‹ Études philosophiquesChapitre 79 sur 112 · LES TAQUINAGES · texte numérisé non relu

LES TAQUINAGES

Vous avez passé de l'allégro sautillant du célibataire au grave andante du père de famille.

Au lieu de ce joli cheval anglais cabriolant, piaffant entre les brancards vernis d'un tilbury léger comme votre cœur, et mouvant sa croupe luisante sous le quadruple lacis des rênes et des guides que vous savez manier, avec quelle grâce et quelle élégance, les Champs-Elysées le savent! vous conduisez un bon gros cheval normand à l'allure douce.

Vous avez appris la patience paternelle, et vous ne manquez pas d'occasion de le prouver. Aussi votre figure est-elle sérieuse.

A côté de vous se trouve un domestique évidemment à deux fins, comme est la voiture. Cette voiture à quatre roues, et montée sur des ressorts anglais, a du ventre, et ressemble à un bateau rouennais: elle a des vitrages, une infinité de mécanismes économiques. Calèche dans les beaux jours, elle doit être un coupé les jours de pluie. Légère en apparence, elle est alourdie par six personnes et fatigue votre unique cheval.

Au fond, se trouvent étalées comme des fleurs votre jeune femme épanouie, et sa mère, grosse rose trémière à beaucoup de feuilles. Ces deux fleurs de la gent femelle gazouillent et parlent de vous, tandis que le bruit des roues et votre attention de cocher, mêlés à votre défiance paternelle, vous empêchent d'entendre le discours.

Sur le devant, il y a une jolie bonne proprette qui tient sur ses genoux une petite fille; à côté brille un garçon en chemise rouge plissée qui se penche hors de la voiture, veut grimper sur les coussins, et s'est attiré mille fois des paroles qu'il sait être purement comminatoires, le « Sois donc sage, Adolphe » ou « Je ne vous emmène plus, monsieur! » de toutes les mamans.

Li maman est en pecret superlativement ennuxée de ce garçon tapageur; elle s'est irritée vingt fois, et vingt fois le visage de 1a petite fille endormie l'a calmée.

— Je suis mère, s'est-elle dit.

Et elle a fini par maintenir son petit Adolphô.

Vous avez exécuté la triomphante idée de promener votre famille. Vous êtes parti le matin de votre maison, où les ménages mitoyens se sont mis aux fenêtres en enviant le privilège que vous donne votre fortune d'aller aux champs et d'en revenir sans subir les voitures publiques. Or, vous avez traîné l'infortuné cheval normand à Yincennes à travers tout Paris, de Vincennes à Saint-Maur, de Saint-Maur à Charenton, de Gharenton en face de je ne sais quelle île quia semblé plus jolie à votre femme et à votre belle-mère que tous les paysages au sein desquels vous les avez menées.

— Allons à Maisons!... s'est-on écrié.

Vous êles allé à Maisons, près d'Alfort. Vous revenez par la rive gauche de la Seine, au milieu d'un nuage de poussière olympique trôs-noiràtre ; le cheval tire péniblement votre famille; hélas! vous n'avez plus aucun amour-propre, en lui voyant les flancs rentrés, et deux os saillants aux deiu côtés du ventre ; son poil est moutonné par la sueur sortie et séchée à plusieurs reprises, qui, non moins que la poussière, a gommé, collé, hirsute le poil de sa robe. Le cheval ressemble à un hérisson en colère, vous avez peur qu'il ne soit fourbu, vous le caressez du fouet avec une espèce de mélancolie qu'il comprend, car il agite la tête comme un cheval de coucou, fatigué de sa déplorable existence.

Vous y tenez, à ce cheval, il est excellent; il a coûté douze cents francs. Quand on a l'honneur d'être père de famille, on tient à douze cents francs autant que vous tenez à ce cheval. Vous apercevez le chiffre effrayant des dépenses extraordinaires dans le cas où il faudrait faire reposer Coco. Vous prendrez pendant deux jours des cabriolets de place pour vos affaires. Votre femme fera la moue de ne pouvoir sortir; elle sortira et prendra un remise. Le cheval donnera lieu à des extra que vous trouverez sur le mémoire de votre unique palefrenier, un palefrenier unique, et que vous surveillez comme toutes les choses uniques.

Ces pensées, vous les exprimez dans le mouvement doux par lequel vous laissez tomber le fouet le long des côtes de l'animal engagé dans la poudre noire qui sable la route devant la Verrerie.

En ce moment, le petit Adolphe, qui ne sait que faire dans cette boîte roulante, s'est tortillé, s'est attristé dans son coin, et sa grand'mère inquiète lui a demandé :

— Qu'as-tu?

— J'ai faim, a répondu l'enfant.

— Il a faim, a dit la mère à sa fille.

— El comment n'aurait-il pas faim? il est cinq heures et demie, nous ne sommes seulement pas à la barrière, et nous sommes partis depuis deux heures !

— Ton mari aurait pu nous faire dîner à la campagne.

— Il aime mieux faire faire deux lieues de plus à son cheval et revenir à la maison.

— La cuisinière aurait eu son dimanche. Mais Adolphe a raison, après tout. C'est une économie que de dîner chez soi, répond la belle-mère.

— Adolphe, s'écrie votre femme, stimulée par le mot économie, nous allons si lentement que je vais avoir le mal de mer, et vous nous menez ainsi précisément dans cette poussière noire. A quoi pensez-vous? ma robe et mon chapeau seront perdus.

— Aimes-tu mieux que nous perdions le cheval? demandez-vous en croyant avoir répondu péremptoirement.

— Il ne s'agit pas de ton cheval, mais de ton enfant qui se meurt de faim : voilà sept heures qu'il n'a rien pris. Fouette donc ton cheval ! En vérité, ne dirait-on pas que tu tiens plus à ta rosse qu'à ton enfant?

Vous n*os?z pas donner un seul coup de fouet au cheval, il aurait peut-être encore assez de vigueur pour s'emporter et prendre le galop.

— Non, Adolphe tient à me contrarier, il va plus lentement, dit la jeune femme à sa mère. Va, mon ami, va comme tu voudras. Et puis tu diras que je suis dépensière en me voyant acheter un autre chapeau.

Vous dites alors des paroles perdues dans le bruit des roues.

— Mais quand tu me répondras par des raisons qui n'ont pas le sens commun! crie Caroline.

Vous parlez toujours en tournant la tête vers la voiture et la retournant vers le cheval, afin de ne pas faire de malheur.

— Bon! accroche! verse-nous, tu seras débarrassé de nous. Enfin, Adolphe, ton fils meurt de faim, il est tout pâle!...

— Cependant, Caroline, dit la belle-mère, il fait ce qu'il peut...

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Rien ne vous impatiente comme d'être protégé par votre be"cmère. Elle est hypocrite, elle est enchantée de vous voir aux pris s avec sa fille ; elle jette, tout doucement et avec des prt unions infinies, de l'huile sur le feu.

Quand vous arrivez à la barrière, votre femme est muette, elle ne dit plus rien, elle tient ses bras croisés, elle ne veut pas vous regarder. Vous n'avez ni âme, ni cœur, ni sentiment. Il n'y a que vous pour inventer de pareilles parties de plaisir. Si vous avez le malheur de rappeler à Caroline que c'est elle qui, le matin, a exigé cette partie au nom de ses enfants et de sa nourriture (elle nourrit sa petite), vous serez accablé sous une. avalanche de phrases froides et piquantes.

Aussi acceptez-vous tout pour ne pas aigrir le lait d'une femme qui nourrit, et a laquelle il faut passer linéiques petites choses, vous dit à l'oreille votre atroce belle-mère.

Vous avez au cœur toutes les furies d'Oreste.

A ces mots sacramentels dits par l'octroi : Vous n'avez rien à déclarer?...

— Je déclare, dit votre femme, beaucoup de mauvaise humeur et de poussière.

Elle rit, l'employé rit, il vous prend envie de verser votre famille dans la Seine.

Pour votre malheur, vous vous souvenez de la joyeuse et perverse fille qui avait un petit chapeau rose et qui frétillait dans votre tilbury quand, six ans auparavant, vous aviez passé par la pour aller manger une matelote. Une idée ! Madame Schontz s'inquiétait bien d'enfants, de son chapeau dont la dentelle a été mise en pièces dans les fourrés! elle ne s'inquiétait de rien, pas même de sa dignité, car elle scandalisa le garde champêtre de Vincennes par la désinvolture de sa danse un peu risquée.

Vous rentrez chez vous, vous avez hâté rageusement votre cheval normand, vous n'avez évité ni l'indisposition de voue animal, ni l'indisposition de votre femme.

Le soir, Caroline a très-peu de lait. Si la petite crie à vous rompre la tête en suçant le sein de sa mère, toute la faute est à vous, -rai préférez la santé de votre cheval à celle de votre fils qui mourait

r.A BEI.LE-N I h !

Elle jelle, toul doucement et avec des précautions infimes,

do l'huile sur le feu.

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de faim, et de votre fille dont le souper a péri dans une discussion où votre femme a raison, comme toujours!

— Après tout, dit-elle, les hommes ne sont pas mères.

Vous quittez la chambre, et vous entendez votre belle-mère consolant sa fille par ces terribles paroles :

— Ils sont tous égoïstes, calme-toi; ton père était absolument comme cela.

LE CONf.LUSUM

Il est huit heures, vous arrivez dans la chambre à coucher de votre femme. Il y a force lumières. La femme de chambre et la cuisinière voltigent. Les meubles sont encombrés de robes essayées, de fleurs rejetées.

Le coiffeur est là, artiste par excellence, autorité souveraine, à la fois rien et tout. Vous avez entendu les autres domestiques allant et venant; il y a eu des ordres donnés et repris, des commissions bien ou mal faites. Le désordre est au comble. Cette chambre est un atelier d'où doit sortir une Vénus de salon.

Votre femme veut être la plus belle du bal où vous allez. Est-ce encore pour vous, pour elle seulement, ou pour autrui? Questions graves !

Vous n'y pensez seulement pas.

Vous êtes serré, ficelé, harnaché dans vos habits de bal ; vous il: z à pas' comptés, regardant, observant, songeant à parler d'affaires sur un terrain neutre avec un agent de change, un notaire ou un banquier à qui vous ne voudriez pas donner l'avantage d'aller les trouver chez eux.

Un fait bizarre que chacun a pu observer, mais dont les causes sont presque indéterminables, est la répugnance particulière que les hommes habillés et près d'aller en soirée manifestent pour les discussions ou pour répondre à des questions. Au moment du départ, il est peu de maris qui ne soient silencieux et profondément enfoncés dans des réflexions variables selon les caractères. Ceux qui répondent ont des paroles brèves et péremptoires.

En ce moment, les femmes, elles, deviennent excessivement

agaçantes, elles vous consultent, elles veulent avoir votre avis sur la manière de dissimuler une queue de rose, de faire tomber une grappe de bruyère, de tourner une écharpe. Il ne s'agit jamais de ces brimborions, mais d'elles-mêmes. Suivant une jolie expression anglaise, elles pochent les compliments à la ligne, et quelquefois mieux que des compliments.

Un enfant qui sort du collège apercevrait la raison cachée derrière les saules de ces prétextes; mais voire femme vous est si connue, et vous avez tant de fois agréablement badiné sur ses avantages moraux et physiques, que vous avez la cruauté de dire votre avis brièvement, en conscience; et vous forcez alors Caroline d'arriver à ce mot décisif, cruel à dire pour toutes les femmes, même celles qui ont vingt ans de ménage :

— Il paraît que je ne suis pas à ton goût?

Attiré sur le vrai terrain par cette question, vous lui jetez des éloges qui sont pour vous la petite monnaie à laquelle vous tenez le moins, les sous, les liards de votre bourse.

— Cette robe est délicieuse ! — Je ne t'ai jamais vue si bien miSe. — Le bleu, le rose, le jaune, le ponceau (choisissez) te va à ravir. La coiffure est très-originale. — En entrant au bal, tout le monde t'admirera. — Non-seulement tu seras la plus belle, mais encore la mieux mise. — Elles enrageront toutes de ne pas avoir ton goût. — La beauté, nous ne la donnons pas; mais le goût est comme l'esprit, une chose dont nous pouvons être fiers...

— Vous trouvez? est-ce sérieusement, Adolphe?

Votre femme coquette avec vous. Elle choisit ce moment pour vous arracher votre prétendue pensée sur telle ou telle de ses amies, et pour vous glisser le prix des belles choses que vous louez. Rien n'est trop cher pour vous plaire. Elle renvoie sa cuisinière.

— Partons, dites-vous.

Elle renvoie la femme de chambre après avoir renvoyé le coiffeur, et se met à tourner devant sa psyché, en vous montrant ses plus glorieuses beautés.

— Partons, dites-vous.

— Vous êtes bien pressé, répond-elle.

Et elle se montre en minaudant, en s'exposant comme un beau fruit magnifiquement dressé dans l'étalage d'un marchand de co-

mestibles. Comme vous avez très-bien dîné, vous l'embrassez alors au front, vous ne vous sentez pas en mesure de contre-signer vos opinions. Caroline devient sérieuse.

La voiture est avancée. Tout la maison regarde madame s'en allant; elle est le chef-d'œuvre auquel chacun a mis la main, et tous admirent l'œuvre commune.

Votre femme part enivrée d'elle-même et peu contente de vous. Elle marche glorieusement au bal, comme un tableau chéri, pourléché dans l'atelier, caressé par le peintre, et envoyé dans le vaste bazar du Louvre, à l'Exposition. Votre femme trouve, hélas! cinquante femmes plus belles qu'elle; elles ont inventé des toilettes d'un prix fou, plus ou moins originales; et il arrive pour l'œuvre féminine ce qui arrive au Louvre pour le chef-d'œuvre : la robe de votre femme pâlit auprès d'une autre presque semblable, dont la couleur, plus voyante, écrase la sienne. Caroline n'est rien, elle est à peine remarquée. Quand il y a soixante jolies femmes dans un salon, le sentiment de la beauté se perd, on ne sait plus rien de la beauté. Votre femme devient quelque chose de fort ordinaire. La petite ruse de son sourire perfectionné ne se comprend plus parmi les expressions grandioses, auprès de femmes à regards hautains et hardis. Elle est effacée, elle n'est pas invitée à danser. Elle essaye de se grimer pour jouer le contentement, et, comme elle n'est pas contente , elle entend dire : « Madame Adolphe a bien mauvaise mine. » Les femmes lui demandent hypocritement si elle souffre; pourquoi ne pas danser? Elles ont un répertoire de malices couvertes de bonhomie , plaquées de bienveillance à faire damner un saint, à rendre un singe sérieux et à donner froid à un démon.

Vous, innocent, qui jouez, allez et venez, et qui ne voyez pas une des mille piqûres d'épingle par lesquelles on a tatoué l'amourpropre de votre femme, vous arrivez à elle en lui disant à l'oreille :

— Qu'as-tu ?

— Demandez ma voiture.

Ce ma est l'accomplissement du mariage. Pendant deux ans, on a dit la voiture de monsieur, la voiture, notre voiture, et enfin ma voiture.

566 fcTUDn? ANALYTIQUES.

Vous avez une partie engagée, une revanche à donner, de l'argent à regagner.

Ici, l'on vous concède, Adolphe, que vous êtes assez fort pouf diiv oui, disparaître et ne pas demander la voiture.

Vous avez un ami, vous l'envoyez danser avec votre femme, car vous en êtes à un système de concessions qui vous perdra : voua entrevoyez déjà L'utilité d'un ami.

Mais vous finissez par d^mm 1er la voiture. Votre femme y monte avec une rage sourde, elle se flanque dans son coin, s'emmitoufle dans son capuchon, se croise les bras dans sa pelisse, se met en boule comme une chatte, et ne dit mot.

0 maris ! s;icbez-le, vous pouvez en ce moment tout réparer, tout raccommo 1er, et jamais l'impétuosité des amants qui se sont caressés par de flamboyants regards pendant toute la soirée n'y manque! Oui, vous pouvez la ramener triomphante, elle n'a plus que vous, il vous r^ste une chap^e, celle de violer votre femme. Ah! bah! vous lui dites, vous, imbécile, niais et indifférent: « Qu'as-tu? »

AXIOME

Un muii doit toujours savoir ce qu'a sa femme, car elle sait toujours ce qu'elle n'a pas.

— Froid, dit»£lle.

— La soi superbe.

— Ouh! oub ! rien de distingué! on a la manie, aujourd'hui, d'inviter ton i Paria dans un trou. Il y avait des femmes jusque sur l'escalier; les toilettes s'abîment horriblement, la mienne est perdue.

— On s'est amusé.

— Vous autres, vous jouez, et tout est dit. Une fois mariés, vous vous occupez de vos femmes comme les lions s'occupent de peinture.

— Je ne te reconnais plus, tu étais si gaie, si heureuse, si pimpante en arrivant!

— Ah! vous ne nous comprenez jamais. Je vous ai prié de partir, et vous me laissez là, comme si les femmes faisaient jamais

quelque chose sans raison. Vous avez de l'esprit, mais dans certains moments vous êtes vraiment singulier, je ne sais à quoi vous pensez...

Une fois sur ce terrain, la querelle s'envenime. Quand vous donnez la main à votre femme pour descendre de voiture, vous tenez une femme de bois ; elle vous dit un merci par lequel elle \ous met sur la même ligne que son domestique. Vous n'avez pas plus compris votre femme avant qu'après le bal, vous la suivez avec peine, elle ne monte pas l'escalier, elle vole. Il y a brouille complète.

La femme de chambre est enveloppée dans la disgrâce ; elle est reçue à coups de non et oui, secs comme des biscottes de Bruxelles, et qu'elle avale en vous regardant de travers.

— ■ Monsieur n'en fait jamais d'autres! dit-elle en grommelant.

Vous seul avez pu changer l'humeur de madame. Madame se couche, elle a une revanche à prendre; vous ne l'avez pas comprise. Elle ne vous comprend point. Elle se range dans son coin de la façon la plus déplaisante et la plus hostile ; elle est enveloppée dans sa chemise, dans sa camisole, dans son bonnet de nuit, comme un ballot d'horlogerie qui part pour les Grandes-Indes. Elle ne vous dit ni bonsoir, ni bonjour, ni mon ami, ni Adolphe ; vous n'existez pas, vous êtes un sac de farine.

Votre Caroline, si agaçante cinq heures auparavant dans cette même chambre où elle frétillait comme une anguille, est du plomb en saumon. Vous seriez le Tropique en personne, à cheval sur l'Equateur, vous ne fondriez pas les glaciers de cette petite Suisse personnifiée qui paraît dormir, et qui vous glacerait de la tête aux pieds, au besoin. Vous lui demanderiez cent fois ce qu'elle a, la Suisse vous répond par un conclusum, comme le vorort ou comme la conférence de Londres.

Elle n'a rien, elle est fatiguée, elle dort.

Plus vous insistez, plus elle est bastionnée d'ignorance, garnie de chevaux de frise. Quand vous vous impatientez, Caroline a commencé des rêves! Vous grognez, vous êtes perdu.

AXIOME

Les femmes, sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c'est leurs petitesses qu'elles nous laissent à deviner.

Caroline daignera vous dire peut-être aussi qu'elle se sent déjà très-indisposée; mais elle rit dans ses coiffes quand vous dormez, et profère des malédictions sur votre corps endormi.

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