‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 90 sur 211 · I. LA LIBERTÉ, — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES · texte numérisé non relu

I. LA LIBERTÉ, — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES

vertu, la science ou le plaisirou l'ambition... G'estla seule explication possible du choix (1). »

Tel est donc le nouveau procédé. Pour comprendre critique, ce qu'est l'acte de conscience qu'on appelle le choix, gardez-vous bien d'interroger la conscience. Etudiez le choix dans l'animal, dans la plante, dans l'amibe et la dionée ; étudiez le choix de l'aimant pour le fer doux, et vous pourrez conclure, à quelques nuances près, ce qu'est le choix raisonnable de l'homme. Or dans l'animal, la plante et le fer doux, le choix n'est qu'une simple affinité fatale entre la nature de ce qui choisit et de ce qui est choisi ; donc il en doit être à peu près de même pour Thomme : le type élémentaire du choix raisonnable c'est l'affinité de l'aimant pour le fer doux.

Le paradoxe paraîtra quelque peu outré, pour un Lerénexe lecteur non prévenu. Aussi les physiologistes, et du'vo- M. Ribot lui-même, l'ont-ils légèrement atténué dans '°"'^'^^' d'autres passages. Au lieu d'aller chercher le type de l'activité libre dans la plante ou l'aimant, on préfère le prendre dans le plus bas degré de la sensibilité animale, dans l'acte réflexe. L'écart est moins grand, mais quelque atténué qu'il paraisse, le paradoxe persiste.

L'acte réflexe est une réaction involontaire et souvent inconsciente, que provoque une sensation involontaire et souvent inconsciente. Gomment l'inconscient, l'irréfléchi, l'involontaire, serait-il le type inférieur et amoindri de la conscience, de la réflexion, et du volontaire ? Autant vaudrait-il chercher le type de la vertu dans le vice, de la vérité dans l'erreur ou de l'être dans le non-être.

Cette règle élémentaire de logique n'empêche pas

(1) Rihot, Les maladies de la volonté, p. ^8.

Messieurs les Physiologistes de poser hardiment en axiomes des affirmations gratuites comme celles-ci : « La volition est le dernier terme d'une évolution progressive dont le réflexe simple est le ]»remier échelon. » — « Elle n'est qu'un cas extrêmement compliqué de la loi des réflexes ». — « Le réllexe est le type unique de toute vie de relation, de toute activité (1). »

viccde Aussi M. Pial (2) a-t-il eu mille fois raison de dire

incthode. ^ .

que la méthode de M. Kihot, qui a la prétention d'être tout expérimentale, est souvent « pénétrée, doublée et tvlplée (Va priori ». Cesanalogies si lointaines que l'on croit découvrir entre le choix volontaire et le choix de Taimant pour le fer doux, ou bien entre le volontaire et le réflexe, ne sont que des vues arbitraires de l'esprit des plus contestables ; elles se fondent sur le système de l'évolution, mais rien n'est moins prouvé que ce système ; et. serait-il prouvé, l'évolution de l'être aurait du se faire en passant du dircrsâu (Hivers, et non pas du mrinc i\{\ i/ièmr [lav voie de simple complication. A la matière brute s'ajoute la vie, à la vie s'ajoute la sensibilité et la conscience, à la vie sensible la vie raisonnable. (Chacun de ces nouveaux états est quelque chose d'absolument hétérogène, et non pas une simple coinj)lication du précédent. En sorte que rechercher la nature et les lois du supérieur dans l'inférieur, vouloir juger de l'activité raisonnable, }iar l'activité organique du réllexe, et finalement par l'activitt' inorganique de l'aimant, c'est se faire une étrange illusion, car on n'explique rien, sç» Que si la méthode du phvsiologisle. an lieu de s'éncgaiifs. garer et de se complaire dans ces vues àpriori.qu'eWe

[]i Hibot. Mici., p. 4. 11, 18, 33, 152, 180. (2) Piaf, La libei-lé, II. p. '^, .'31.

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