs et aussi la plus irréparable.

Or cette dernièi-e solution paraît à première vue tout à fait invraisemblable.

Tout être a une fin dans la nature, quelles que soient Tout eue sa petitesse et son infériorité. Gomment l'être raison- naTùreiiê

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FONDEMENTS DE I-A MÛHALE

Preuve onloli»-

Preuve tliéologiqiie.

iiable cl lil)ie, le plus grand et le plus élevé de tous, en serait-il dépourvu ?

Etre et (igir sont ide/Liiqi(es,i\\ii'd\[ Leibnilz.et cette grande parole, — surtout si l'on entend par agir, Tactivité sous ses deux formes d'acte et de puissance, — est absolument incontestable. L'action est l'épanouissement de l'être ; un être qui n'aurait la puissance de rien faire ne serait bon à rien et ne serait pas intelligible. (Jue si tout être est bon à quelque chose, il a donc une fin ; sa i)uissance d'agir est donc une puissance de faire quebfue chose, d'agir pour une fin.

Le rôle de la plus humble molécule chimique est du reste fixé par les lois de la chimie et de la physique; comme les lois de la physiologie végétale ou animale fixent le rôle de chaque organe dans l'individu, ou de chaque individu végétal et animal dans son règne. S'élevant encore plus haut, la synthèse des sciences a facilement constaté une hiérarcliiedes fins particulières, subordonnées entre elles, et concourant à la fin universelle du monde, manifestant ainsi l'unité d'un plan général : le minéral est fait pour le végétal, le végétal pour l'animal ; tous les règnes inférieurs sont faits pour l'homme ; l'homme doit être fait lui-même pour une fin plus haute (jui l'élève et l'ennoblisse. Telle est la loi ontologique ou la i)lus générale des êtres.

Nous arrivons à la même conclusion. en nous rappelant que tous les êtres de ce monde ayant été ordonnés par l'Intelligence suprême, par Dieu, comme nous l'avons démontré, il a dû, dans la création, agir luimême pourune fin raisonnable, et donneràclKuiueêtre la fin corres[)ondante à son divin idéal, ainsi «jue la première impulsion vers cette fin. Ce principe interne d'activité, ([ui s'identifie avec l'essence de chaque être, etqui commetout principedoit tendreàunterme,à une

morale.

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