Moniteur du 20 brumaire an II
Pu il- célébrer ce triomphe de la raison, le département et la commune de Paris statuèrent qu'il y aurait, le décadi suivant, une fête patriotique dans la cidevant église métropolitaine. Un peui»le immense s'y rendit. On y avait élevé un temple d'une architecture simple, majestueuse, sur la façade duquel on lisait ces mots : A la philosophie... Le temple sacré était élevé sur la cime d'une montagne. Une musique républicaine, placée au pied de la montagne, exécutait, en langue vulgaire, l'hyume que le peuple entendait d'autant mieux qu'il exprimait des vérités naturelles, et non des louanges mystiques et chimériques. Pendant cette musique majestueuse, on voyait deux rangées déjeunes filles, vêtues de blanc et couronnées de chêne, descendre et traverser la''montagne, un llambeau à la main, puis remonter dans la même direction sur la montagne. La Liberté, représentée par une belle femme, sortait alors du temple de la philosophie, et venait sur un siège de verdure recevoir les hommages des républicains et des républicaines, qui chantaient un hymne en son honneur en lui tendant les bras. La Liberté descendait ensuite pour rentrer dans le temple, s'arrètant avant d'y rentrer, et se tournant pour jeter encore un regard de bienfaisance sur ses amis. Aussitôt qu'elle fut rentrée, l'enthousiasme éclata par des chants d'allégresse, et par des serments de ne jamais cesser de lui être fidèles i.
On sait que, la tète terminée, les autorités de Paris, suivies des figurants, des musiciens, et de la foule des citoyens, se rendirent en cortège à la Convention pour inviter l'assemblée à se transporter à Notre-Dame. La Convention céda au vœu populaire, et la cérémonie fut recommencée en sa présence.