A MESSIEURS LES AVOCATS
<H'= ^'''«^ octwpe. Il n'est pas un de vous, en effets auquel ce livro n^ s'jières», tî qui nV ait sa place et son argument : pour Jes uns , d i^ à h partie la plus vive de leur ftnie , et répond à une confra- Imiii pto indissoluble que celles que les hommes peuvent former, li fmafralfinité de la foi ; pour les autres , il touche à cette vaste et sMvèle plaie du doute , qui accuse en eux un état de transition péni- Mr, «t qoi leur fera trouver quelque prix à un travail où je me suis
proposé leur soulagement , et par lequel je me sens uni h é^vne oonfratemité plus vive , s'il se peut encore , que celle de la Mt crile de la diarité. Si par hasard mon oeuvre rencontrait parmi nMB a adversaire , eh bien I c'est celui-là même que je prendrais powr j«^ de la vérité , parce qu'il serait dans la condition la plus propre 4 en manifester toute la puissance; et je ne doute pas qu'il ne hn arrivât au moins comme à ce gouverneur de la Judée , devant leqoel Paul fut accusé de crime public, et qui , efifrayé de la doctrine ^^1 avait citée devant son tribunal , demanda à son justiciable un Mai pour la méditer ' .
An surplus , ce qui eût été peut-être autrefois déplacé dans le respect des principes et la juste distribution des devoirs ,
aujourd'hui opportun et convenable dans la confusion générale des idées et l'aÏTaissement de toutes les institutions. La foi émit cachée dans les fondements de l'édifice, d'où elle distribuait rè^libre et les forces à toutes les parties; aujourd'hui elle est mise 4 nu par la ruine de tout le reste , et acquiert par là toute l'imporlance d*un dernier bien par rapport au passé , du seul et unique fonéemMit qui nous reste pour le présent et l'avenir. A ce titre, on peMt dire que ^ question religieuse absorbe aujourd'hui toutes les spécàalilés ; qu'elle est véritablement à l'ordre du jour; que la traiter el la défendiê, c'est traiter et défendre implicitement toutes les autres : lorsque la ville est assiégée, le foyer domestique, pour tout iMMume valide , est au rempart *.
I « Ilisputante aulcm illo de jostitia , et castitate , et de judicio futuro , <»^^MWhdus Félix respondit : Quod nunc attinet, vade : tempore autem % tHutnao accersam te. » ( Act. AposL^ cap. xnv, v. 25. )
* « Nelre combat , en efTet , intéresse nos autels, nos foyers » nos temples, l«8i nwffs; mtee de Rome, ces murs justement appelés sacrés par nos ponliii^,, «lui OèlbMknt pins sûrement la ville par la religion qu'elle ne Test par 9^ rwMfnrta. Pour moi , tant que Je respirerai, c'est une cause que je croirai
1>U BAllHËAU DE BORDEAUX. 25
Si cet ouvrage ne peut tous trouver indifférents sur le fond de son objet , j*os6 dire que , par sa forme et son genre d'exéeotîoo , il a droit de vous intéresser encore. Je me suis efforcé, en effet, d'y employer et d*y faire valoir tout ce que je peux avoir puisé, dans le sein de TOtre Ordre, de traditions et d'exemples dans le grand artde discoter et de convaincre ; et j*ai voulu transporter à la preuve et à la^défense d^la Religion cette méthode qui tous sert si heureusement tous les jours à la défense des intérêts de la terre.
Que j'aurais atteint grandement mon but, messieurs, si j'avais pu foire passer en moi tous ces grands moddes de raison'et d'éloquence que vous ont laissés vos devanciers, sans parler de ceux qui brillent encore dans votre sein : cette netteté d'exposition qui frappe dès le seuil du discours , comme un flambeau qui en illumine toute l'étendue ; cette distribution et cet enchaînement des preuves, qui ne laissent aucun point par où l'ennemi ne soit enveloppé, aucune issue par où il puisse fuir; cette science, à la fois abondante et contenue, qui alimente toute l'argumentation, et faitencore sentir ses réserves après même qu'elle y a suffisamment pourvu ; ce s^le, enfin, passionné par la raison et le dévouement, ce langage si attique dans ses formes et si élevé dans son inspiration , que dans les grandes causes U devient en quelque sorte sacré , et semble imprimer aux Intérêts passagers de ce monde quelque chose d'étemd! Qualités éminentes qui , transportées souvent sur un plus grand théâtre, se sont trouvées naturellement au niveau des plus grands intérêts de la patrie et de la société , et ont fait le barreau de la Gironde si grand, que, pour retracer aujourd'hui son histoire, il faudrait entrer de toute part dans l'histoire de la France même depuis cinquante ans; ear, depuis cmquante ans inépuisable , ce barreau n'a cessé de fournir h la science des jurisconsultes profonds et éloquents; à la magistrature, des orades célèbres; à la couronne, des ministres fa* meux ; à la tribune comme à la barre nationales, des athlètes immortels ; et , ce qu'il y a de bien plus rare, messieurs, à toutes les nobles convictions, de généreux martyrs !...
ne pouvoir abandonner sans crime. » — «Est enim mihi fecnm pro arift et « Ibds certamen et pro deorom templis atqne delobris proqne urbis mûris , « quos vos , pontifices , sanctos esse didtis , diligenUosque urbem religione ■ qnam ipsb mœ&ibas dagitis. Quae deseri a me dam quidem Bpirarc potero, « nefas jiidîeo. » ( CIcero, de Sattir. Deor., in Ane. )